Procès, film, gratuité de Facebook : les vérités de Mark Zuckerberg

Par , le 22 juillet 2010 à 15h41 , mis à jour le 22 juillet 2010 à 19h06

Dossier : Facebook et les réseaux sociaux

Dans une interview-événement sur ABC news, le patron de Facebook est revenu sur tous les sujets qui fâchent et a évoqué une possible introduction en Bourse.

D'après ABC NewsMark Zuckerberg et Diane Sawyer (ABC) © DR / D'après ABC News
500 millions de membres, ça vaut bien une petite célébration ! Et pour que la fête soit totale, quand vous êtes devenu le nouveau média global, il faut la partager. En tant que patron de Facebook - troisième pays de la planète si l'on se fie à sa population virtuelle - Mark Zuckerberg avait l'embarras du choix. Il a opté pour le nec plus ultra : une interview en tête à tête dans les locaux de  son entreprise à Palo Alto, avec Diane Sawyer, méga-star du journalisme US. Face à la "Claire Chazal américaine", il est revenu mercredi soir sur tous les sujets qui fâchent et a évoqué une possible introduction en Bourse de son entreprise.
Mark Zuckerberg et Diane Sawyer le 21 juillet 2010 dans les locaux de Facebook (ABC News)
Mark Zuckerberg et Diane Sawyer le 21 juillet 2010 dans les locaux de Facebook (ABC News)
L'échange tant attendu avait plutôt commencé mollement. Interrogé sur l'incroyable succès de Facebook, "Zuck" a commencé par des propos un peu guimauve dont les dirigeants du réseau social ont le secret.  "Ce sont vraiment les gens eux-mêmes qui nous ont amené jusqu'ici. C'est vrai que nous avons construit beaucoup de produits qui sont bons à mes yeux et qui les aident à partager des photos, des vidéos, ou à s'envoyer des messages mais ce sont nos membres qui répandent Facebook sur toute la planète. C'est ça qui est fantastique dans l'ampleur que nous avons atteint aujourd'hui", explique-t-il, qualifiant son demi-milliard de membres de "surréaliste".
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Social fiction

Au sujet de  "The Social Network", le film dont tout le monde parle à Hollywood (Voir notre article) et qui retrace les premières années de l'aventure Facebook, Mark Zuckerberg a affiché un scepticisme teinté de bienveillance. "Je crois que les gens romancent beaucoup mais, vous, savez, la vraie histoire de Facebook c'est que nous avons travaillé vraiment dur pendant tout ce temps. En fait, l'histoire vraie c'est que nous avons codé pendant six ans assis devant nos ordinateurs". Il a  poursuivi en qualifiant la bande-annonce du film de "divertissement" intéressant tout en précisant qu'il n'avait pas prévu de le voir lorsqu'il sortira à l'automne.

Timide propriété

Questionné sur l'homme qui poursuit Facebook devant les tribunaux en prétendant être le réel propriétaire du réseau social (Voir notre article), Mark Zuckerberg a tenu à mettre les choses au point - sans vraiment convaincre - alors que ses conseils juridiques ont semblé hésitant dans leurs dernières déclarations sur l'affaire. "Si nous avons dit ne pas être sûrs de nous, c'est probablement que cela a été sorti de son contexte car nous sommes assez certains de ne pas avoir signé de contrat leur donnant un droit de propriété sur Facebook". Tout est dans le "assez"...
 
Gratuit forever

Comme à son habitude, le fondateur de Facebook a refusé de communiquer la moindre donnée financière sur son entreprise mais a juré de ne jamais abandonner son modèle de gratuité totale. "C'est notre engagement envers nos membres" a-t-il commenté. "Facebook est gratuit aujourd'hui et le sera toujours. Nous gagnons de l'argent avec des publicités et ce genre de chose".

Actions Facebook

Alors que de nombreux investisseurs rêvent de s'offrir un morceau de Facebook quitte à casser leur tirelire, Zuckerberg n'a pas écarté une ouverture du capital de son entreprise au public "quand cela sera pertinent". "Pour l'instant, nous nous concentrons simplement sur l'élaboration d'outils pour rester connectés, c'est cela qui importe pour les gens. A un certain moment, cela aura du sens de lancer une introduction en Bourse. Mais nous ne dirigeons pas notre entreprise dans ce but", a-t-il aussitôt tempéré.

Mea culpa

Diane Sawyer se devait d'évoquer les incessantes polémiques sur la protection de la vie privée des membres de facebook. Sur ce chapitre, Mark Zuckerberg a confirmé le virage plus responsable de Facebook, régulièrement accusé par le passé de prendre le sujet par dessus la jambe. "Oui, bien sûr, nous avons fait des erreur", a-t-il commencé sur le ton du mea culpa. "Je pense que les gens réclament du contrôle et leur donner des outils pour leur permettre d'avoir le contrôle sur ce qu'ils veulent, c'est notre métier", a-t-il assuré sans faire d'annonce sur le sujet.
 
"Cela vous fait quoi d'être un milliardaire ?"
 
La question a fait sourire Mark Zuckerberg mais il refuse encore de regarder sa richesse en face. "Je n'en suis pas un", réplique celui dont les parts dans Facebook valent plusieurs milliards de dollars au bas mot. "Facebook est une entreprise privée donc je n'ai pas accès à de l'argent comme ça", poursuit-il avant de nier avoir l'intention - qui lui a été prêtée - de s'offrir son propre avion.

Retrouvez des extraits de l'interview en VO sur le site de ABC News

Interviews, fous rire et transpiration

Ce fut sans doute le moment le plus amusant de l'interview entre la star du journalisme et le petit génie des réseaux sociaux, celui où Diane Sawyer évoque les problèmes de communication de Zuckerberg, très critiqué pour de récentes apparitions médiatiques dont le fameux "épisode du sweatshirt" (voir la video). Verbatim :

  • - "Détestez-vous les interviews?", lui demande Diane Sawyer.
  • - Zuckerberg éclate de rire, entrainant avec lui son intervieweuse."Vous me demandez ça avec un tel sérieux", sourit-il avant de répliquer, "j'ai l'air de détester les interviews?"
  • - "Je demande juste. Je recherche de la transparence", glisse, malicieuse, la star du JT en allusion à la transparence sur la vie privée que vante sans arrêt "Zuck".
  • - "Ce que j'aime, c'est de construire des choses", se lance Zuckerberg en reprenant son sérieux. "Je n'ai pas forcement l'habitude de faire de la télé et toutes ces choses publiques que font beaucoup les PDG d'entreprises similaires mais je crois que c'est important de le faire pour entrer en relation avec tous ceux qui utilisent nos services".
  • - "On a quand même vu cette conférence où vous transpiriez tellement..."
  • - "Oui, eh bien, je portais juste un sweat vraiment chaud...", sourit encore Zuckerberg.
  • - "Ce n'était pas parce que vous détestez les interviews?", insiste la présentatrice.
  • - "Non, non. j'en ai quand même fait un certain nombre et d'habitude je ne transpire pas".
  • - "En tout cas, je regarde bien et là vous êtes sans sueur", sourit Diane Sawyer pour clore l'épisode.
  • - "Jusqu'ici !"

 

Par Olivier Levard le 22 juillet 2010 à 15:41
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