"S'ils ne peuvent pas maîtriser le web, qu'ils le ferment"

le 05 août 2010 à 16h01 , mis à jour le 05 août 2010 à 22h44

Le fabricant du Blackberry a fermement répondu jeudi aux menaces de suspension de services sur ses smartphones. La guerre semble ouverte avec les pays du Golfe. Le gouvernement canadien a également promis de défendre le groupe.

[Expiré] [Expiré] Blackberry Torch 9800 © AFP/M.TAMA

Entre Blackberry et plusieurs pays du Golfe, c'est désormais la guerre ouverte. Le patron de RIM, fabricant du smartphone, a répondu sèchement aux pays qui menacent d'en suspendre l'utilisation sur leur sol. L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore l'Inde notamment mettent la pression sur le fabricant pour qu'il partage ses données, trop cryptées à leur goût.

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"C'est l'internet qui est en jeu ici. Tout sur internet est crypté. Et pas seulement sur le Blackberry. S'ils ne peuvent pas maîtriser le web sur le sol, qu'ils le ferment", estime le co-président de RIM dans le Wall Street Journal. La firme canadienne affirme que bloquer ses services pourraient donner un serieux coup de frein à la croissance économique de ces pays. Elle dément aussi donner un traitement de faveur à certains pays, comme l'affirment les pays "frondeurs". Pour le co-fondateur de RIM, l'enjeu est plus politique que sécuritaire. Derrière, c'est l'image ultra-sécurisée des Blackberry - utilisés par les grands ministères à travers le monde - qui pourrait en pâtir. Donc pas question pour RIM de reculer sur la question. Le gouvernement canadien a surenchéri jeudi en assurant qu'il défendrait le groupe canadien, "comme (ils) le (font) chaque fois que des compagnies canadiennes faisant affaire à l'étranger sont confrontées à ce genre de défi", a dit le ministre du Commerce international, Peter Van Loan, à l'agence de presse financière Dow Jones. Ces interdictions risquent d'avoir "de vastes implications sur la libre circulation des communications et de l'information", a déclaré M. Van Loan. Il a indiqué que le gouvernement canadien, de concert avec RIM, était en contact avec les Emirats arabes, l'Arabie Saoudite et d'autres pays pour trouver une "solution constructive" au différend.

 
Négociations, puis... éducation

Les Emirats arabes unis assurent que leur décision de suspendre certains services de Blackberry début octobre était "irrévocable". L'Arabie Saoudite va mettre sa menace à execution dès vendredi. Mais des négociations sont semble-t-il tout de même en cours avec les autorités de ces deux pays... Rim n'a cependant pas levé le voile sur la teneur de ces échanges, mais estime pouvoir calmer les ardeurs et les menaces provenant du Golfe et d'Asie. "Nous avons déjà eu ce genre de problème. Et nous allons une nouvelle fois trouver une solution si la discussion est rationnelle", estime Michael Lazaridis dans le Wall Street Journal.

Pour le patron de Rim, ces pays doivent encore apprendre à comprendre le web et le fonctionnement des Blackberry. "Nous allons continuer à travailler avec eux pour s'assurer qu'ils comprennent la réalité d'internet. De nombreux officiels de ces pays n'ont pas de doctorats, et pas de formation poussée en informatique", explique Michael Lazaridis. Pas sûr que ces arguments fassent mouche auprès des intéressés...

Les parents approuvent

La suspension prévue vendredi de services du  BlackBerry en Arabie saoudite, si elle mécontente un grand nombre de Saoudiens, a toutefois ses partisans, notamment des parents qui estiment que ce téléphone est nuisible à la jeunesse, selon un sondage publié jeudi. Sur 331 personnes interrogées en ligne par le journal Arab News, 178 sont  opposées à l'interdiction, 153 la soutiennent. La Commission de la technologie des communications et de l'information  (CITC) a annoncé mardi soir avoir ordonné aux opérateurs de suspendre des  services de BlackBerry, le fabricant canadien Research in Motion (RIM) n'ayant pas accepté de modifier ses appareils pour "se conformer aux exigences de la  réglementation". Ceux qui s'opposent à cette décision regrettent notamment ne pas avoir été  avertis plus tôt, selon le sondage réalisé par Arab News.  

  

le 05 août 2010 à 16:01
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10 Commentaires

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  • isatis54, le 06/08/2010 à 02h39

    A Paris on se croit tout permis mais Paris n'est pas la France heureusement seuls les loseurs y vivent

  • isatis54, le 06/08/2010 à 02h29

    La loi du silence et de la censure

  • geniuss006, le 05/08/2010 à 22h53

    Bin moi j'écris ce que je veux et le pigeons voyageurs, c'est une pure fiction ? ;-)

  • isatis54, le 05/08/2010 à 19h57

    L'on sait très bien que dans ces pays là la liberté d'expression n'existe pas cela viendra dans notre pays si certains continuent à diffamer nos politiques, mais n'est-ce pas le but des islamistes qui sont partout

  • gerzino, le 05/08/2010 à 19h24

    Rien avoir,je cite les Etats-Unis parce qu'il sont le premier espion connu avec des antenne même sur la France.

  • gerzino, le 05/08/2010 à 19h10

    Je donnais les Etats-Unis comme exemple parmi d'autres pays occidentaux, Vous oublier que chaque Etat est libre d'assumer sa sécurité alors que vous parler de liberter individuelle mais qui s'intérèsse à ce que vous écrivez si vous n'êtes pas terroriste personne.

  • gaston78, le 05/08/2010 à 19h03

    Bonne réponse ..................

  • moosehead25, le 05/08/2010 à 18h14

    "Lever le voile" ? Mais vous êtes très en forme à Paris au mois d'Août :) Celà dit, la liberté de communiquer, entre deux personnes, devrait être imprescriptible et universelle. Où l'on voit que ces pays sont encore à des années lumières de l'embryon d'une démocratie.

  • emmakate, le 05/08/2010 à 18h10

    Avant de cracher une fois de plus sur les USA, lit bien l'article RIM est une firme canadienne avec leur siège a Waterloo, Ontario, Canada.

  • gerzino, le 05/08/2010 à 17h34

    Se qu' ils vont faire si Blackberry ne se plie pas car il ne fait pas le poids et il est obligé de fournir les clés de sécurité du cryptage. Beaucoup crient au manque de liberté dans ces Etats, mais personne ne crie au scandale quand il s'agit des Etats-Unis qui espionne tous le monde par plusieurs moyens et notamment par l'intermidiaire de sociétés américaines.

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