Le pdg de Google, Eric Schmidt, en 2010 © Abacapress.comDes invités comme ça, on en redemande… Pour réussir son passage à Paris qui a pris des airs d'opération séduction, Eric Schmidt n'a pas lésiné sur les moyens. Le PDG de Google s'est rendu à l'Elysée pour rencontrer Nicolas Sarkozy, a donné une conférence à Science Po sur l'avenir du Web et s'est surtout fait remarquer par une triple annonce "vendue" comme une déclaration d'amour à la France.
Le boss de Google l'avoue : "J'ai merdé"
Ancien numéro 1 du groupe, actuellement président exécutif de Google, Eric Schmidt reconnaît ne pas avoir vu venir la révolution des réseaux sociaux.
Publié le 01/06/2011
Google en position dominante, attention aux abus
L'Autorité de la concurrence a mis en garde mardi Google contre tout abus de sa position dominante sur le marché de la publicité liée aux moteurs de recherche en France. Pas de sanction donc. Mais -fait rare- l'Autorité a listé 14 "préoccupations" liées à cette position dominante.
Publié le 14/12/2010
Indiscrétions de StreetView : Google bat sa coulpe
Déjà pointé du doigt pour ses incursions dans la vie privée, dénoncé par des milliers d'internautes allemands qui refusent de voir leur maison photographiée, le programme de Google a en outre récupéré des textes entiers de mails et des mots de passe.
Publié le 23/10/2010
Google StreetView : pour 3% des Allemands, c'est non !
Près de 250.000 foyers allemands ont écrit à Google pour refuser que leur maison apparaisse au sein du service de Google, soit quelque 3% des foyers dans 20 villes.
Publié le 21/10/2010
Avec Steve Jobs, la meilleure défense, c'est l'attaque
Le PDG d'Apple a défendu ses performances en attaquant ses concurrents à l'occasion de résultats "records" qui ont pourtant déçu les investisseurs.
Publié le 19/10/2010
Google condamné en France pour diffamation
Après avoir vu son nom associé aux mots "viol", "condamné" ou "prison" sur Google, un homme a décidé de poursuivre le plus célèbre des moteurs de recherche. Qui a été condamné pour diffamation. Google a décidé de faire appel.
Publié le 26/09/2010
Sur Google, Pepsi peut acheter "Coca"
Le nouveau règlement de Google autorisant les annonceurs à acheter aux enchères des mots-clés de marques concurrentes est entré en vigueur mardi.
Publié le 14/09/2010
Apple fait un pas vers le Flash
Après avoir tapé tant et plus sur la technologie du groupe Adobe qu'elle refuse encore sur ses iPhone et iPad, la firme à la pomme met un peu d'eau dans son vin.
Publié le 10/09/2010
Google investit dans la matière grise française
Le géant américain de l'internet est venu annoncer à l'Elysée qu'il entend ouvrir un centre de recherche à Paris, investir dans la formation des élites scientifiques françaises et créer un institut culturel européen.
Publié le 09/09/2010
Avant d'avoir cliqué "OK", Google a trouvé !
Depuis mercredi soir pour ceux qui ont un compte Gmail, les résultats s'affichent au fur et à mesure que l'internaute tape sa recherche sans avoir besoin de la valider.
Publié le 08/09/2010
Son entreprise, que l'on disait en froid avec l'Etat français, va ouvrir un centre de recherche en France mais également un centre culturel qui rayonnera sur toute l'Europe. Pour couronner le tout, Google va augmenter considérablement ses crédits aux universités scientifiques françaises. Tout cela est-il trop beau pour être vrai? Eric Schmidt a reçu à Sciences Po une poignée de journalistes dont TF1 News pour commenter ces annonces ainsi que la stratégie de son entreprise. A vous de juger.
TF1 News : Vous venez d'annoncer de nombreux investissements en France. Etait-ce pour que l'Etat français vous laisse tranquille après une période de tensions ?
Eric Schmidt, PDG de Google : Non, ce n'est pas comme cela que l'on prend une décision ! Si Google investit maintenant, c'est que notre business explose alors qu'il y a deux ans, nous étions dans une grosse récession. Si l'on investit en France, c'est que les Français adoptent Internet à toute vitesse et que nous devons développer notre activité dans ce pays. Je suis bien sûr au courant des controverses auxquelles vous faites allusion mais cette décision n'est basée que sur ce qui est bon pour nos consommateurs. Nous n'avons d'ailleurs jamais hésité, par leur passé, à faire connaître nos désaccords avec des Etats. Les Français adorent Google et l'utilisent chaque jour un peu plus et cela nous ravit. C'est pour cela que nous devons dépenser davantage en France et développer plus de produits en français. Nous en tirerons profit. Cela n'est pas un cadeau à Monsieur Sarkozy, c'est dans l'intérêt de Google ! Mais je veux être clair : il nous a encouragés.
TF1 News : Cela n'était donc pas pour éviter la "taxe Google" que le gouvernement de Nicolas Sarkozy disait vouloir vous imposer…
E. S. : Ecoutez, je vais vous raconter ce qui s'est passé aujourd'hui par le menu. Nous nous sommes rendus par cette belle journée au palais de l'Elysée qui est, je crois, votre Maison Blanche. Monsieur Sarkozy nous a accueilli, nous nous sommes installés, et nous avons eu une conversation merveilleuse. Votre président est quelqu'un qui est plein de vie et amusant, dans le bon sens du terme. S'agissant de la taxe, je ne me souviens pas de ses mots exacts mais il nous a dit que c'était surtout une question à régler entre la France et l'Union Européenne. Vous savez, Google n'a pas d'opinion là-dessus : nous respectons simplement les lois française et européenne. Nous ne nous sommes pas étendus sur le sujet, nous avons surtout parlé de nos investissements. Nicolas Sarkozy nous a dit que nous avions, d'un point de vue fiscal, intérêt à installer un centre de recherche en France et je crois que c'est effectivement ce que permettent vos lois…
| "L'argent que nous donnons aux universités ? un cadeau mais qui nous rapporte car nous héritons de meilleurs étudiants..." |
TF1 News : Avez-vous parlé des procédures de l'autorité de la concurrence qui se penche sur votre éventuelle emprise sur le marché publicitaire ?
E. S : Non. Il ne serait pas normal de parler avec votre gouvernement d'une telle procédure. Je ne parle pas davantage avec le Président Obama des questions d'antitrust. Ce sont des questions légales et c'est à nos avocats d'y répondre. Tout ce que je peux vous dire, c'est que nous contestons ces allégations.
TF1 News : A combien chiffrez-vous les investissements pour les centres de recherche et culturel que vousallez créer?
E. S. : Je ne peux pas donner de chiffres exacts. Il y aura, dès la première année, une cinquantaine de postes d'ingénieurs créés à Paris et des millions de dollars investis, disons 5 ou 10, pour l'institut culturel. Ces chiffres augmenteront ensuite considérablement les années suivantes. C'est comme cela que Google procède le plus souvent mais cela dépendra de l'accueil et de la qualité du travail. C'est pour ça que le soutien du gouvernement et de votre président comptaient beaucoup pour nous. Vous n'avez pas idée comme cela est facile pour les pouvoirs publics de bloquer une initiative. Avec des lois "bizarres", par exemple.
TF1 News : A quoi va servir le centre culturel en question?
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"Vous savez, les téléphones Androïd prennent de meilleur photos", |
E. S. : Google numérise énormément d'informations dans toute l'Europe : livres, magazines,documents historiques…. Nous voulons maintenant accélérer ce processus. En installant ce quartier général à Paris, nous aurons davantage de contrôle sur les avancées des travaux et nous pourrons augmenter les crédits : une partie des fonds ira de Paris vers le reste de la France, une autre de Paris vers d'autres pays. C'est un investissement pout toute l'Europe et même le monde entier.
Ce centre devra aussi réfléchir à de nouvelles formes d'informations numérisées. Nous créerons des bourses et des programmes pour encourager l'innovation dans ce domaine, notamment en français. Nous ne possèderons pas ces contenus mais nous aiderons à en tirer davantage de revenus. Et, j'aurais dû le dire en préambule : nous respecterons toutes les lois européennes sur le copyright ! Ce sera un peu comme l'argent que nous donnons aux universités pour la recherche : un cadeau mais qui nous rapporte car nous héritons de meilleurs étudiants… Ces cadeaux seront bons pour notre activité car ils feront que les Français utiliseront Google davantage. Et toutes les décisions importantes seront prises par un conseil qui comptera des universitaires et personnalités qui représentent le meilleur de la culture française.
| "Les gens changent de télévision moins souvent que de téléphone mais cela deviendra à terme un très gros marché" |
TF1 News : Vous allez bientôt lancer "Google TV" aux Etats-Unis, ce système qui intègre aux télévisions des services Web sera ensuite lancé en Europe en 2011. Parlez-vous aux producteurs de contenus - studios, chaînes de télévision… - pour les convaincre de rejoindre votre système ?
E. S : Nous parlons à tout le monde et c'est vrai que certains sont très réticents. Mais je crois que nous allons réussir à les convaincre que c'est bien pour eux car davantage de spectateurs, cela veut dire davantage de revenus. Leur inquiétude, c'est la cannibalisation car ils pensent que cela pèsera sur leurs activités déjà existantes et que plus d'internet, c'est moins de revenus... Mais c'est tout le contraire!
TF1 News : Cela va sans doute augmenter le trafic sur Internet et certains opérateurs vous demandent déjà de participer aux coûts de bande passante. Allez-vous mettre la main à la poche?
E. S : Non. Nous ne paierons pas les gens pour utiliser internet ! Ce n'est pas comme cela que le Web marche. Google TV est simplement un prolongement du succès de YouTube (NDLR: filiale de Google) et nous pensons que les opérateurs Internet profitent de la demande que ces produits suscitent. Leurs consommateurs leurs payent cher pour avoir accès à nos services. Et si nous lançons de bons produits, leurs clients achèteront plus de télévisions, de téléphones, de télécommunications… Si nous arrêtons d'innover, leur croissance stagnera.
TF1 News : Ce marché des télévisions intelligentes va-t-il décoller aussi vite que celui des smartphones, les téléphones intelligents ?
E. S : Cela prendra plus de temps, tout simplement parce que les gens changent de télévision moins souvent que de téléphone mais cela deviendra à terme un très gros marché.
| "Parlez-vous toujours avec Steve Jobs? Bien sûr, je vais même devoir lui parler de porno maintenant" |
TF1 News : Steve Jobs, le patron d'Apple, a banni les contenus "sexy" de l'Appstore et conseille à ceux qui cherchent du porno d'avoir "un téléphone sous Androïd", votre système d'exploitation. Qu'en pensez vous?
E. S. : Vraiment? Quand a-t-il dit ça? Ecoutez, je n'étais pas au courant. (S'adressant à un conseiller). Peux-tu vérifier ça ? Tu as du porno sur ton téléphone Androïd ?(rires) Ecoutez, tout ce que je peux vous dire, c'est que la pornographie est par exemple accessible à travers le navigateur de l'iPhone. C'est donc faux. Vous savez, Google n'a pas à prendre de décision sur ce que vous pouvez regarder sur Internet, c'est notre façon de voir les choses.
TF1 News : Cette façon de voir les choses vous fera-t-elle triompher ?
E. S : La différence entre nous, c'est que dans le monde d'Apple, vous devez utiliser une plateforme de développement Apple, un langage Apple, une boutique Apple, un produit Apple, des conditions d'utilisation Apple… Le modèle Google est totalement différent : nous donnons notre logiciel aux fabricants de téléphones- Vodafone, HTC, Verizon, LG, ATT… - et ils peuvent l'utiliser comme ils veulent. Androïd lit le langage flash, ce que ne permet pas Apple, et cela marche très bien. Nous acceptons d'ailleurs tous les langages de programmation, toutes les applications. Nous avons parié sur l'ouverture, Apple sur la fermeture. Je comprends leur stratégie. Il est d'ailleurs possible que les modèles coexistent pendant une longue période car il y a de la place pour tous.
TF1 News : Parlez-vous toujours avec Steve Jobs?
E. S : Bien sûr, je vais même devoir lui parler de porno maintenant (rires). Ecoutez, je ne vais pas entrer dans une discussion trop privée. Steve est un ami proche, quelqu'un que j'aime beaucoup et qui est un des plus grands patrons de notre temps, sans doute le meilleur. C'est un ami depuis des années et j'ai adoré travailler avec lui au conseil d'administration d'Apple. Nous parlons très souvent. Nous essayons que les différentes visions de nos entreprises ne les empêchent pas de coexister. Notre but n'est pas de se détruire mutuellement.
TF1 News : Parlons du respect de la vie privée. Votre service Streetview - qui modélise les rues au sein de Google Maps - a été très critiqué en Europe…
E. S : Streetview a un succès incroyable en France et en Europe. Nous pensons donc qu'il est important de continuer ce service qui donne une très bonne idée, très précise, d'un endroit et propose des photos très pratiques dans une multitude de situations. Nous voulons maintenant être le plus complet possible. Les rues sont publiques mais nous essayons de faire ce travail avec un respect de la sensibilité et la culture de chacun. Vous pouvez par exemple faire retirer les photos de vous-même. En Allemagne, nous avons permis exceptionnellement que les gens puissent demander à ne pas apparaître dans Street View avant même le lancement du produit. Avec un respect de la vie privée de chacun et les changements appropriés, nous pouvons donc avancer dans la captation. Notre démarche est tout a fait légale.
| "Le Patriot Act est une mauvaise loi, promulguée après le 11-Septembre, et elle est contre le principe de transparence, de liberté d'expression" |
TF1 News : Pour améliorer la recherche, vous avez expliqué que certains internautes pourront faire le choix de vous donner accès à davantage d'informations personnelles, comme leurs amis ou le contenu de leurs mails. Vous avez aussi assuré que vous ne partagerez ces informations qu'avec les "bonnes" personnes. Quelles sont-elles?
E. S : Celles que les gens choisissent eux-mêmes !
TF1 News : Mais ils n'ont pas choisi de les partager avec le gouvernement américain. Or, la loi du Patriot Act lui donne ce droit…
E. S : C'est un sujet important. Je suis opposé au Patriot Act. Lorsque l'on ma demandé mon avis, j'ai dit qu'il était mauvais et qu'il serait utilisé contre les gens, car il n'est pas transparent et permet à des juges qui ne sont pas identifiés publiquement d'adresser une requête secrète. Je n'en connais pas tous les détails mais, même si je les avais, je ne pourrais pas vous en parler. Je pense donc que c'est une mauvaise loi - qui a été promulguée après le 11-Septembre - et je crois qu'elle est contre le principe de transparence, de liberté d'expression. C'est vrai qu'il y a un scenario où le Patriot act pourrait être utilisé pour forcer Google à donner une information que nous ne voulons pas donner mais cela implique tout de même un processus légal, avec des contre-pouvoirs.
TF1 News : Pouvez-vous être forcés de donner des informations sur des citoyens français?
E. S : La réponse technique est la suivante. Si le Patriot Act est invoqué et que nous recevons une requête judicaire, nous devrons la suivre. Si cette information implique, par exemple, un présumé terroriste qui n'est pas aux Etats-Unis, nous devrons le faire. Je le regrette mais ceci est vrai pour toutes les entreprises américaines. C'est la loi.
TF1 News : "S'il y a quelque chose que vous ne souhaitez partager avec personne, peut-être auriez vous dû simplement éviter de le faire". Ces propos que vous avez prononcés ont beaucoup choqué sur Internet. Est-ce vraiment ce que vous pensez?
E. S : Pas du tout, c'est tout le contraire. Il fallait lire tout le paragraphe ! C'était en fait une réponse sur le Patriot Act, sur son manque de transparence, mais sortie de son contexte. C'est ce qu'on appelé la mort par Twitter (rires). Avec 140 caractères, on vous accuse d'avoir dit quelque chose hors de son contexte. Et comme je parle tout le temps… Parfois, je me dis qu'il vaudrait mieux que je me taise sachant que tout peut être coupé !
TF1 News : Avez-vous des secrets ?
E. S : (Un peu surpris) Mais vous savez que j'ai même une vie privée ! Cela vous étonne ? (Rires)
TF1 News : Non, non. C'est tout ce que je vous souhaite…
E. S : Merci ! Merci ! Et vous alors ? Vous avez une vie privée, des secrets ?
TF1 News : (rires) Vous n'avez pas idée…
E. S : Eh bien, tant mieux ! Je ne veux pas savoir ! Vous voyez, tout le monde a une vie privée, tout le monde a des secrets et il est très important de les respecter.
Interview menée avec d'autres confrères de la presse écrite et Web (Le Point, l'Express, Le Monde…). Propos pour TF1 News recueillis par Olivier Levard (@levard)
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