Pascal Nègre, président directeur général d'Universal Music France © TF1 News / Steve Marques Pascal Nègre et les pirates... Les relations houleuses entre le PDG d'Universal et les internautes pourraient faire l'objet d'une thèse. Pour raconter les coulisses de son métier de producteur, il sort un livre, Sans contrefaçon, dans lequel il revient très largement sur le piratage, Hadopi, l'offre légale... TF1 News l'a rencontré.
Aubry veut prélever une taxe pour supprimer Hadopi
Martine Aubry, candidate à la primaire socialiste, opposée à Hadopi, préconise le prélèvement d'un euro sur l'abonnement internet mensuel pour financer les droits d'auteur et la création. Ses rivaux socialistes proposent aussi des alternatives.
Publié le 06/09/2011
Deezer remporte une victoire contre Universal
En mai, Deezer avait refusé les nouvelles conditions proposées par Universal Music France, à savoir que le site de streaming limite son offre gratuite à 5 écoutes consécutives. La maison de disque avait porté l'affaire en justice qui a donné droit lundi à Deezer.
Publié le 05/09/2011
Hadopi : un internaute français sur deux admet pirater
<b>Depuis Cannes -</b> L'autorité de lutte contre le piratage et la Sacem ont révélé au Midem deux enquêtes qui témoignent de l'importance du téléchargement illégal en France.
Publié le 23/01/2011
Hadopi passe la deuxième... et promet d'accélérer
L'autorité qui lutte contre le piratage va commencer à envoyer des lettres recommandées aux internautes continuant à pratiquer le téléchargement illégal.
Publié le 12/01/2011
Info TF1 News - Plateformes musicales : un accord sur la table
La réflexion qui doit redéfinir les relations entre les plateformes de musique légales sur Internet et les producteurs touche à sa fin. Reste à signer l'accord...
Publié le 07/12/2010
Fin 2010, un demi-million de Français ont un abonnement de musique numérique
<b>Extrait - </b>Audrey Crespo-Mara reçoit Pascal Nègre, le PDG d'Universal Music France et partisan de la loi Hadopi dans Demain à la Une.
Publié le 13/01/2011
Pascal Nègre : "Avec Johnny, c'est "nos tendres années"
<b> Vous avez message - </b> Le patron d'Universal et pourfendeur du piratage nous explique qu'il ne supporte pas quand on lui dit que les producteurs ne servent à rien, revient sur son histoire avec Johnny et lève le voile sur son étrange patronyme.
Publié le 27/11/2010
TF1 News : Vous racontez comment l'arrivée du CD a sauvé l'industrie du disque dans les années 80. Peut-on dire qu'elle est encore en danger aujourd'hui ?
Pascal Nègre, président directeur général d'Universal Music France : Lorsque j'ai commencé mon métier, le disque vivait quatre révolutions : l'arrivée du CD, les radios libres, la publicité télé, et la baisse de la TVA. Aujourd'hui, avec les supports dématérialisés et le buzz internet pour parler de nos artistes, je vis de nouveau une révolution. La différence, c'est qu'à l'époque il n'y avait pas de piraterie. Le problème, c'est que lorsque l'industrie du disque a expliqué que tout n'était pas génial dans Internet, on nous a traités d'hommes préhistoriques ! Maintenant, même les geeks admettent que tout n'est pas rose sur le web et qu'il peut y avoir des problèmes. Je pense au débat sur Facebook et la vie privée, à la neutralité du net, au droit à l'oubli... Plutôt que des brontosaures, on a peut-être été des pionniers. La manière dont on s'est adapté pourrait inspirer d'autres industries.
TF1 News : A l'époque, vous combattiez Deezer. Maintenant, vous présentez ce service d'abonnement musical comme un eldorado....
P. N. : Quand Deezer est sorti, j'ai simplement dit que je ne croyais pas au modèle de la gratuité de la musique financée par la pub. Ni pour Deezer, ni surtout pas pour nous. Ce que je disais, c'est que si l'on peut écouter gratuitement toute la musique que l'on veut avec simplement une publicité tous les quarts d'heure, l'industrie est morte ! En revanche, je croyais à l'abonnement payant. D'ailleurs le concurrent de Deeezer, Spotify, a proposé une offre payante dès le début ! Et c'est ce que Deezer a fini par faire, un an plus tard. Je suis toujours convaincu qu'une grande partie de l'avenir de la musique va passer par l'abonnement. C'est pour ça que les offres proposées par Deezer, Spotify, Orange ou Bouygues sont très importantes. A la fin de l'année, il y aura 600.000 français qui payent un abonnement musical. C'est 1% de la population.
| "Télécharger pour télécharger, c'est juste débile" |
TF1 News : Vous ne leur avez pas facilité la tâche...
P. N. : Pardon ? Deezer a eu accès à tous nos catalogues ! C'est d'ailleurs ainsi qu'ils sont passés de rien du tout à une marque connue.
TF1 News : Mais à quel prix ?
P. N. : A un tarif qui avait un sens. Le fait que ça puisse coûter de l'argent de lancer sa marque, c'est normal.
TF1 News : Mais à un tarif qui ne permettait pas de faire des abonnements comme aujourd'hui ... N'est-ce pas la grande faute de l'industrie du disque ?
P. N. : Ce que vous ne comprenez pas, c'est que ça n'est pas nous ! D'abord, nous n'avons pas inventé, le CD, la cassette, le vinyle, le MP3... Ensuite, la vente de musique, Virgin Megastore, la Fnac, ça n'est pas moi. Une maison de disques à besoin de partenaires techniques et de distributeurs. Ce qui s'est passé au moment de la flambée de piraterie, c'est que le premier partenaire sérieux a été iTunes car Apple vendait aussi l'iPod. La limite, c'est que les gens se disaient qu'il fallait à tout prix le remplir quitte à pirater 10.000 titres ! Télécharger pour télécharger, c'est juste débile mais c'était le seul modèle à l'époque. Et le numérique n'a pas non plus 50 ans : pour les abonnements sur téléphones portables, il ne faut pas oublier que la 3G n'existait pas encore !
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| Pascal Nègre face à Olivier Levard de TF1 News |
P. N. : Jiwa a déposé le bilan en disant qu'on demandait des droits impossibles mais il ne faisait pas 25.000 euros de chiffre d'affaires par mois. Ils n'ont jamais payé un catalogue ! Avant de payer les droits, ils n'arrivaient même pas à payer leurs salariés.
TF1 News : Vous voulez dire qu'ils étaient simplement mauvais?
P. N. : C'est vous qui le dites...
TF1 News : L'industrie est tout de même un peu archaïque. Apple, le leader de l'offre légale, ne propose toujours pas de système d'abonnement sur sa plateforme iTunes...
P. N. : Je ne suis pas le patron d'Apple ! En France, on a tout de même une richesse d'offres et de plateformes démente. Aux Etats-Unis et en Allemagne, il n'y a qu'iTunes alors qu'Apple ne représente que 40% du marché français. Quand je vois le rapport Zellnick dire qu'on est les derniers des ringards et qu'il n'y a pas d'offre légale, laissez-moi rire... Il y a plus de 9 millions de titres sur les plateformes : une vie ne suffit pas à les écouter !
TF1 News : Le rapport s'en prend aussi à la concentration - Universal a 40% de parts de marché - pour expliquer le piratage...
P. N. : C'est terrifiant de penser cela... En fait, ce qui est génial dans ce métier, c'est que c'est le talent qui compte. Peu importe la maison de disque...
TF1 News : Vous comprenez ce discours : "Moi, je pirate Réné la taupe, mais j'achète la musique de ceux que j'aime vraiment comme Tété et je vais le voir en concert..." ?
P. N. : D'abord, Je pense que chacun à son "mauvais goût", c'est comme avec la déco. Ensuite, il faut savoir que les succès financent les échecs. Plus vous avez de succès, plus il y a de moyens pour repérer les les nouveaux artistes. Les "coups" comme René la taupe, ça marche parce que c'est rigolo mais ca finance aussi le reste de l'industrie...
TF1 News : Vous accusez l'Etat d'avoir sacrifié l'industrie de la musique à celle d'Internet au début des années 2000. Mais qu'aurait-il dû faire?
P. N. : Réagir plus vite ! Faire Hadopi plus tôt. A l'époque, la loi DADVSI (NDLR : Droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information) a mis quatre ans à adopter une directive européenne qui nous protégeait enfin...
| "J'ai toujours trouvé que Hadopi était pédagogique" |
TF1 News : Hadopi a donc vraiment changé les choses? Etait-ce la bonne méthode?
P. N. : Je constate que cela fait un an que Hadopi a été adoptée et que le marché du disque a arrêté de chuter alors qu'il était en baisse de 10 à 15 % chaque année. J'ai toujours trouvé que Hadopi était pédagogique car on rappelle simplement à tout le monde ce que l'on n'a pas le droit de faire. Certains attendront de recevoir leur mail ou leur lettre recommandée pour s'arrêter de pirater et une minorité - quelques pour cent - persisteront.
TF1 News : Pour que cela marche, il faut faire partir des mails en quantité... Trouvez -vous que l'Hadopi a réussi ses débuts?
P. N. : Je peux vous dire que les ayants-droits fournissent 50.000 adresses par jour. Après, l'Hadopi traite ce qu'elle veut traiter... En quelques mois, j'observe en tout cas qu'il commence à se passer des choses. L'arrivée de la "carte musique" arrive aussi au bon moment car elle va mettre le pied à l'étrier à une génération qui ne payait pas pour ses artistes. Et cela redonne de la valeur à la musique....
Et découvrez ici la partie de l'interview de Pascal Nègre consacrée au métier de producteur.
Sans contrefaçon
de Pascal Nègre
Fayard Document
19 euros
Pascal Nègre invité de la French Connection de Cédric Ingrand :
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Aubry veut prélever une taxe pour supprimer Hadopi

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