Brice Hortefeux s'est réjoui, mardi soir, que l'Assemblée nationale eût "solennellement voté" la loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, la fameuse "Loppsi 2", qui selon lui "répond aux défis" des nouvelles délinquances. Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur estime qu'avec ce vote en deuxième lecture "par 305 voix contre 187, la majorité parlementaire a ainsi marqué sa volonté de donner aux forces de sécurité les moyens de lutter à armes égales avec les délinquants pour mieux assurer la protection de tous nos concitoyens".
Vidéosurveillance, permis à points... que dit la Loppsi 2 ?
Les députés ont adopté mardi le projet de loi d'orientation et de programmation sur la performance de la sécurité intérieure. Tour d'horizon des mesures adoptées.
Publié le 21/12/2010
Liberté de la presse : RSF tape sur la France...et Hadopi
La France est épinglée dans le classement sur la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières, qui tacle aussi la loi Hadopi. Son secrétaire général l'explique à TF1 News.
Publié le 20/10/2010
Free se plie à Hadopi et répercutera la "taxe Baroin" sur les box
Dans Les Echos, le PDG de Free conteste toujours les dispositions d'Hadopi mais annonce que les premiers mails d'avertissement partiront lundi. D'autre part, Free va répercuter la hausse de la TVA sur abonnements triple play inscrite dans le budget 2011.
Publié le 18/10/2010
Fin 2010, un demi-million de Français ont un abonnement de musique numérique
<b>Extrait - </b>Audrey Crespo-Mara reçoit Pascal Nègre, le PDG d'Universal Music France et partisan de la loi Hadopi dans Demain à la Une.
Publié le 13/01/2011
Ce texte, qui fait suite à la loi dite Loppsi 1 du 29 août 2002 parvenue à échéance fin 2007, reprend notamment des mesures annoncées le 30 juillet dernier par Nicolas Sarkozy lors de son discours de Grenoble. Mais ce projet de loi est vivement dénoncé par l'opposition de gauche et par les associations de défense des droits de l'homme. "C'est un bric-à-brac sans visions ni moyens", estime le Parti socialiste. Le groupe PS a d'ores et déjà annoncé qu'il saisirait le Conseil constitutionnel dès que le projet de loi sera définitivement voté par le Parlement. Hervé Morin a justifié son abstention par le fait que le texte prévoit le blocage des sites internet présentant des images de mineurs à caractère pornographique par l'autorité administrative. "Seul un juge judiciaire, et non une autorité administrative, doit disposer de pouvoir bloquer un site internet", écrit-il sur son site. La question a été vivement débattue; 21 amendements déposés pour tenter d'encadrer ce blocage ont tous été repoussés, voire simplement abandonnés en cours de route sans être soutenus. L'intervention d'un juge a été systématiquement écartée : tout reviendra à l'Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l'Information et de la Communication, dépendant directement du ministère de l'Intérieur.
Une mesure inefficace ?
Cette polémique porte spécifiquement sur l'article 4 de ce texte déjà très controversé. Il précise que "lorsque les nécessités de la lutte contre la diffusion des images ou des représentations de mineurs relevant de l'article 227-23 du code pénal le justifient, l'autorité administrative notifie, après accord de l'autorité judiciaire, aux personnes mentionnées (...) les adresses électroniques des services de communication au public en ligne contrevenant aux dispositions de cet article, auxquelles ces personnes doivent empêcher l'accès sans délai". En clair, cet article institue un blocage des sites pédo-pornographiques, sans passer par la case "juge". Et de nombreux spécialistes d'Internet redoutent une censure rampante.
La mesure est d'abord jugée par beaucoup inefficace. Les FAI, qui avaient lancé un groupe d'étude sur le sujet, ont chiffré le coût d'une telle mesure à 140 millions d'euros. Un filtrage réel nécessitera la mise en place de techniques d'inspection profonde des paquets (DPI), particulièrement intrusives puisqu'il s'agira d'aller inspecter le contenu échangé lors de chaque connexion d'internaute. Ce qui sera l'équivalent de la mise sur écoute de toute communication téléphonique... Pour un résultat de toute façon aléatoire, puisque les "filtres" mis en place devront, soit cibler chaque page suspecte, ce qui deviendra vite techniquement impossible, soit être plus larges mais avec des risques de surblocage (avec par exemple le blocage de l'adresse IP de tout un serveur à cause d'une page considérée comme illégale). En prime, les solutions techniques de contournement existent déjà, comme l'a montré le cas WikiLeaks avec ses centaines de sites-miroirs. Sans parler de la difficulté à "filtrer" les réseaux peer-to-peer... La conséquence première devrait donc être de pousser les amateurs d'images pédophiles à renforcer leurs précautions... et à chiffrer leurs communications sur internet. Voilà pourquoi une association comme l'Ange Bleu, qui lutte contre la pédophilie, a déjà dénoncé un texte "inefficace, contreproductif et dangereux".
Que faire en cas d'abus ?
L'exemple de l'Australie, pionnier en la matière, et où un tel filtrage a été dénoncé par les associations de protection de l'enfance, fait figure de repoussoir. La publication, justement par WikiLeaks, de la liste noire australienne a montré que des sites n'ayant rien à voir avec la pédo-pornographie avaient pu être visés. A contrario, une étude menée en Allemagne a montré que les hébergeurs, lorsqu'ils étaient avertis de la présence d'un site encourageant la pédophilie, le retiraient dans les deux semaines dans 93 % cas. Sans nécessité d'un filtrage en amont. C'est pourtant cette solution qu'a choisie la France.
Outre la question de l'efficacité, se pose aussi celle des recours : en cas d'abus et de "surblocage", comment un site bloqué pourrait-il se faire entendre ? Aucun juge auquel s'adresser. Impossible même d'être averti d'une telle mesure de blocage : rendre publique la liste des sites bloqués reviendrait à créer un véritable annuaire des sites pédopornographiques. La fameuse "liste noire" devra donc être secrète, ce qui interdira de fait à un site abusivement bloqué de faire reconnaître son préjudice.
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