Application "Juif ou pas juif" : Apple recule face à la polémique

le 15 septembre 2011 à 06h59 , mis à jour le 15 septembre 2011 à 11h03

Apple a annoncé le retrait de la vente en France de cette application pour iPhone, qui avait suscité l'indignation d'associations antiracistes et des jeunes du Parti socialiste.

"Juif ou pas juif?" : l'application iPhone qui fait polémique"Juif ou pas juif?" : l'application iPhone qui fait polémique © DR

Apple a annoncé mercredi qu'il avait retiré de la vente en France l'application iPhone "Juif ou pas juif", qui a fait scandale dans le pays. "Cette application va à l'encontre de la législation locale et n'est plus disponible sur l'Apple Store en France", a sobrement déclaré un porte-parole de la firme à la pomme. A noter toutefois que, quelques heures avant que ce retrait ne devienne effectif, "Juif ou pas juif" était numéro 1 des ventes des applications iPhone sur l'Apple Store en France.

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"Listées pour vous, des milliers de personnalités juives (de par leur mère), à moitié juive (de par leur père), ou converties" : voilà ce que promettait, dans son descriptif sur le site Apple Store, Johann Levy, l'ingénieur à l'origine de "Juif ou pas juif". L'application était en vente depuis le 9 août, moyennant 79 centimes d'euros. Elle avait commencé à circuler sans bruit, jusqu'à la survenue de la polémique, via Twitter. Et l'évocation de possibles poursuites : selon l'article 226-19 du Code pénal, le fait "de mettre ou de conserver en mémoire informatisée, sans le consentement exprès de l'intéressé" des données qui font apparaître ses "opinions religieuses" est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 300.000 euros d'amende. 

"Je l'ai faite dans un but sain"

Une application ouvertement antisémite ? Johann Levy s'est vigoureusement défendu face à ce soupçon.  "Je l'ai faite dans un but sain. Je suis juif moi-même. Le but, c'était juste d'apporter aux juifs un sentiment de fierté, quand ils voient que tel homme d'affaires ou telle personne célèbre est également juive", expliquait l'ingénieur, qui se disait Britannique vivant à Marseille. Tout en se justifiant : "Les données sont déjà disponibles sur internet et je n'ai fait que les compiler".

Mais SOS Racisme avait sommé Apple de retirer l'application de la vente et menacé de porter plainte contre l'éditeur du logiciel, pour "constitution illicite de fichier en raison de l'origine". Dans un communiqué, Les Jeunes socialistes s'étaient déclarés "scandalisés" par "l'existence de ce logiciel rappelant les heures sombres de l'histoire du XXe siècle". Le  président de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) envisageait également des suites judiciaires :  "Je ne sais pas si c'est de l'irresponsabilité, mais c'est infiniment dangereux", estimait Alain Jakubowicz. Face au tollé, Apple, après avoir fait le dos rond, a donc finalement choisi de céder. 

le 15 septembre 2011 à 06:59
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