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Après Google et Microsoft, l'Inde essaie de mettre au pas Twitter


le 23 août 2012 à 15h58 , mis à jour le 23 août 2012 à 16h03.
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Twitter

Twitter / Crédits : DR LCI.fr (James HERTELEER d'après Twitter)

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High-TechL'Inde menace de prendre des mesures contre Twitter après l'envoi de messages soupçonnés d'avoir attisé des tensions ethniques. Derrière ce bras de fer, le gouvernement indien essaie, une nouvelle fois, d'intervenir sur les acteurs du web.

Il y avait d'abord eu Research in Motion. Le fabricant de l'emblématique BlackBerry avait été l'un des premiers acteurs majeurs de l'internet à susciter l'ire des autorités indiennes, qui revendiquaient la possibilité de surveiller les services de courrier électronique et de messagerie instantanée de ses utilisateurs. L'Inde s'en était pris ensuite à pas moins de 21 groupes, parmi lesquels les géants Google, Facebook, Yahoo! ou encore Microsoft, menacés de poursuites judiciaires dans le cadre d'une affaire portant sur la mise en ligne de contenus à caractère obscène ou offensant. Désormais, c'est Twitter qui se retrouve mis en garde par le gouvernement indien après des messages menaçant de violence ethnique.
 
Ces menaces interviennent alors que des dizaines de milliers de personnes ont fui les villes de Bangalore et de Bombay ces derniers jours pour rentrer dans l'Etat de l'Assam. Cet exode a été déclenché par l'envoi de menaces sur les téléphones portables et l'internet affirmant que les Assamais seraient attaqués par des musulmans après la fin du ramadan, en représailles à de récentes violences interethniques qui ont opposé une tribu locale, la tribu Bodo, et des musulmans dans cet Etat reculé de l'Inde. Violences  qui ont déjà fait 80 morts et provoqué le déplacement de plus de 400.000 personnes au cours du mois écoulé, selon les autorités. Les deux communautés se disputent depuis des années la propriété de terres.
 
La colère d'un ministre
 
Dans ce contexte de vives tensions, le gouvernement a demandé à Twitter et à d'autres sites de réseaux sociaux de supprimer du contenu "malfaisant et incendiaire". Il a aussi bloqué des pages internet et l'envoi de textos "de masse". "Si Twitter ne répond pas à notre requête, nous prendrons des mesures appropriées", a indiqué un responsable au sein du ministère de l'Intérieur, R.K. Singh, cité dans le Times of India. "Nous avons demandé au ministère des Technologies de l'information de leur adresser un préavis", a-t-il ajouté. Selon le quotidien, l'Inde a fixé une date limite pour ce jeudi.
 
Le groupe de recherche Centre for Internet and Society (CIS), basé à Bangalore, a de son côté publié jeudi un document faisant état de 309 demandes de retrait envoyées par le département des Télécommunications aux fournisseurs internet entre les 18 et 21 août. Avec un résultat mitigé :  Twitter aurait accepté jeudi de retirer six faux comptes se présentant comme celui du Premier ministre, Manmnohan Singh, et qui postaient des messages à portée communautaire. Facebook et Google sont pour leur part en contact avec le gouvernement indien, ont-ils fait savoir, tout en soulignant qu'ils disposent déjà d'une politique interdisant les contenus incitant à la violence. Le ministre en charge des Technologies de l'information, Kapil Sibal, s'est toutefois dit frustré de leurs réponses. "Lorsqu'on demande à ces sites d'enquêter sur l'identité (des personnes postant des messages), ils répondent qu'ils sont hors de leur juridiction, que leurs serveurs sont à l'étranger et qu'ils n'ont pas l'obligation de dévoiler les identités", s'est-il plaint mercredi. "Cela veut donc dire que c'est une plateforme où n'importe qui peut faire n'importe quoi", a-t-il jugé.

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