Avec Kindle, Amazon veut truster le marché français des liseuses

le 07 octobre 2011 à 08h33 , mis à jour le 07 octobre 2011 à 08h37

Dossier : Tablette Apple et PC

Amazon lance ce vendredi en France sa liseuse de livres numériques Kindle. A 99 euros, elle est l'une des moins chères d'un marché français qui peine à se développer.

Le Kindle d'AmazonLe Kindle d'Amazon © TF1 News / Amazon / DR

Le marché est encore embryonnaire, mais Amazon veut y écraser toute velléité de concurrence : le géant américain de l'e-commerce, déjà leader du secteur des liseuses de livres numériques aux Etats-Unis, lance ce vendredi en France sa Kindle. Avec un prix qui en fait l'une des moins chères du marché : 99 euros. Disponible en pré-commande à partir de la mi-journée, le produit sera expédié à partir du 14 octobre, y compris en Belgique, Suisse, Luxembourg et Monaco. Amazon ouvre en même temps une boutique de téléchargement de livres et de journaux numériques, et met à disposition des applications gratuites pour lire ces contenus sur d'autres supports (jusqu'à cinq ou six pour une même personne).

Plus d'infos

"Nous avons de grandes ambitions", a déclaré le patron d'Amazon France, Xavier Garambois, sans chiffrer ses objectifs. A trois mois de Noël, le groupe va commercialiser en France la 4e génération de sa liseuse, à ne pas confondre avec la tablette Kindle Fire récemment dévoilée par sa maison mère, destinée aussi aux films, à la musique et à internet. Aux Etats-Unis, où 12% des Américains possèdent une liseuse électronique, le site vend davantage de livres dématérialisés que papier. Mais en France, malgré une offre de liseuses qui s'est étoffée, le livre numérique ne pèse encore que 1% du marché éditorial selon les députés, qui ont instauré en mai un prix unique pour le livre numérique. L'arrivée d'un géant comme Amazon pourrait donner un coup d'accélérateur au secteur.

"Le poids d'un livre de poche"

Dotée d'une encre électronique noir et blanc, la Kindle, non tactile, pèse 170 grammes. "C'est le poids d'un livre de poche, qui peut emporter une bibliothèque de 1400 titres dans sa mémoire", a-t-il expliqué. L'autonomie est d'un mois, si l'on lit une heure par jour (hors wifi). Côté catalogue, il revendique 800.000 ouvrages à télécharger dont 35.000 en français, une offre qui s'enrichira "toutes les heures". Parmi eux, des auteurs contemporains comme Michel Houellebecq, Katherine Pancol, Harlan Coben, Douglas Kennedy, des centaines de bandes dessinées, des ouvrages jeunesse, pratiques. Mais aussi plus de 4000 classiques littéraires français gratuits, tombés dans le domaine public.

Amazon proposera également une "plate-forme d'auto-édition" numérique, à destination d'auteurs en mal d'éditeur, qui toucheront 70% de royalties sur les ventes. Pour la presse, Amazon proposera d'abord des quotidiens (Le Figaro, Libération, Les Echos, Le Parisien, Le Monde).

Plusieurs acteurs se sont déjà mis en rang de bataille, comme les géants de l'électronique Sony et Samsung, mais aussi des chaînes de librairies présentes sur ce créneau depuis un an avec des supports dédiés à leurs contenus : Oyo (149 euros) pour France Loisirs et le Fnacbook (179 euros) pour la Fnac, leader de la vente de livres en France. La Fnac, qui a déjà pâti de la dématérialisation de la musique et que son propriétaire PPR destine à la vente, n'a pas dévoilé les ventes de sa liseuse, décevantes selon la presse spécialisée. En septembre, son PDG Alexandre Bompard a annoncé que l'enseigne avait dans ses tiroirs une "nouvelle liseuse", en cours de développement. Contrairement à l'actuel Fnacbook, qui offre une carte 3G pour télécharger sur son site, Amazon a opté pour le wifi pour proposer "un prix agressif". Si le Fnacbook bénéficie d'un catalogue réputé fourni en français, Amazon a récemment embauché deux transfuges de la Fnac, Marie-Pierre Sangouard, ancienne directrice du livre, et Xavier Flamand, ancien patron du site internet, détenteurs de carnets d'adresses précieux pour l'acquisition de contenus.

le 07 octobre 2011 à 08:33
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5 Commentaires

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  • ginga1064, le 11/10/2011 à 14h56

    De la même manière que la forme est une représentation du fond dans la littérature et en caricaturant de manière manichéenne je doute qu'un gadget bon pour les matérialistes consommateurs en tout genre de technologies arrivera à convaincre certains lecteurs plus idéalistes et qui privilégient la réprésentation du monde à travers l'idée plutôt que la matière. Selon moi cet outil a bien sûr de bonnes chances de réussite, à travers le côté pratique de la facilité de le transporter comme d'obtenir un livre rapidement en le téléchargeant (aucun problème de rupture de stock). Ce qui m'inquiète personnellement c'est que s'il se vend facilement, voyant l'argument écologique venir, j'espère que plus tard ceux qui seront restés au papier n'auront pas trop de difficulté pour s'approvisionner.

  • le_chti40, le 07/10/2011 à 17h13

    Moi je ne partage pas votre avis !

  • vdv74, le 07/10/2011 à 16h51

    Comment remplacer le toucher, l'odeur , la vue d'un beau livre par un appareil electronique.

  • ljean69, le 07/10/2011 à 14h54

    Je partage totalement votre avis !

  • yggdrazil88, le 07/10/2011 à 09h02

    J'ai essayé le livre numérique et je peux annoncer (bien que ne disposant d'aucun pouvoir médiumnique particulier) que le livre "papier" n'est pas prêt de laisser sa place.

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