La messagerie des Blackberry rétablie en Arabie saoudite

le 06 août 2010 à 13h44 , mis à jour le 06 août 2010 à 16h53

Quatre heures. Soit le temps de suspension du service de messagerie du smartphone dans ce pays de la péninsule arabique. A noter l'intervention des Etats-Unis pour tenter de régler cette crise.

Un des modèles de BlackBerry par RIMUn des modèles de BlackBerry par RIM © RIM / LCI

Le service de messagerie de Blackberry n'a plus répondu en Arabie saoudite pendant quatre heures selon plusieurs utilisateurs. Le pays aurait ainsi imposé vendredi ses restrictions à l'usage du smartphone, critiqué par certains pays pour son système de cryptage ultra-sécurisé, qui rend sa surveillance difficile. Il n'a pas été possible d'obtenir vendredi, jour chômé en Arabie saoudite, des éclaircissements auprès du régulateur, la Commission de la technologie des communications et de l'information (CITC). Des employés des services clientèle de deux opérateurs, STC et Mobily, ont toutefois indiqué sous couvert d'anonymat, qu'il n'y avait eu aucune suspension et que les deux firmes attendaient une confirmation de la décision officielle du régulateur saoudien.

Plus d'infos

Le régulateur saoudien des télécommunications avait ordonné mardi une suspension des services de messagerie, justifiant sa décision par le fait que l'utilisation du BlackBerry contrevenait aux réglementations en vigueur dans le pays. Les appareils du canadien Research in Motion (RIM) présentent selon les  experts un niveau de cryptage des données supérieur à la plupart des "smartphones", rendant très difficile la surveillance de leurs utilisateurs.

Ryad a emboîté le pas aux Emirats arabes unis qui ont annoncé, dimanche, la suspension à partir du 11 octobre des principaux services de BlackBerry, en arguant qu'ils n'étaient pas conformes aux réglementations. La suspension saoudienne est survenue au lendemain de l'intervention des  Etats-Unis et du Canada, pour discuter avec les pays qui demandent à pouvoir  mieux surveiller ces téléphones. L'Arabie saoudite comme les Emirats censurent l'accès à internet, notamment aux sites pornographiques, ainsi qu'à certains sites politiques. En Inde, le gouvernement a évoqué des questions de sécurité nationale et la difficulté d'un contrôle du BlackBerry, menaçant également d'interdire certains de ses services dans le pays.
 
Le Canada et les USA entrent dans la danse
 
Jeudi, les Etats-Unis et le Canada se sont dits prêts à défendre le droit à l'utilisation du BlackBerry par des discussions avec les pays concernés. "Nous prenons le temps de nous concerter et d'analyser tout l'éventail des  intérêts et des aspects du dossier, parce que nous sommes conscients que se  posent des questions légitimes de sécurité. Mais il existe également un droit légitime à un accès et à une utilisation sans entraves", a déclaré la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton. Washington a pris contact avec l'Arabie saoudite, l'Inde et d'autres pays ayant des inquiétudes au sujet du BlackBerry, dans l'espoir de résoudre le problème. Washington souhaite aussi contacter RIM afin de voir comment conjuguer les besoins de sécurité et d'information.

Au Canada, le ministre du Commerce international a indiqué  que son gouvernement "va se porter à la défense de RIM comme nous le faisons chaque fois que des compagnies canadiennes faisant affaire à l'étranger  sont confrontées à ce genre de défi". Il a annoncé des contacts avec les Emirats (500.000 abonnés), l'Arabie saoudite (700.000 abonnés) et d'autres pays pour trouver une "solution  constructive" au différend. A Beyrouth, les autorités libanaises ont à leur tour annoncé jeudi mener une  évaluation des "questions de sécurité" liées au BlackBerry après des  arrestations d'agents présumés d'Israël dans le secteur des télécoms. Le gouvernement indonésien a démenti envisager de bloquer l'accès à certains services du BlackBerry, tout en reconnaissant souhaiter des aménagements à son  système de fonctionnement.

Un nouveau front au Liabn ?

Les autorités libanaisesespèrent que Research in Motion leur fournira un programme permettant d'accéder aux données cryptées transitant sur les serveurs de ses téléphones. Précisant qu'il y avait au Liban environ 60.000 utilisateurs de BlackBerry, le ministre libanais des Télécommunications a ajouté qu'aucune décision n'avait pour le moment été prise sur une éventuelle restriction de ce service dans le pays. Les discussions avec le groupe canadien pourraient prendre deux mois, dit-il. Le chef des services de régulation des télécommunications libanaises, Imad Hoballah, a annoncé jeudi que le Liban allait étudier les risques éventuels concernant la sécurité du BlackBerry. Au Liban, deux employés de l'entreprise publique de téléphonie mobile Alfa ont été récemment inculpés d'espionnage pour le compte d'Israël, un délit passible de la peine de mort. Leur arrestation a suscité l'émoi au Liban et provoqué un débat sur l'ampleur de l'infiltration israélienne dans les secteurs des télécommunications et de la sécurité dans le pays. Les autorités libanaises ont arrêté des dizaines de personnes depuis avril 2009 dans le cadre d'une enquête consacrée à l'espionnage au profit de l'Etat juif. Une vingtaine d'entre elles ont été inculpées, dont un général appartenant à la direction de sûreté.

le 06 août 2010 à 13:44
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles High-Tech
  

1 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • criticdailleurs, le 07/08/2010 à 02h15

    L'Islam car même si le mot n'est pas utilisé une seule fois dans l'article c'est bien de l'Islam dont il s'agit et plus particulièrement de l'Islam radical, Bref... L'Islam radical c'est : "comment vivre au XXI eme siècle avec une philosophie moyennageuse au sein de régimes ultra féodaux ?"...Décadence humaine quand tu nous tiens !!!

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience