Montage TF1 News. © TF1 News/J.HERTELEER"J'ai vécu sans et j'ai réussi à survivre !" A 48 ans, Sophie préfère se renseigner dans ses livres. Internet, elle y a accès au travail - "c'est suffisant" - pour y consulter sa boîte mail pro et sa boîte perso. Le portable non plus, elle n'en veut pas. "Ce qui me pose problème, c'est ce truc d'immédiateté, d'être toujours joignable, quoi qu'on fasse, sans prendre en compte les rythmes de vie".
Facebook, Google, Apple... Comment ils ont changé notre vie
La révolution numérique est-elle un paradis ou un cauchemar du quotidien ? Dans une grande enquête réalisée par TNS Sofres en partenariat avec TF1 News, les Français rendent leur verdict.
Publié le 22/11/2011
Nouvelles technologies : les 14-25 ans bien moins naïfs que leurs aînés
EXCLUSIF - Totalement accros aux nouvelles technologies, les 14-25 ans s'avèrent néanmoins très lucides sur les risques encourus. La moitié d'entre eux admet par exemple que cela a un impact direct sur la capacité de concentration, selon un baromètre TNS Sofres pour Inria dévoilé par TF1 News.
Publié le 15/11/2011
Nouvelles technologies : toute l'étude en images
EN IMAGES - Les Français et le Nouveau monde numérique... Vaste programme résumé dans cet article en quelques images pour vous permettre de comprendre en 5 minutes où nous en sommes tous avec ces nouvelles technologies qui peuplent notre quotidien.
Publié le 08/11/2011
Nouvelles technologies : où en sont les Français ?
EXCLUSIF - A partir d'aujourd'hui et les trois prochains mardis, nous vous dévoilons les résultats de l'enquête "Les Français et le Nouveau Monde numérique", réalisée pour l'Inria par TNS Sofres en partenariat avec TF1News, Metro et France Inter.
Publié le 08/11/2011
Smartphone, Internet, tablette : êtes-vous branché ?
TEST - Pour vous le téléphone, c'est... "avec un fil et un abonnement au PTT" ? Ou plutôt un objet super utile, lisse et sans touches qui, accessoirement, permet de se parler à distance ? Et question ordinateur, appareil photo ou baladeur musical, où en êtes-vous ? Les réponses avec notre test.
Publié le 08/11/2011
Comme Sophie, 10% de la population française ferait partie des "révoltés du numérique" selon le baromètre "les Français et le nouveau monde numérique" établi par TNS Sofres pour Inria. Une population que l'enquête décrit comme plus âgée, de catégorie modeste, et vivant dans des communes rurales isolées. Pas si simple selon les sociologues, qui différencient les réfractaires au téléphone portable des réfractaires à Internet.
L'accès à Internet ? Une question de moyens...
Pour Catherine Lejealle, sociologue, enseignante-chercheuse à l'ESG management school, ceux qui n'ont pas Internet invoquent un problème de moyens : "ce n'est pas une question de confiance ou d'appétence, ils sont conscients que c'est un outil de demain pour leurs enfants". Ce refus ne concerne pas les personnes âgées selon elle, qui y voit un lien avec leurs petits-enfants.
Sophie utilise son ordinateur personnel pour faire de la mise en page, pour stocker de la musique... Internet ne lui manque pas. "Je n'ai pas un besoin si diversifié et je n'ai pas toujours les moyens".
... et de connaissance
"J'ai des amis de ma génération, ils parlent de trucs Internet. Les mots, je ne les connais pas. J'écoute mais je ne comprends pas" rigole Sophie. Ce refus d'Internet, Catherine Lejealle l'explique aussi par "la peur d'être dépassé et d'avoir l'air idiot".
"Pour l'ordinateur, la barrière d'entrée en matière d'éducation est très élevée", indique Dominique Boullier, sociologue et professeur à Science Po Paris. "L'ordinateur est un outil fondamentalement professionnel qui nécessite une culture, un intérêt que tout le monde n'a pas." Les personnes âgées, avec leurs habitudes sociales, se demandent à quoi cet outil pourrait bien leur servir.
Le téléphone portable : le "fil à la patte"
De son coté, le téléphone portable est plus accessible aux non-initiés, remarque Dominique Boullier, "car tout le monde a déjà téléphoné dans sa vie et le clavier est identique à celui que tout le monde connait". Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de réfractaires au mobile. Et ceux-ci pointent du doigts l'hyper-connectivité. "C'est un vrai refus idéologique et militant, par les CSP+ bobo, analyse Catherine Lejealle. Ils refusent d'être des esclaves, comme les domestiques qui sont sonnés sans arrêts, comme dans les comédies de Feydeau."
"Mes amis trouvent que je suis difficile à joindre, explique Sophie, mais je n'ai pas envie d'être disponible tous les quatre matins ! Et je n'ai pas perdu d'amis à cause de ça. Au contraire, cela demande un certain effort." La quadragénaire aime passer voir ses amis à l'improviste, leur envoyer des cartes postales et s'est sentie "vieille peau" lorsqu'une de ses amies lui a déclaré "tout faire par mail".
Destructeur ou entretien du lien social ?
Pour Sophie, le téléphone oblige à répondre. Lorsqu'elle est avec sa nièce de 25 ans, et qu'elle la voit répondre à un texto, ça l'"horripile". "Quand je vois cette publicité avec quelqu'un qui demande la météo à son portable, moi je préfère demander à ma voisine." Refuser le portable, c'est prendre du temps avec les gens avec qui on est, en face à face.
Au contraire, pour Catherine Lejealle, le portable permet d'entretenir le lien, sans forcément se voir, de dire "je pense à toi", quand cela ne sert pas à la "micro-coordination", pour se retrouver au dernier moment. "Ceux qui refusent le portable sont restés à l'époque où le téléphone ne servait qu'à appeler". Ainsi, la plupart des messages ou des conversations commencent par "où es-tu ?". "On dit que c'est un vide de la communication, mais c'est plutôt de savoir "es tu disponible pour discuter ?"." Aujourd'hui, il est dans les mœurs de dire "je te rappelle plus tard", ce qui n'était pas le cas auparavant. Sophie, elle, ne décroche pas son téléphone lorsqu'elle ne veut pas répondre.
"Il faut prendre le temps de vivre !" s'exclame-t-elle. Apprécier le temps de la recherche d'informations, d'attendre d'être chez soi pour ouvrir son encyclopédie plutôt que de chercher tout de suite sur l'application Wikipedia de son smartphone, l'attente de faire développer les photos de son argentique... "C'est accepter de ralentir sa vie, c'est du slow life !" conclut Dominique Boullier.
Fracture numérique
Mais là où, auparavant, elle composait un numéro de téléphone ou qu'elle se rendait à un guichet, peu à peu, on lui demande d'aller en ligne, pour réserver des billets de spectacle, commander un livre que sa librairie ne peut recevoir, acheter un produit particulier... "Je demande à des amis".
Assistante sociale, elle constate que de plus en plus de dossiers administratifs se font sur Internet, sans que ce soit compréhensible pour tous. Et c'est là où se fait la "fracture numérique" selon Dominique Boullier, professeur en sociologie à Science Po Paris. "Si on veut réduire cette fracture, il faudrait leur permettre de continuer à vivre avec du papier, plutôt que de considérer qu'il faudrait qu'ils viennent au numérique".
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