Les rumeurs bruissent depuis plusieurs mois sur des rapprochements entre les opérateurs français mais des telles opérations ne sont apparemment pas les bienvenues. L'Autorité de la concurrence n'est pas favorable à une consolidation dans le secteur des télécoms en France, déclare mardi son président Bruno Lasserre dans un entretien au Figaro. Le président de l'autorité administrative indique aussi qu'il rendra "d'ici à quelques jours un avis sur les opérateurs mobiles virtuels (NDLR : qui n'ont pas de réseau propre,) afin de vérifier qu'ils disposent dans cette nouvelle donne d'un espace économique leur permettant de continuer à animer la concurrence, car ils gardent un rôle à jouer".
Prié de dire si l'Autorité de la concurrence pourrait bloquer une fusion entre Free (Iliad ) et SFR (Vivendi) ou entre Free et Bouygues Telecom, Bruno Lasserre répond : "je mets en garde contre de telles consolidations. Le retour à trois opérateurs n'est pas souhaitable". "En revanche, les opérateurs peuvent mutualiser leurs réseaux, déployer ensemble pour réduire leurs coûts et aller
ainsi couvrir des zones moins rentables du territoire", tempère-t-il.
L'accord Orange-Free en question
Bruno Lasserre précise qu'un avis sur ces sujets sera rendu fin février au gouvernement. Cet avis devrait aussi aborder la question du contrat d'itinérance entre Orange (France Télécom ) et Free pour savoir s'il "marque une rupture dans l'égalité des chances entre opérateurs", explique Bruno Lasserre. "Nous y répondrons de manière dépassionnée fin février et dirons si cet accord doit être limité dans le temps."
Par ailleurs, prié de dire s'il est favorable à un blocage de la publicité sur Internet comme l'a fait récemment Free, Bruno Lasserre dit avoir été "un peu surpris" sur la forme. "Mais, sur le fond, Free pose de bonnes questions, celui du partage de la valeur entre les géants du Net tels que Google, Apple, Amazon, Microsoft et les opérateurs qui investissent dans les réseaux", estime-t-il.
"(Les géants du net) ont acquis une position de marché très forte qui leur donne un pouvoir de vie ou de mort sur des secteurs économiques entiers. Ce pouvoir de marché considérable leur crée des devoirs et des obligations, non seulement à l'égard des Etats en matière fiscale, mais aussi à l'égard des autres industriels et des consommateurs." La ministre chargée de l'économie numérique Fleur Pellerin préside dans la matinée une table ronde sur la neutralité d'Internet.







