L'encyclopédie en ligne Wikipédia a fermé ses pages en anglais pendant 24h le 18 janvier 2012 àpour protester contre des projets de loi antipiratage au Congrès américain. © DR
- Sopa et Pipa, plongent Wikipédia dans le noir - 02 min 53 s
Mercredi Twitter, Facebook et Craigslist n'ont pas souhaité imiter Wikipédia et étaient toujours disponibles, mais ils ont exprimé leur sympathie à l'égard du mouvement de protestation. Le cofondateur de Twitter, Jack Dorsey, a ainsi envoyé un tweet à ses 1,8 million d'abonnés dans lequel il leur demande de contacter leurs élus et de "dire NON au Congrès". L'hébergeur de blogs wordpress.com arborait un ruban noir frappé du mot "censuré", tout comme le site du magazine spécialisé Wired. Pour sa part, Facebook, tout en prenant "très au sérieux" le piratage, a jugé que légiférer "n'est pas la bonne solution à ce problème, en raison des dommages collatéraux que cela occasionerait à internet".
La Maison blanche donne sa position
A l'origine de la colère, deux projets de loi présentés au Congrès américain, destinés, selon leurs auteurs, à combattre le piratage en ligne. Le "Stop Online Piracy Act" ou "SOPA" a été déposé à la Chambre des représentants, tandis que son pendant, le "Protect IP Act", rebaptisé "PIPA" est à l'étude au Sénat. Si "SOPA" et "PIPA" bénéficient du soutien d'Hollywood, de l'industrie musicale ou encore de la Chambre de commerce américaine, Wikipédia, Google, Twitter et Yahoo! jugent en revanche que les textes confèreraient le pouvoir aux autorités américaines de faire fermer à leur guise des sites accusés de piratage. En décembre déjà, les fondateurs d'eBay, Google, Twitter, Yahoo! et Wikipédia avaient, dans une lettre ouverte, jugé que les propositions de loi "donneraient au gouvernement américain le pouvoir de censurer internet en utilisant des procédures similaires à celles employées par la Chine, la Malaisie ou l'Iran".
Ce week-end, la Maison Blanche s'est désolidarisée des projets de loi examinées par le Congrès. "Nous considérons que le piratage sur internet est un grave problème qui nécessite une réponse législative sérieuse, mais nous ne soutiendrons pas une législation qui réduit la liberté d'expression, augmente les risques pour la sécurité cybernétique et sape le dynamisme et le caractère innovant de l'internet mondial", a indiqué la présidence américaine dans un communiqué. "Toute tentative de combattre le piratage sur internet doit être exempte du risque de censure d'activités parfaitement légales et ne doit pas entraver l'innovation générée par les entreprises américaines, qu'elles soient grandes ou petites", a encore souligné la Maison Blanche. Le patron du géant des médias News Corp, Rupert Murdoch, est, lui, d'un avis contraire, dénonçant sur son compte Twitter les pressions de la "blogosphère", "terrorisant" selon lui "de nombreux sénateurs et représentants qui s'étaient au départ engagés" à soutenir la législation controversée et pourraient du coup faire machine arrière.
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