Hadopi américain : branle-bas de combat chez les géants du web

le 18 janvier 2012 à 18h14 , mis à jour le 19 janvier 2012 à 10h25

Wikipédia, Google plusieurs dizaines de sites faisaient écran noir mercredi pour protester contre des projets de loi antipiratage à l'étude aux Etats-Unis. Le débat fait rage outre-Atlantique.

L'encyclopédie en ligne Wikipédia a fermé ses pages en anglais pendant 24h le 18 janvier 2012 àpour protester contre des projets de loi antipiratage au Congrès américain.L'encyclopédie en ligne Wikipédia a fermé ses pages en anglais pendant 24h le 18 janvier 2012 àpour protester contre des projets de loi antipiratage au Congrès américain. © DR

Un écran noir et cette phrase : "Imaginez un monde où le savoir ne serait pas libre". Pour protester contre des projets de loi antipiratage à l'étude aux Etats-Unis, la version anglaise de Wikipédia était, ce mercredi, indisponible, tandis que Google.com masquait son logo. Et plusieurs dizaines de sites ont imité les deux géants d'internet, à l'image de Reporters sans frontières qui a fermé, pendant 24h, la version anglaise de son site, disant "protester au nom de la liberté d'expression en ligne".

Mercredi Twitter, Facebook et Craigslist n'ont pas souhaité imiter Wikipédia et étaient toujours disponibles, mais ils ont exprimé leur sympathie à l'égard du mouvement de protestation. Le cofondateur de Twitter, Jack Dorsey, a ainsi envoyé un tweet à ses 1,8 million d'abonnés dans lequel il leur demande de contacter leurs élus et de "dire NON au Congrès". L'hébergeur de blogs wordpress.com arborait un ruban noir frappé du mot "censuré", tout comme le site du magazine spécialisé Wired. Pour sa part, Facebook, tout en prenant "très au sérieux" le piratage, a jugé que légiférer "n'est pas la bonne solution à ce problème, en raison des dommages collatéraux que cela occasionerait à internet".

La Maison blanche donne sa position 

A l'origine de la colère, deux projets de loi présentés au Congrès américain, destinés, selon leurs auteurs, à combattre le piratage en ligne. Le "Stop Online Piracy Act" ou "SOPA" a été déposé à la Chambre des représentants, tandis que son pendant, le "Protect IP Act", rebaptisé "PIPA" est à l'étude au Sénat. Si "SOPA" et "PIPA" bénéficient du soutien d'Hollywood, de l'industrie musicale ou encore de la Chambre de commerce américaine, Wikipédia, Google, Twitter et Yahoo! jugent en revanche que les textes confèreraient le pouvoir aux autorités américaines de faire fermer à leur guise des sites accusés de piratage. En décembre déjà, les fondateurs d'eBay, Google, Twitter, Yahoo! et Wikipédia avaient, dans une lettre ouverte, jugé que les propositions de loi "donneraient au gouvernement américain le pouvoir de censurer internet en utilisant des procédures similaires à celles employées par la Chine, la Malaisie ou l'Iran".
 
Ce week-end, la Maison Blanche s'est désolidarisée des projets de loi examinées par le Congrès. "Nous considérons que le piratage sur internet est un grave problème qui nécessite une réponse législative sérieuse, mais nous ne soutiendrons pas une législation qui réduit la liberté d'expression, augmente les risques pour la sécurité cybernétique et sape le dynamisme et le caractère innovant de l'internet mondial", a indiqué la présidence américaine dans un communiqué. "Toute tentative de combattre le piratage sur internet doit être exempte du risque de censure d'activités parfaitement légales et ne doit pas entraver l'innovation générée par les entreprises américaines, qu'elles soient grandes ou petites", a encore souligné la Maison Blanche. Le patron du géant des médias News Corp, Rupert Murdoch, est, lui, d'un avis contraire, dénonçant sur son compte Twitter les pressions de la "blogosphère", "terrorisant" selon lui "de nombreux sénateurs et représentants qui s'étaient au départ engagés" à soutenir la législation controversée et pourraient du coup faire machine arrière.

le 18 janvier 2012 à 18:14
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7 Commentaires

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  • franky37, le 19/01/2012 à 09h07

    Spounge_bob : eh oui, les producteurs américains, pas plus que les français, n'aiment pas se faire dépouiller. Dites moi si vous seriez d'accord que votre voisin vienne se servir dans votre jardin sans votre accord.

  • 566456, le 19/01/2012 à 08h03

    Qu'est ce que c'est que ce titre racoleur ? Cela n'a absolument rien à voir avec HADOPI. En france il n'y à de controle que sur les échange de personne à personne selon un protocole parfaitement défini et des fichiers clairement identifiés. De plus l'éventuelle coupure sanctionelle est celle de la ligne de l'abonée et non du site. Aux USA ils parlent de couper immediatement un site qui aurait mis une photo de Mel Gibson en ligne.

  • david.all, le 18/01/2012 à 21h59

    Attention les républicains sont de retour ! En tout cas au Congres.

  • Olive1313, le 18/01/2012 à 20h43

    Et en France .... On accepte

  • Olive1313, le 18/01/2012 à 20h43

    Et en France .... On accepte

  • spounge_bob, le 18/01/2012 à 20h36

    Et dire que certains pensent encore que les USA sont un eldorado de libertés...

  • zzzer, le 18/01/2012 à 19h48

    Une bien noble cause.

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