Diffusion de données personnelles : les Pages jaunes sanctionnées

le 23 septembre 2011 à 10h56 , mis à jour le 23 septembre 2011 à 11h09

Dossier : Facebook et les réseaux sociaux

Nom, prénom, adresse, ancienne école, employeur : toutes ces données personnelles pouvaient se retrouver sur www.pagesblanches.fr. Y compris pour des mineurs. La société Pages jaunes avait en effet "aspiré" des millions de profils d'internautes sur des réseaux sociaux. "Déloyal", avertit la Cnil.

Capture écran du site www.pagesjaunes.frCapture écran du site www.pagesjaunes.fr © TF1/LCI

La Commission nationale informatique et libertés avait été alertée l'an dernier par deux internautes, qui avaient déposé plainte après avoir découvert sur www.pagesblanches.fr des portions entières de leurs profils sur des réseaux sociaux. Or, jamais ils n'avaient imaginé que ces données personnelles pourraient se retrouver sur un annuaire, et avaient encore moins donné leur accord à la collecte de ces données. Contactée par la Cnil, la société Pages jaunes (ancienne filiale annuaires de France Télécom) avait plaidé dans un premier temps que récupérer de telles informations, par nature publiques, n'était pas illégal. Mais la Cnil en a décidé autrement.

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La société Pages jaunes vient ainsi de recevoir un avertissement pour avoir "aspiré" à l'insu des personnes concernées ces données issues de réseaux sociaux. La formation contentieuse de la Commission a estimé, lors de sa séance du 5 juillet, que ce procédé était "déloyal" et méritait un "avertissement public", a précisé ce vendredi la commission dans un article mis en ligne sur son site.

La société Pages jaunes a pris les devants

Ce qui posait problème était surtout l'aspect massif et systématique de la manoeuvre, comme le rappelle la Cnil : car pour étoffer son site www.pagesblanches.fr, la société Pages jaunes avait décidé d'ajouter "aux résultats classiques de l'annuaire un ensemble de données figurant sur six réseaux sociaux" (Facebook, Copains d'avant, Viadeo, Linkedin, Twitter et Trombi). En quelques semaines, avec ce service en ligne appelé "webcrawl", "la société avait ainsi aspiré environ 34 millions de profils". Ce qui incluait des renseignements tels que nom, prénom, photographie, pseudonymes, établissements scolaires, employeurs, professions et localisation géographique, concernant même des mineurs ou des personnes sur liste rouge.

Or, les internautes ayant des profils sur les réseaux sociaux n'étaient pas informés au préalable que leurs données personnelles étaient susceptibles d'être "aspirées" et mises en ligne sur le site des pages blanches, explique la commission. De plus, "la modification ou la suppression d'un profil sur le site d'un réseau social n'était pas immédiatement répercutée sur le site des pages blanches", où les délais de mise à jour étaient très longs.

Mais cet avertissement survient alors que les profils en question ont déjà été retirés depuis longtemps du site www.pagesblanches.fr : la société Pages jaunes ayant été informée de l'intention de la Cnil de prononcer une sanction à son encontre, elle a interrompu le service litigieux en mars dernier.

le 23 septembre 2011 à 10:56
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2 Commentaires

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  • dameiris, le 23/09/2011 à 21h29

    A partir du moment où l'on rend ces données publiques, c'est ce que l'on risque, non ?

  • seb__, le 23/09/2011 à 11h27

    Donc on pourrait porter plainte contre tous les moteurs de recherche scannant les réseaux sociaux.

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