Requiem pour les Nabaztag

Par , le 29 juillet 2011 à 09h48 , mis à jour le 29 juillet 2011 à 09h51

Sauvés par les oreilles en 2009, les lapins communicants n'auront eu droit qu'à un sursis de deux ans. En redressement judiciaire, l'éditeur de jeux vidéo Mindscape ne pouvait plus payer les factures de leur hébergement. Les voilà privés de serveurs et réduits au silence. Sauf si des passionnés...

NabaztagNabaztag lapin communicant © TF1/LCI

Ils avaient déjà failli mourir une première fois il y a deux ans. Cette fois, les Nabaztag se sont tus pour de bon. Créés en 2005 par la société Violet, sauvés fin 2009 par l'éditeur de jeux vidéo Mindscape, les lapins communicants ont été débranchés. Silence et encéphalogramme plat : jusqu'alors hébergés par Iliad, voilà les célèbres animaux de compagnie Wi-Fi privés de serveurs, et condamnés à finir à la casse ou comme presse-papier sur un coin de bureau - à moins qu'ils n'aillent misérablement prendre la poussière au fin fond d'un grenier. Motif : Mindscape, en redressement judiciaire, ne pouvait plus payer les factures... Elles se montaient à plus de 10.000 euros par mois. Plutôt cher, rapporté au nombre de ces petites bêtes : il en restait dernièrement entre 10.000 et 15.000, sur 150.000 Nabaztag initialement mis en circulation...

Par amour de l'art et pour sauver ces petites bêtes connectées rigoureusement inutiles, donc absolument indispensables pour tout geek qui se respecte, un plan de sauvetage d'urgence a été élaboré. Hélas, sans grand succès. Thierry Bensoussan, PDG de Mindscape, a ainsi proposé à la communauté des accros du Nabaztag de prendre en main l'avenir du lapin. Un message posté sur le blog de Karotz, frère cadet du Nabaztag, a annoncé que le code source de la bête serait désormais disponible au public. Mindscape a aussi proposé de faire pointer l'adresse nabaztag.com vers de nouveaux serveurs - à charge pour la communauté des utilisateurs de dénicher et de s'occuper des serveurs en question. Bref, pour sauver le Nabaztag, une seule solution : le laisser tomber... dans le domaine public, et le laisser vivre sa vie au gré de l'humeur et des moyens de ses fans.

Mais si, en 2009, l'annonce de la première mort des Nabaztag avait provoqué un élan de compassion sur la Toile (deux accros, Emmanuel Moll et Franck Nouyrigat, avaient lancé un site pour récolter des fonds et permettre d'apporter une bouffée d'oxygène aux lapins menacés, SaveNabaztag.com), désormais, c'est dans une quasi-indifférence que les lapins passent à la casserole. Condamnés au mutisme et à l'immobilité. Aujourd'hui, SaveNabaztag.com pointe vers une page vide. Pas de nouveau repreneur en vue. Et si quelques passionnés parviennent à récupérer des serveurs, il est probable que les derniers survivants ne seront plus qu'une poignée, condamnés à une extinction plus rapide encore que ne le fut celle des dinosaures. Ex-lapin 3.0, le  Nabaztag appartient déjà au passé.

Par Franck Lefebvre-Billiez le 29 juillet 2011 à 09:48
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2 Commentaires

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  • lesueurg, le 29/07/2011 à 13h38

    Mon nabztag est effectivement à la cave depuis un bon moment déjà. Dommage, c'était rigolo, au début. Bon article en tout cas.

  • Olive des vacances, le 29/07/2011 à 11h28

    Très bon papier Franky

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