Copenhague accouche d'une simple "prise de note"

Par A.C. (avec agences), le 19 décembre 2009 à 07h45 , mis à jour le 19 décembre 2009 à 15h57

Dossiers : Le sommet de Copenhague, ECO2climat

Par ce biais, la conférence des Nations unies donne un statut légal suffisant pour rendre l'accord opérationnel sans avoir besoin de l'approbation des parties.

Des militants écologistes à Copenhague.Des militants écologistes à Copenhague. © REUTERS

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Plus d'infos

La conférence climat de Copenhague a mis fin à ses travaux samedi, après treize jours de débats. Elle s'est achevée sur un appel, largement applaudi, du délégué sud-africain à veiller à ce que les dates de la prochaine réunion climat, prévue à Bonn, ne se télescopent pas... avec le Mondial 2010 de football en Afrique du Sud. Cette cloture solennelle a eu lieu quelques heures après la conclusion d'un accord à minima des 193 participants, sous la forme d'une  simple "prise de note". Le fait de "prendre note" de ce texte donne un statut légal suffisant pour rendre l'accord opérationnel sans avoir "besoin de l'approbation des parties", explique Alden Meyer, directeur de l'Union of concerned scientists. Le texte n'est donc pas enteriné.

Cet "accord" de Copenhague adopté vendredi par les chefs d'Etat d'une trentaine de pays industrialisés et émergents a été présenté samedi matin aux 193 pays membres de la Convention climat de l'ONU. Il s'agit d'un document de trois pages à peine, qui fixe comme objectif de limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés par rapport aux niveaux pré-industriels. Il appelle les pays industrialisés et les pays en développement à affirmer leurs engagements de réduction de gaz à effet de serre par écrit d'ici à la fin janvier et prévoit des mécanismes garantissant la  transparence de leur mise en oeuvre. Mais il ne fixe pas de date pour un "pic"  au-delà duquel les émissions commenceraient à décroître.  Il prévoit également 30 milliards de dollars à court terme (années 2010,  2011 et 2012), puis une montée en puissance pour arriver à 100 milliards de  dollars d'ici à 2020, destinés en priorité aux pays les plus vulnérables afin de  les aider à s'adapter aux impacts du dérèglement climatique. Pour le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, ce texte constitue une première "étape essentielle". "Mais ce n'est peut-être pas tout ce que nous espérions.  

Un "Holocauste pour l'Afrique"

Le texte a en effet été l'objet de débats agîtés entre les délégations, et ce jusqu'à la dernière minute. Plusieurs d'entre elles avaient laissé entendre qu'il n'était pas acceptable. "J'ai le regret de vous informer que Tuvalu ne peut accepter ce document", avait déclaré tôt samedi le délégué du petit Etat insulaire de l'océan Pacifique, menacé de disparaitre de la surface du globe par la montée du niveau des eaux. Lors d'une session extraordinaire tenue après le départ de la plupart des chefs d'Etat et de gouvernement, il avait souligné que l'objectif de limiter la hausse des températures à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle était trop vague et signifierait "la fin de Tuvalu".

Il avait été rejoint dans son rejet du texte par les délégués du Venezuela, de Bolivie, de Cuba ou du Nicaragua, qui ont tous dénoncé avec colère un projet ne permettant pas de répondre au défi du changement climatique. Un délégué soudanais a même assimilé ce plan à un Holocauste pour l'Afrique, condamnée selon lui à subir des inondations, sécheresses et autres catastrophes irréversibles. "C'est une solution fondée sur les mêmes valeurs qui ont conduit six millions de gens en Europe dans des fours", a déclaré Lumumba Stanislaus Di-aping, s'attirant une réaction outrée du négociateur suédois Anders Turesson, pour qui cette allusion est "absolument détestable".

"Tristesse incroyable dans la salle"

Certains pays se sont en outre agacés de la façon dont les dirigeants des grands pays ont négocié en petit comité. La déclaration politique proposée vendredi soir est issue des discussions menées par seulements 26 pays industrialisés et émergents, mais elle est surtout et essentiellement le fait des Etats-Unis et de puissances en devenir - Chine, Inde, Brésil et Afrique du Sud. L'Union européenne elle-même a été écartée des ultimes tractations et ne s'est résolue à soutenir l'accord qu'avec réticence, à l'image de la chancelière allemande Angela Merkel qui a parlé d'une "décision difficile". "Il s'agit d'un accord politique entre chefs d'Etat, pas d'un contrat, par  lequel les dirigeants ont tenté de relancer la machine",  expliquait dans la nuit  le ministre de l'environnement, Jean-Louis Borloo. 

Déception cruelle pour nombre de négociateurs engagés dans le processus: le paragraphe stipulant la nécessité d'aboutir à un traité "légalement contraignant" d'ici la conférence climat de Mexico fin 2010, un temps envisagé, ne figure plus dans le document final. "C'est d'une tristesse incroyable à l'intérieur de cette salle", déplorait samedi le climatologue français Jean Jouzel au sortir de la réunion plénière. Et de souligner le contraste saisissant avec l'atmosphère prometteuse dans laquelle s'était conclue, il y a deux ans, la conférence de Bali qui avait lancé "la feuille de route" jusqu'à... Copenhague.

Hulot salue le travail de Sarkozy et Borloo

L'écologiste français Nicolas Hulot a jugé samedi que le résultat de la conférence de Copenhague était "affligeant et consternant". "C'est de l'improvisation, cela faisait deux ans qu'on travaillait pour arriver à ce résultat", a-t-il déclaré.  Nicolas Hulot a cependant jugé que, dans ce processus, la France avait été "digne et agressive". "La diplomatie française, avec (le président) Nicolas Sarkozy et (le ministre de l'Ecologie) Jean-Louis Borloo, a été en pointe. Ils ont fait leur boulot", a-t-il déclaré. "Quand ça ne va pas, il faut le dire mais quand ça va, il faut le dire aussi", a-t-il ajouté.

Par A.C. (avec agences) le 19 décembre 2009 à 07:45
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54 Commentaires

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  • frozengod, le 23/12/2009 à 13h15

    Oui, c'est sure que 12 ou 14 degrés le 23 decembre, c'est normal.....

  • sambrest, le 21/12/2009 à 13h42

    J'aimerais être éclairé sur certains points. certains d'entre vous mettent en doute le réchauffement climatique. c'est leur droit mais ça suscite quand même quelques interrogations. les glaciers et la banquise reculent partout dans le monde, images satellites à l'appui. dans l'Océan Arctique, certaines routes maritimes ne nécessitent plus le passage préalable d'un brise-glace. or, dites moi si je me trompe, la glace fond ENCORE avec l'élévation des températures, non? il existe des phénomènes physiques qui ne peuvent être contredits, ou alors le futur prix Nobel de physique revient de droit à certains d'entre vous. je crois donc que dire que la température sur notre planète n'augmente pas relève de la mauvaise foi pure et simple. quant à une éventuelle influence négligeable de l'Homme, c'est pareil, je pense que personne ne peut tenir sérieusement ce discours.

  • jipnb06, le 20/12/2009 à 18h50

    La petite sirène a accouché d'une... souris

  • fanboyz, le 20/12/2009 à 18h26

    Je comprend pas comment des citoyens moyens peuvent arriver et dire :"le réchauffement climatique j'y crois moyen" après que la grande majorité des représentants du peuple ai décider de mettre sur pied un réunion visa

  • nicko50160, le 19/12/2009 à 20h25

    Exact !!!

  • alain-paris, le 19/12/2009 à 19h45

    Bien la peine d'avoir déversé des dizaines de tonnes de CO2 dans l'atmosphère avec tous les voyages aériens des participants pour au final transformer l'air en conneries !

  • avis10, le 19/12/2009 à 18h44

    Je précise des exemples proches de votre exploitation. En quoi la notion d'éleveur vous donne plus d'infos à ce sujet.

  • kuldigas, le 19/12/2009 à 18h42

    Tu as raison. Mais, attention ! Le sujet de l'explosion démographique est un sujet TABOU !

  • avis10, le 19/12/2009 à 18h39

    @bibi3200 qu'est-ce qui justifie d'après vous que tous les ans le climat se réchauffe: des exemples des preuves merci.

  • bibi32000, le 19/12/2009 à 17h55

    Je suis éleveur deuis maintenant 27 ans, et je peux dire que le climat se réchauffe tous les ans... et quand a dire que le système industriel actuel est bon, il faut arrêter! Si la Chine et autres se développent aussi vite, c'est pour approvisionner les Pays soit-disant développés... Jusqu'à quand tout çà va durer??? Nous sommes dans le mur, et tout le monde persiste

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