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Le Premier ministre d'Alassane Ouattara, Guillaume Soro, s'est adressé solennellement aux Ivoiriens en les appelant au calme et en les invitant à rester chez eux. "Il ne peut y avoir de chasse à l'homme", a-t-il affirmé après l'arrestation de Laurent Gbagbo.
Laurent Gbagbo a été le président de la Côte d'Ivoire entre 2000 et 2011. Arrêté après avoir refusé d'admettre sa défaite à la présidentielle de 2010, il est accusé de crimes contre l'humanité lors du conflit qui a suivi le scrutin.
Lundi soir, les quatre médiateurs africains de la Cedeao ont quitté Abidjan sans faire état de progrès vers une solution à la crise. Alassane Ouattara, reconnu président par la communauté internationale, affirmait que les discussions étaient "terminées".
Quatre dirigeants africains représentant la Cedeao et l'Union africaine ont rencontré lundi à Abidjan Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, qui a sommé une nouvelle fois Gbagbo de "quitter le pouvoir". Washington est prêt à "envisager" l'accueil aux Etats-Unis de Gbagbo.
Les pro-Gbagbo ont suspendu dimanche leur projet d'investir l'hôtel où s'est retranché le président reconnu par la scène internationale, à la veille du retour à Abidjan des émissaires de la Cédeao, qui privilégie encore la voie du dialogue.
Le président sortant ivoirien a accusé samedi l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire d'avoir "tiré sur des civils", et a de nouveau exigé son départ du pays. Le camp pro-Ouattara, qui a posé vendredi un ultimatum à Gbagbo, juge le recours à la force inévitable.
Laurent Gbagbo ayant traité par le mépris l'ultimatum envoyé par le camp pro-Ouattara, qui l'enjoignait de quitter le pouvoir avant le 1er janvier, les partisans du président ivoirien élu réclament une intervention internationale pour chasser le président sortant.
Alassane Ouattara a donné à Laurent Gbagbo jusqu'à minuit ce vendredi pour quitter le pouvoir, promettant qu'"il n'aurait pas d'ennuis" s'il se retirait dans ce délai. La France a une nouvelle fois conseillé ce vendredi à ses ressortissants de quitter le pays.
L'attaque annoncée par les partisans de Gbagbo contre le quartier général de son rival à Abidjan, protégé par les troupes onusiennes, pourait "rallumer" la guerre civile en Côte d'Ivoire, a averti jeudi le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.
Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté par consensus jeudi à l'issue d'une session spéciale sur la Côte d'Ivoire une résolution dénonçant les "atrocités" commises après les élections de novembre.
Henri de Raincourt, le ministre de la Coopération, estime que l'appel du camp Ouattara à un usage de la force ne concerne pas Paris mais éventuellement les chefs d'Etat africains. Selon l'Onu, 173 personnes ont été tuées entre les 16 et 21 décembre.
Les proches du Premier ministre ivoirien dont l'avion a été visé par des tirs de roquettes restent discrets sur l'enquête. Les ratissages continuent.