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Jean-Claude Mas, le fondateur de la société PIP dont les prothèses mammaires sont mises en cause dans une affaire sanitaire, a été incarcéré mardi soir à Marseille pour ne pas avoir payé sa caution.
Après les prothèses PIP laissant fuir du silicone, des prothèses de hanche sont soupçonnées d'avoir pu libérer des particules de métaux lourds dans l'organisme de patients. Plusieurs centaines de milliers de personnes pourraient être concernées.
Alors que la mise sur pied de la logistique nécessaire pour assurer un grand nombre d'opérations de retrait de ces implants mammaires dangereux tarde encore, et que les problèmes financiers ne sont pas réglés, environ 900 porteuses de prothèses PIP ont choisi de se faire opérer sans attendre.
INTERVIEW - Depuis décembre, les porteuses d'implants mammaires PIP savent que le gouvernement "recommande" le retrait de ces prothèses. Où en est-on aujourd'hui de ce plan massif "d'explantations", censé s'achever dans l'année ? Il se heurte encore à des problèmes difficiles à résoudre.
Dans leur rapport remis au gouvernement, la Direction générale de la Santé et l'Agence des produits de santé recommandent un renforcement des exigences de mise sur le marché et de surveillance du marché des dispositifs médicaux.
Le fondateur de la société de prothèses mammaires PIP a été mis en examen pour "blessures involontaires". Mais certaines victimes ne comprennent pas pourquoi il a été laissé libre et sont en colère contre son absence de regret.
Arrêté jeudi, le fondateur de Poly Implant Prothèse (PIP), au centre d'un scandale d'implants mammaires frelatés, a été mis en examen pour "blessures involontaires" et laissé en liberté sous contrôle judiciaire contre le versement d'une caution de 100.000 euros.
INFO TF1 - Jean-Claude Mas, fondateur de la société de prothèses mammaires PIP, et Claude Couty, numéro 2 de l'entreprise, ont été interpellés jeudi matin dans le Var et placés en garde à vue. Il a été transferé dans la soirée au palais de justice pour être entendu.
Avec une maison-mère au Delaware, des prête-noms décédés au Luxembourg et des financements opaques, la face cachée de PIP ajoute au trouble de l'affaire des prothèses défectueuses.
Nicolas Sarkozy a promis "la transparence la plus totale" dans l'affaire des prothèses mammaires de la société française PIP, dans une interview au Généraliste, hebdomadaire qui s'adresse aux médecins, à paraître le 13 janvier.
L'affaire des prothèses mammaires défectueuses de l'entreprise française, qui concernerait 400.000 à 500.000 femmes dans le monde, est en passe de devenir un scandale planétaire. Plusieurs pays, en Europe, en Amérique latine et jusqu'en Australie, ont émis des recommandations.
Selon d'ex-membres de la société PIP entendus par les enquêteurs, l'entreprise était au courant du nombre anormal de ruptures de prothèses, et préférait indemniser les patientes. Un chirurgien marseillais affirme pour sa part avoir dû alerter l'Afssaps à plusieurs reprises avant d'être entendu.
Un processus de fabrication détaillé par oral, sans trace écrite, des produits cachés lors des contrôles : dans un procès verbal de novembre 2010 révélé par TF1, Jean-Claude Mas a détaillé devant les enquêteurs comment il avait pu commercialiser des implants mammaires emplis de gel industriel.
Au coeur de l'affaire des prothèses défectueuses, Jean-Claude Mas, le fondateur de la société PIP. Un homme "cynique", comme le montrent ses déclarations aux enquêteurs, qu'une journaliste de TF1 a pu consulter.
Il dénonce un "nombre impressionnant de contre-vérités" et redit n'être pas en fuite. Jean-Claude Mas a publié jeudi un communiqué pour dire qu'il réservait ses déclarations à la justice, qui l'a déjà entendu deux fois dans l'affaire des implants mammaires PIP.
Alors que le scandale des implants PIP prend de l'ampleur, le ministre de la Santé réclame une refonte des règles européennes en la matière, avec un régime d'autorisation de mise sur le marché, comme pour les médicaments.
Le président de Poly Implant Prothèse a été entendu ces derniers jours sur la composition des implants mammaires fabriqués par sa société, et qui présentent un taux de rupture anormalement élevé. "Les éléments nous laissent penser que ces gels étaient vraiment frelatés", souligne Xavier Bertrand.
RTL affirme que ces prothèses, potentiellement cancérogènes, contiennent un mélange de produits jamais testés cliniquement. L'avocat de PIP dément catégoriquement. Le plus important distributeur de produits chimiques au monde a admis avoir fourni du silicone industriel à PIP.
20 cas de cancers survenus chez des femmes porteuses de prothèses mammaires PIP ont été déclarés à l'Agence des produits de santé (Afssaps). Mais aucune imputabilité n'a été pour l'instant établie entre ces cas de cancer et le port des implants.
Jean-Claude Mas est la fondateur de la société d'implants mamaires PIP, qui a commercialisé un gel non conforme à la réglementation.