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Le laboratoire qui fabrique le Mediator, auquel on impute 500 à 2.000 morts, a été condamné à indemniser la famille d'une femme décédée après avoir pris de l'Isoméride, un autre de ses médicaments retiré depuis du marché, selon une association des victimes.
La praticienne à l'origine du retrait du Mediator revient, dans une interview accordée au mensuel "Bretons", sur les obstacles qu'elle a rencontrés lors de son enquête sur le médicament. Et elle dénonce : "parmi les responsables des autorités sanitaires, il y a des proches" du laboratoire Servier.
Des médecins de l'Assurance maladie de la région Bourgogne avaient alerté l'Agence du médicament dès mars 1998 du coût très élevé du Mediator pour la collectivité ainsi que de son "efficacité" et de sa "sécurité", révèle lundi le Figaro.
La Caisse nationale d'Assurance maladie (Cnam) "fera valoir ses droits" dans les procédures juridiques qui seraient intentées par des victimes du médicament contre les laboratoires Servier, indique samedi le directeur de la Caisse.
Tous les patients qui ont pris du Mediator bénéficieront d'une "prise en charge intégrale par l'assurance-maladie", a annoncé vendredi le ministre de la Santé Xavier Bertrand sur RTL, en les invitant à "consulter".
Ces chiffres sont avancés par l'Unocam, qui réunit les fédérations d'assurances et mutuelles complémentaires santé et ses experts, selon Aujourd'hui en France.
Les pouvoirs publics ont mis en place un numéro gratuit (numéro vert: 0 800 880 700) pour les personnes désireuses de s'informer sur les complications qui peuvent découler d'un traitement avec le Mediator, ou ses génériques.
Un rapport d'experts italiens, réalisé à la demande de l'Agence européenne du médicament, montre dès 1999, la similitude de toxicité entre l'Isoméride, un coupe-faim interdit en 1997, et le Mediator, vendu en France jusqu'en 2009.
L'Agence des produits de santé et le ministre de la Santé recommandent mardi aux personnes qui ont pris pendant plus de trois mois ce médicament pour diabétiques en surpoids de consulter leur médecin traitant.
Ce médicament proposé aux diabétiques en surpoids, utilisé aussi par des non-diabétiques en surpoids, et interdit depuis novembre 2009, aurait fait en 33 ans quelque 500 morts, selon l'Agence des produits de santé (Afssaps).
Les autorités sanitaires recommandent aux personnes, le plus souvent des femmes, ayant pris des coupe-faim comme l'Isoméride ou le Pondéral, avant leur interdiction, et qui auraient des signes d'essoufflement, des malaises à l'effort, d'aller consulter leur médecin.