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Alfred Sirven est décédé samedi à la suite d'un malaise cardiaque. Il avait 77 ans. Il fut l'un des principaux protagonistes de l'affaire Elf.
Après avoir reconnu mardi le financement de son divorce pharaonique par Elf, l'ancien patron du groupe pétrolier a fait pâle figure à l'énoncé de ses petites dépenses quotidiennes. Vente fictive de tapis, usage immodéré de la carte bleue professionnelle : l'argent coulait à flot.
Interrogé sur ses acquisitions, l'ancien patron d'Elf a reconnu "avoir eu tort" d'utiliser à des fins personnelles l'argent de la compagnie pétrolière détourné sur des comptes à l'étranger. Il affirme avoir eu "la folie des grandeurs". Il a notamment acheté pour près de dix millions de dollars un somptueux hôtel particulier à Paris.
Le tribunal correctionnel de Paris a tenté mardi de "débroussailler" le "maquis bancaire" des comptes de l'ancien numéro deux du groupe pétrolier.
L'ancien directeur des affaires générales du groupe Elf affirme qu'une grosse partie des sommes en liquide étaient destinées à des partis politiques français et des décideurs étrangers. Il reconnaît avoir, pour "une petite partie", bénéficié personnellement de l'argent versé sur ses comptes suisses.
En décortiquant le système opaque de commissions versées par Elf aux chefs d'Etats africains, le tribunal correctionnel de Paris est parvenu à ses premiers résultats.
L'ancien ministre a obtenu mercredi la relaxe dans le procès des abus de biens sociaux commis aux dépens d'Elf. Alfred Sirven, Loïk Le Floch-Prigent et Christine Deviers-Joncour écopent de peines de prison.
Au dernier jour du procès, la cour d'appel de Paris a rejeté la demande de remise en liberté de l'ancien directeur des affaires générales d'Elf. Le jugement a été mis en délibéré au 29 janvier 2003.
Affirmant à nouveau être totalement étranger au versement des deux commissions à Christine Deviers-Joncour, l'ancien patron d'Elf a été contredit par plusieurs de ces anciens directeurs, mercredi devant la cour d'appel de Paris.
Entre deux sanglots, l'ancienne maîtresse de Roland Dumas a affirmé mardi devant la cour d'appel de Paris qu'"un des magistrats instructeurs" avait fait pression sur elle pour "noircir" l'ancien ministre. "Il fallait que je le leur donne pour avoir la paix !", a-t-elle affirmé, tout en confirmant une nouvelle fois ses accusations contre M. Dumas.
Soutenant avec humour et habileté Roland Dumas et Christine Deviers-Joncour, l'ancien numéro deux des affaires générales du groupe Elf a perdu de sa superbe au moment d'aborder la question des faramineuses commissions versées à la "putain de la République".
En raison d'un long débat procédural, l'audition de l'ancien directeur des affaires générales d'Elf devant la cour d'appel de Paris a été reportée à mercredi.
L'ancien ministre, condamné en 2001 à 6 mois de prison ferme, comparaît en appel jusqu'au 25 novembre dans la partie de l'affaire Elf qui porte son nom. L'issue du procès dépendra de l'attitude de ses co-accusés, Loïk Le Floch-Prigent, Christine Deviers-Joncour et surtout Alfred Sirven.
Pendant deux ans, de 1991 à 1993, Alfred Sirven a organisé des rencontres entre le président François Mitterrand et Charles Pasqua. Ces révélations, faites par le journal "Le monde", éclairent un nouveau pan des activités de Sirven lorsqu'il était le tout-puissant numéro deux du groupe Elf.
La publication dans les médias de la liste des noms des 200 personnalités figurant dans le calepin d'Alfred Sirven agite les hautes sphères politiques.
L'homme clé de l'affaire Elf a fait une arrivée remarquée mercredi après-midi au tribunal correctionnel de Paris, dans le cadre du procès Dumas. Les magistrats ont ordonné son maintien en détention et renvoyé l'audience au 12 mars, date à laquelle il sera appelé à la barre pour répondre d'abus de biens sociaux.
Le procès Dumas, qui avait repris en début d'après-midi en présence d'Alfred Sirven, a été reporté au 12 mars. Après avoir passé une bonne partie de la nuit dernière au pôle financier de Paris pour se faire notifier ses mises en examen, l'homme-clé de l'affaire Elf avait été transféré dans sa cellule de la prison de la Santé.
Le transfert d'Alfred Sirven de Manille à Paris devait être une simple question d'heures. Mais la précipitation des autorités judiciaires françaises, et le respect tatillon de la règlementation européenne par l'Allemagne, auront transformé ce périple en nouvel imbroglio juridico-diplomatique...
D'après le parquet général de Francfort, Alfred Sirven devrait être extradé vers la France dès aujourd'hui. Il y a toutefois peu de chances pour qu'il soit présent ce lundi pour la reprise du procès Dumas. Une suspension des débats de plusieurs jours ou plusieurs semaines semble inévitable.
Qu'Alfred Sirven soit entendu dès lundi devant la 11ème chambre correctionnelle, ou que les audiences soient suspendues en attendant qu'il puisse s'exprimer, la réapparition de l'homme-clé de l'affaire Elf marque dans tous les cas un tournant dans le procès Dumas.