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DECRYPTAGE - Le 15 mars 2011, les premières manifestations contre Bachar al-Assad se déroulaient en Syrie. Un an après, alors que le pays est au bord de la guerre civile, aucune sortie de crise ne se profile réellement.
Le chef de l'organisation panarabe a demandé, mardi, que la lumière soit faite après "les images affreuses diffusées sur des crimes contre des civils innocents", perpétrés par le régime d'Assad. Ce dernier a annoncé la tenue de législatives en mai. Un scrutin que compte déjà boycotter l'opposition.
Le Conseil de sécurité était réuni à New York, lundi, pour une discussion consacrée au Printemps arabe qui s'est transformée en débat sur la situation en Syrie. Tour à tour, les chefs de la diplomatie française, américaine et britannique ont pris la parole pour convaincre leurs homologues russes et chinois de les rejoindre. Sans effet.
Le président syrien a présenté, mercredi, son projet de nouvelle Constitution pour le pays. Au menu: la fin de la primauté du Baas et l'élection du chef de l'Etat pour deux mandats consécutifs. Le texte devrait être soumis au référendum le 26 février et est déjà salué par Moscou. Le tout, à la veille d'une nouvelle réunion du Conseil de sécurité de l'Onu.
Réunis dimanche au Caire, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe ont examiné un projet de résolution concernant la Syrie. Le texte prévoit notamment la fin de la mission des observateurs arabes et préconise l'envoi de soldats de l'Onu sur le terrain. Des décisions que refus "catégoriquement" la Syrie qui parle de l'"hystérie" de certains pays arabes.
Médecins sans frontières, qui intervient dans les pays frontaliers de la Syrie auprès d'exilés, lance un cri d'alarme. "Les blessés sont arrêtés dans les hôpitaux, le personnel médical est mis sous pression, les soins sont entravés", affirme l'association.
Alors que le pouvoir syrien a bombardé sans relâche la ville rebelle de Homs faisant 50 morts, la Ligue arabe en appelle à l'ONU pour dépêcher une mission conjointe. Nicolas Sarkozy a demandé mercredi à Dmitri Medvedev son "plein soutien" au plan de la Ligue arabe.
Nicolas Sarkozy a demandé mercredi par téléphone au président russe Dmitri Medvedev son "plein soutien" au plan de la Ligue arabe afin de convaincre le numéro un syrien Bachar al-Assad de quitter le pouvoir, a rapporté l'Elysée.
Alors que Washington a fermé son ambassade lundi, Paris, Londres et d'autres pays européens rappelaient mardi leurs ambassadeurs pour les consulter. Le ministre russe des Affaires étrangères a rencontré Bachar al-Assad mardi. Il lui aurait affirmé la tenue d'un référundum sur une nouvelle Constitution.
"Des cultures politiques qui méritent des coups de pied au cul" selon Gérard Longuet, une "réaction indécente et hystérique de l'Occident" pour la Russie : les échanges verbaux deviennent de plus en plus acerbes après le rejet de la résolution contre Bachar al-Assad en raison des vetos russe et chinois.
Au lendemain du veto russe et chinois, synonyme de résolution bloquée, Hillary Clinton a annoncé dimanche que les Etats-Unis allaient travailler à renforcer les sanctions contre la Syrie. Des propos validées quelques heures plus tard par son homologue français Alain Juppé.
Pékin et Moscou ont opposé, samedi, leur veto au Conseil de sécurité de l'Onu à un projet de résolution visant à condamner la répression sanglante en Syrie. De son côté, Damas accuse l'opposition d'avoir pilonné Homs la veille afin d'influencer l'Onu.
L'opposition syrienne dénonce une offensive contre Homs, un des épicentres de la contestation : des bombardements auraient fait dans cette ville entre 200 et 260 morts. Le régime syrien nie, évoquant une action d'hommes armés contre des civils destinée à faire pression sur l'ONU.
Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a noté "pour la première fois", l'attitude "moins négative de la Russie" au cours de la réunion à New York du Conseil de sécurité sur les violences en Syrie.
Alors que la répression continue, Moscou s'oppose toujours à l'Onu à un texte demandant le départ du président syrien. Mais Alain Juppé estime que "son attitude est moins négative". Les discussions vont se poursuivre plusieurs jours au niveau des ambassadeurs.
L'armée et les forces de sécurité syriennes ont commis des meurtres, des actes de torture et des viols, rapporte lundi une commission d'enquête de l'ONU. L'UE va durcir son régime de mesures destinées à couper les sources de financement du régime syrien.
La France a avancé mercredi pour la première fois l'idée de "corridors humanitaires" en Syrie, soumise à ses partenaires européens et américains. Paris a également fait un pas supplémentaire vers la reconnaissance de l'opposition, considérée comme "l'interlocuteur légitime".
Dans un entretien au Sunday Times, le président syrien affirme que l'ultimatum de la Ligue arabe sommant le régime de cesser la répression a été lancé pour "fournir aux pays occidentaux un prétexte pour mener une intervention militaire contre la Syrie".
La Ligue arabe avait donné trois jours à la Syrie pour appliquer son plan de sortie de crise. L'ultimatum s'achève ; la répression se durcit. Des voix de plus en plus nombreuses - dont celle d'Hillary Clinton - évoquent un risque de guerre civile.
L'assaut contre la ville de Hama, qui a fait une centaine de morts dimanche, suscite de vives réactions de la communauté internationale. "Horrifiée" et "choquée", elle appelle à mettre la pression sur le président Assad.