
"Hostie", "ciboère" et "tabernacle" sont des jurons dans le langage courant au Québec. Mais pour l'Eglise catholique, ce sont des termes religieux. Le diocèse de Montréal a lancé une campagne de collecte de fonds originale, visant à rappeler le sens réel de mots désignant des objets religieux que les Québécois ont depuis des générations transformés en jurons. "Tabernacle : petite armoire fermant à clé, qui occupe le milieu de l'autel et contient le ciboire", proclament des affiches placardées dans le métro, des abribus et autres lieux publics, jusqu'à la cathédrale de Montréal. La campagne du diocèse explique aussi qu'un ciboire est un vase sacré où l'on conserve les hosties consacrées et que celles-ci sont des rondelles de pain azyme que le prêtre consacre pendant la communion.
"Hostie", "ciboère" et "tabernacle"
Ces mots, un peu déformés, sont passés dans le langage courant comme des jurons. Leur utilisation témoigne de la longue emprise de l'Eglise catholique au Québec, qui a beaucoup diminué ces dernières années. Mais les jurons sont restés.
Le quotidien anglophone de Montréal The Gazette souligne que ces mots font partie de l'héritage des Québécois et sont virtuellement incompréhensibles pour des étrangers, même francophones ou français. "Un vieux dicton assure que les gens expriment leur colère en profanant ce qu'ils craignent le plus. C'est pourquoi les francophones ont choisi la religion et les anglophones le sexe", note avec humour le journal dans un éditorial.
Plus sérieusement, The Gazette avance aussi une autre explication empruntée à la linguiste Monique Carmel, pour qui ces jurons exprimaient simplement la révolte à une époque où l'Eglise catholique était très puissante au Québec et avait aussi un pouvoir temporel.
Collecter des fonds et interpeller
L'initiative vise à collecter des fonds mais aussi à "interpeller les adultes qui ont oublié et les plus jeunes pour qui ces mots n'ont peut-être jamais eu de sens", indique le diocèse de Montréal sur son site Internet. "Le but est le financement des activités du diocèse, mais dans cette campagne annuelle, on essaie d'avoir des publicités qui conviennent bien à nos objectifs en matière d'éducation et de foi", explique Lucie Martineau, attachée de presse de l'archevêché, en espérant, sans trop y croire, que ces jurons seront moins utilisés...
Retour MYTF1





