La drôle de cavale des soeurs nonagénaires

Par L.B., le 20 juillet 2010 à 17h56 , mis à jour le 21 juillet 2010 à 08h38

Elles sont trois soeurs à avoir fait voeu de servir les autres toute leur vie et refuse le sort réservé par leur congrégation, à savoir leur placement en maison de retraite. Deux d'entre elles ont pris la "fuite".

Les retraites, un sujet hautement sensible de nos jours. Et cela, quelles que soient les sphères de la société. Pour trois sœurs de Roquebrune-Cap-Martin approchant les 90 ans, pas question de leur parler d'une telle mise au repos. Réforme - ou pas - du nombre d'années de cotisation ou de l'âge légal du départ à la retraite, ces religieuses auront remplis leur part du devoir. Mais quand la congrégation leur annonce leur déménagement forcé en maison de retraite, à Aubenas, deux d'entre elles prennent la poudre d'escampette, comme le rapporte Nice Matin.

À Roquebrune-Cap-Martin, des religieuses commentent cette "fuite" au quotidien niçois en souriant : « Elles ont pris le maquis ! On a peur que les infirmiers de la congrégation viennent les prendre manu militari pour les conduire à la maison de retraite de l'Ardèche. »

Un départ forcé digne d'une "opération commando"

Ces trois sœurs sont arrivés à l'institut de Saint-Joseph au milieu des années 1960 comme enseignantes catholiques, et font alors vœu de servir les autres toute leur vie. Malgré neuf décennies bien remplies, les religieuses se sentent toujours armées pour rester dans cette maison et recevoir notamment leurs anciens élèves. L'idée d'être privée de ces visites quotidiennes les aurait complètement démoralisées. Ce qui pourrait expliquer leur "fugue" bien qu'officiellement les sœurs de Saint-Joseph seraient allées prendre un repos mérité après tout le bruit provoqué par l'annonce de leur exil forcé.

Un exil qui inquiète d'ailleurs les proches des religieuses, notamment quant à la forme que pourrait prendre leur départ. Celui-ci semble de plus en plus précipité, une sorte "d'opération commando", selon les termes d'un proche relayé dans le quotidien. Des propos confirmés par le neveu d'une sœur à Nice Matin : « Au début, on leur a donné une date, le 19 août, puis ça a été le 5, et, enfin, depuis que les familles et les amis se sont mobilisés, on parle du 22 juillet. Nous avons vraiment peur que leur déménagement intervienne plus tôt et dans la précipitation. À 80 ans, on ne peut pas dire que c'est approprié. Ce serait les tuer, tout simplement. »

Par L.B. le 20 juillet 2010 à 17:56
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
  

5 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • nfilou, le 21/07/2010 à 14h41

    Quelle histoire !

  • khalhypso, le 21/07/2010 à 07h49

    Mettre ces soeurs en maison de retrait sans leur consentement c'est les "envoyer" à la dépression Eles sont en forme et déclineront loin de leurs habitudes De la peine pour elles !

  • golgot1973, le 21/07/2010 à 05h01

    La vie c est fantastique... !!!

  • croix70, le 21/07/2010 à 00h01

    Vous voyez ce qui arrive à ces religieuses, en retraite d'office et dans une maison de retraite qui les éloigne de leurs habitudes...! Voyez ce que vous faites,lorsque vous placez un de vos parents dans une maison de retraite...perte des repères, de l'environnement etc...

  • zouzozu, le 20/07/2010 à 19h38

    Touchant comme tout...

Lire tous les commentaires

      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience