Ils annulent le mariage de leur fils avec une loi du XIXe siècle

le 28 décembre 2010 à 23h02 , mis à jour le 28 décembre 2010 à 23h07

Un couple franco-chinois d'une trentaine d'années a vu son mariage annulé quelques jours avant la cérémonie en raison d'un article de loi de 1803 avancé par les parents du jeune homme.

Mariage mairie image prétexteImage d'archives. © LCI

Le code civil de Napoléon aurait peut-être besoin d'un dépoussiérage. En témoigne cette mésaventure vécue par un couple franco-chinois d'une trentaine d'années, qui a vu son mariage annulé quelques jours avant la cérémonie en raison d'un article de loi de 1803 avancé par les parents du jeune homme. A noter que le couple a toutefois obtenu gain de cause auprès du tribunal de Grenoble et qu'il devrait finalement pouvoir convoler en justes noces.
 
Agés de 27 et 25 ans, Man Sin Ma, Chinoise de Hong Kong, et Stéphane Sage, ont dû renoncer à leur mariage le 13 novembre à Meylan (Isère) après que les parents du jeune homme eurent signifié par voie d'huissier auprès du tribunal leur opposition à cette union. Un acte suffisamment rare pour étonner la magistrate en charge de l'affaire : "J'exerce ce métier depuis de nombreuses années, mais c'est la première fois que cet article est utilisé", a ainsi expliqué la vice-procureur en charge du parquet civil.
 
Pourtant, c'est légal : l'article 173 du code civil datant de l'époque napoléonienne stipule que "le père, la mère, et, à défaut de père et de mère, les aïeuls et aïeules peuvent former opposition au mariage de leurs enfants et descendants, même majeurs".

"Espionne chinoise"
 
"Lorsque nous avons eu la visite de l'huissier, nous avons halluciné. On s'est vite rendu compte que notre mariage, prévu cinq jours plus tard, était fichu", a raconté Stéphane Sage, qui a toutefois organisé une fête de fiançailles. Le couple, qui a saisi le tribunal de grande instance (TGI), vient d'obtenir un avis favorable pour la levée de cet obstacle judiciaire, "aucun motif objectif permettant de justifier cette décision n'ayant été relevé", a précisé le parquet.
 
Effectivement, les motifs invoqués laissent songeur : "Après avoir accusé 'Mandy' de se marier pour obtenir des papiers, ils l'accusent désormais d'être une espionne au service du gouvernement chinois", a affirmé Stéphane Sage qui a rencontré sa concubine en 2009 sur les bancs de la faculté à Grenoble. Les parents, qui n'ont pas désiré s'exprimer, disposent d'un mois pour faire appel.

le 28 décembre 2010 à 23:02
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23 Commentaires

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  • thierrymugler77, le 30/12/2010 à 17h29

    Wouououaaaaaahhhhh !!!!

  • depondy, le 29/12/2010 à 21h58

    En guise de motivations, n'était ce pas simplement une envie de se faire mousser, ou simplement du ZELE ?!...

  • bart44100, le 29/12/2010 à 20h42

    Ils faut que ces futurs mariés s'amusent : utiliser les "actes respectueux" (ou sommations respectueuses) qui datent de la même époque que l'article de loi en cause. Par huissier ou notaire, ils avisent les parents de leur désir de mariage ... par trois fois . Bonjour la tête des parents quand il vont découvrir régulièrement un huissier à leur porte ... leurs voisins vont s'amuser. Au dix-neuvième siècle, le code Napoléon fixa le principe suivant : pour se marier, les enfants devaient obtenir le consentement des parents s'ils n'avaient pas la majorité matrimoniale, c'est-à-dire, 25 ans pour les garçons et 21 ans pour les filles. S'ils avaient cette majorité, ils pouvaient se marier sans l'autorisation parentale, mais étaient toutefois tenus par la loi à demander conseil à leurs parents par des actes respectueux.Il s'agissait de passer devant notaire pour adresser une sommation rédigée en termes "respectueux". Trois actes étaient nécessaires. Si le refus persistait au bout du troisième acte, on pouvait quand même procéder au mariage. Les parents disposaient de moyens pour contrarier le projet, comme les diverses déchéances. Au total, cela nécessitait au moins six mois.Le but d'une telle procédure était d'éviter une union hâtive, dominée par une passion passagère et de donner ainsi le temps de réfléchir. Mais elle n'en demeurait pas moins une source de conflits familiaux, qui bien souvent exaspérait des haines de famille par les lenteurs et les scènes qu'elle provoquait. Au fil des ans, cette procédure s'adoucit, en 1896, on n'exigeait plus qu'un seul acte, puis la loi du 21 juin 1907 remplaça l'acte respectueux par une "notification de projet de mariage".Ce n'est que par la loi du 2 février 1933 qu'on supprima totalement l'accord parental. Depuis la loi du 5 juillet 1974, il suffit que l'époux et l'épouse aient chacun au moins dix huit ans. Je ne comprend même pas qu'un magistrat ait pu entériner l'utilisation de cet article abusif ... il y a effectivement du ménage à faire... d'autant que depuis 1933 , l'accord parental n'est légalement plus nécessaire. De facto, celà rend caduc de l'article de 1803. Je m'interroge sur les motivations de l'huissier qui a accepté de traiter une telle demande des parents ...

  • sweetshadow, le 29/12/2010 à 20h19

    "Former opposition" ne veut pas dire empêcher! Tout au plus retarder s'il n'y a pas de motif valable.

  • tustus341, le 29/12/2010 à 20h17

    En voilà une bonne nouvelle. on voit que les journalistes de l'afp sont en vacances et ont laissé les commandes à des stagiaires en mal d'infos!! s''il est exact que l'article 173 du code civil date de l'époque napoléonienne (loi promulguée le 27 mars 1803), cela ne signifie pas que tous les articles et les lois datant de cette époque soient mauvaises et à dépoussiérer. si cela était le cas, les parlementaires l'auraient abrogé via les lois de simplification du droit... de nombreuses lois datent du 19ème siècle (par exemple la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse qui contient des articles datant de cette année et qui sont toujours en vigueur) et sont toujours en vigueur. dans l'affaire présente il faut se pencher sur le cadre juridique applicable à cette disposition, sa raison d'être, son utilité et ses conséquences. l'article 173 du code civil est situé dans le chapitre 3 "des oppositions au mariage" du titre 5 "du mariage" du livre 4 "des personnes" du code civil. peuvent s'opposer à la célébration d'un mariage (et non à son annulation dans la mesure où le mariage n'a pas été célébré) les parents, à défaut les aïeuls, et à défaut des ascendants, le frère ou la s?ur, l'oncle ou la tante, le cousin ou la cousine germains, majeurs et dans les cas prévus à l'article 174 du code civil pour les collatéraux précités. ce n'est pas la première fois qu'une telle opposition s'est posée devant la justice puisque la cour de cassation s'est déjà prononcée dans une affaire où des parents d'une personne décédée s'étaient pourvus en cassation contre un arrêt d'une cour d'appel ayant ordonné la main levée de l'opposition au mariage posthume de leur fils (Cour de cassation, chambre civile 1, Audience publique du mardi 30 mars 1999, N° de pourvoi: 96-20989) et auparavant en 1993 (9 novembre de cette année, civile 1ere N° de pourvoi: 91-19310 - existence d'un précédent mariage dans un autre pays). il y a probablement eu d'autres jugements de première instance devenus définitifs... je rappellerai en plus que la publication des bans à la mairie a pour objectif de porter à la connaissance du public la tenue d'un futur mariage afin le cas échéant de s'y opposer. à toutes fins utiles je précise que la théorie générale des obligations (contrats) date également de 1804 : le consentement, la capacité, l'objet et la cause des contrats, et responsabilité civile délictuelle du fait personnel et du fait des choses sont toujours d'actualité et font l'objet à l'heure actuelle d'applications jurisprudentielles nombreuses!

  • gerli23, le 29/12/2010 à 19h04

    Snif, snif

  • janexx, le 29/12/2010 à 19h00

    Bonjour les futures relations belle-fille, belle-mère. Déjà, en temps normal ce n'est pas évident, mais alors là!!!!!!!!

  • jeanchris68, le 29/12/2010 à 18h22

    Sauf si l'opposition est correctement motivée. CF Article 176 du code civil.

  • lhom35, le 29/12/2010 à 17h12

    Allez , Trinquons en l'honneur des mariés : Chine! Chine!

  • lhom35, le 29/12/2010 à 17h11

    Hypocrite comme une fête de famille = pléonasme!

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