ARCHIVES

"Il grogne, il pète..." : le slogan qui va redorer le blason du porc breton

Laurent Deschamps par
le 09 juin 2011 à 22h46 , mis à jour le 10 juin 2011 à 00h42.
Temps de lecture
3min
eleveur breton

Campagne de communication des éleveurs de porc bretons. / Crédits : DR

InsoliteLes éleveurs de porcs bretons lancent le 13 juin une campagne de publicité visant à remédier à leur déficit d'image. Avec un slogan choc: "Il grogne, il pète, et pourtant grâce à lui vous mangez sain, sûr, bon et breton !".

Les éleveurs de porcs bretons ont décidé de frapper un grand coup. Réunis sous l'égide du Comité régional porcin (CRP) de Bretagne, ils lancent le 13 juin une campagne de publicité visant à remédier à leur déficit d'image. Avec un slogan choc: "Il grogne, il pète, et pourtant grâce à lui vous mangez sain, sûr, bon et breton !".
 
Un message, plutôt décalé, que l'on pourra bientôt retrouver sur des affiches dans 400 communes de Bretagne. Outre le slogan, on y voit un jeune éleveur à lunettes, un certain David, posant à côté d'un petit porcelet, genre "Babe" (du nom du célèbre héros de la série cinématographique éponyme). Evidemment, le but de la démarche est de faire sourire : selon le communiqué de presse, "la campagne s'inspire avec humour des idées reçues sur le cochon pour interpeller l'opinion publique et donner une image sympathique des éleveurs de porcs".  Mais, si la filière se lance dans une offensive sur le front de l'humour, c'est pour une raison autrement plus sérieuse: les éleveurs bretons sont en plein spleen et en ont assez d'être les mal-aimés de l'industrie agro-alimentaire. Le CRP pointe d'ailleurs dans son communiqué une tendance dans l'opinion publique qui dessert la filière : "Dans un contexte de défiance vis à vis de l'élevage de porcs, les éleveurs ont décidé de marquer les esprits en changeant de ton", explique-t-on.

Fibre écologique
 
Contacté, David Riou, celui qui incarne sur l'affiche l'éleveur breton "sympathique", et qui est lui-même éleveur de cochons dans le Finistère, donne plus de détails sur ce qui mine sa filière. "Cela fait plusieurs années que l'on est attaqués par les associations écologistes et que l'on passe pour des méchants", explique-t-il, avant d'ajouter : 'Les épandages de lisier, les nitrates dans l'eau, la crise des algues vertes : tous ces gros titres nous nuisent". "On a donc décidé de communiquer et d'inverser la tendance en montrant que nous ne sommes pas des pollueurs mais des professionnels qui savons respecter l'environnement." Car, outre leur humour potache, les éleveurs bretons possèdent la fibre écologiste, assure David Riou : "On a investi près d'un milliard d'euros pour la protection de l'environnement", assure-t-il.
 
Mais il y a aussi la question de la sécurité alimentaire qui pose problème. Si l'image de la filière porcine n'est pas directement concernée par les différentes crises qui sont survenues ces dernières années, elle les subit malgré tout: "Dès qu'il y a un problème dans une filière, comme récemment chez les maraîchers avec le cas du concombre espagnol et de la bactérie tueuse, ou chez les éleveurs bovins avec la vache folle, tout le monde est frappé de plein fouet", assure-t-il. Autre exemple : "Lorsque la grippe H1N1 a commencé à faire parler d'elle, on a d'abord montré du doigt le cochon mexicain. Ce fut un gros coup dur pour nous", raconte-t-il. D'où l'accent mis, dans le slogan de la campagne, sur le caractère "sain" et "sûr" du porc breton. Car, David Riou l'affirme, 95% de la production régionale est garantie sans farine animale, avec une traçabilité exemplaire assurée par des experts indépendants.
 
Reste à savoir si cette campagne va pouvoir "inverser la tendance", comme l'espèrent les membres du CRP. Car, malgré les efforts consentis pour protéger l'environnement, les algues vertes sont toujours là.

Commenter cet article

  • rogerpfaff : On parle de plus en plus de la démondialisation. Ca serait une très bonne chose car de toute façon il faudra bien un jour y arriver et revenir au commerce de proximité. L'arrêt de la production du pétrole obligera des centaines de milliers de bateaux à rester à quai. Plus vite nous consommerons français, plus vite notre déficit commercial cessera. Indépendamment du fait que ces élevages polluent et pour lesquels il faut trouver des solutions durables, je suis assez d'accord avec les éleveurs bretons. Mangez Français.

    Le 20/06/2011 à 12h40
  • angel-68 : Les animaux sont comme nous, ils veulent vivre!!!

    Le 16/06/2011 à 20h43
  • angel-68 : Il grogne, il pète, et comme nous, il veut vivre, pas finir dans vos assiettes!!!

    Le 16/06/2011 à 20h42
  • laukar92 : Oser la vulgarité ? Le monde marche sur la tête ! Ca ne s'arrange pas !

    Le 16/06/2011 à 15h16
  • bobotte71 : Toflomagen : il y a plein de chose qui pollue la France.

    Le 15/06/2011 à 14h30
      Nous suivre :

      Une tempête de sable balaye le Nord-ouest de la Chine

      logAudience