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Belgique

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Des milliers de personnes ont défilé le 18 novembre à Bruxelles pour défendre l'unité de la Belgique/TF1

Image d'archives / Crédits : TF1

En 2005, la Belgique fêtait 175 ans d'indépendance et 25 ans de fédéralisme. Mais ce fédéralisme, dit "centrifuge", semble une lente succession de crises institutionnelles entre Flamands et francophones. La dernière en date a valu à la Belgique le record en temps d'un pays privé de gouvernement.

1831 : l'Etat unitaire 

L'année 1830 marque le soulèvement victorieux des provinces belges contre leur rattachement, depuis 1815, au royaume des Pays-Bas.  Le nouvel Etat se dote d'une constitution et adopte un régime de "monarchie républicaine" : le roi peut influencer la composition des gouvernements mais ne gouverne pas et ne vote pas, sa fonction le place au-dessus des partis. Léopold 1er, premier roi des Belges, est élu, par le Congrès national, en 1831.

1840-1890 : Les Flamands s'organisent

Le français est la langue des élites, et la seule langue officielle.  A l'époque, la Wallonie, région pionnière de la révolution industrielle, est riche et puissante, alors que la Flandre est paysanne, plus pauvre et catholique. La supériorité économique s'accompagne d'un certain mépris culturel, d'autant que la bourgeoisie flamande, elle-même, est francophone. Le mouvement flamand naît dans les années 1840 et décroche de timides premières lois linguistiques dans les années 1870. En 1890, se tient le premier Congrès wallon qui est la réponse francophone à la montée du mouvement flamand. 

1930-1960 : La frontière linguistique
 
Dans les années 1930, des lois linguistiques consacre progressivement l'unilinguisme de la Flandre et de la Wallonie. Les questions royale et scolaire placent pour quelques années la question linguistique au second plan mais, au début des années 60, le Mouvement populaire wallon lance l'idée d'une forte autonomie de la partie francophone, confrontée à la crise de son industrie charbonnière, tandis que  le mouvement flamand demeure plus axé sur l'autonomie culturelle.

En 1962, une loi fixe le tracé des frontières linguistiques, délimitant quatre communautés : la région de langue française, la région de langue néerlandaise, la région de langue allemande et la région bilingue de Bruxelles-Capitale (français-néerlandais). L'Etat fédéral conserve la gestion de la justice, des affaires étrangères, de la défense et de la protection sociale. La fin des années soixante est marquée par la scission de l'Université catholique de Leuven (Louvain) et la migration forcée des étudiants francophones vers un nouveau site en Wallonie.

1970-1993 : vers un Etat fédéral

Dans les années 70, les partis politiques se sont scindés, ainsi que les ordres professionnels, dont la justice.  Les points communs aux Flamands et francophones deviennent plus rares, chaque communauté a ses propres médias. La disparition des partis politique fédéraux limite la responsabilité des élus à leur  communauté linguistique. Les Flamands réclament toujours plus d'autonomie, notamment en matière fiscale et sociale tandis que les Francophones redoutent une perte des transferts financiers fédéraux. Ainsi, les Flamands, démographiquement majoritaires, le sont aussi au gouvernement fédéral : le Premier ministre a toutes les chances d'être flamand.

En 1970, puis de 1980 à 1993, la Constitution est modifiée à plusieurs reprises, au prix de graves crises institutionnelles, pour reconnaître l'existence de :

1°/ trois Communautés :

  • Elles ont pour compétences la culture, l'enseignement, la santé, l'aide sociale, bref des matières liées à la personne
  • Il y a donc une Communauté flamande, une Communauté française (et non francophone...) et une germanophone

2°/ et de trois Régions

  • Elles ont pour compétences l'économie et des matières liées au territoire
  • Il y a donc une Région flamande, wallonne et bruxelloise dite de Bruxelles-Capitale

Depuis 2001 : un Flandre en quête d'homogénéité

La Région et la Communauté flamande recouvrent le même territoire, ce qui n'est pas le cas pour les autres composantes du royaume : la Wallonie englobe la population germanophone, Bruxelles est bilingue, les Francophones sont répartis sur les régions bruxelloises et wallonne. Une partie des Flamands cherche à parachever l'homogénéité culturelle et politique du territoire flamand. Ils sont freinés par plusieurs réalités :

  • Bruxelles, région autonome et majoritairement francophone, est enclavée dans le territoire flamand. Mais Bruxelles, capitale européenne et de l'Etat fédéral, est aussi la capitale politique de la Flandre. Bruxelles abrite une forte minorité de Flamands (10 à 15%) qui bénéficient d'une surreprésentation dans les institutions.
  •  Les communes à la périphérie de Bruxelles sont en territoire flamand mais abritent de nombreux francophones. Les francophones de ces communes dites "à facilités" peuvent utiliser leur langue dans leurs relations avec l'administration et dans l'enseignement.
  • Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV) : Cet arrondissement électoral et judiciaire à cheval sur deux régions, Bruxelles (bilingue) et la Flandre (monolingue) permet aux francophones de voter pour des listes francophones et d'être jugés en français.

2007 : la crise institutionnelle s'amplifie 

La dernière crise politique belge dure depuis les élections législatives du 10 juin 2007, remportées par les chrétiens-démocrates flamands (CD&V) alliés aux indépendantistes d'extrême-droite (NVA). Le démocrate-chrétien flamand, Yves Leterme, est nommé Premier ministre en raison de son excellent score aux élections. Il est chargé de mener la réforme de l'Etat mais, après de nombreux rebondissements, il est lâché à l'été 2008 par ses alliés du NVA et une partie de sa propre formation. Le roi le maintient toutefois à son poste mais l'encadre de "trois sages". Il finit par démissioner et être remplacé par Hermann Van Rompuy. Mais ce dernier est nommé au poste de président du Conseil européen fin 2008 et Yves Leterme retrouve son costume de Premier ministre.

2010 : un blocage record

Le 22 avril 2010, Yves Leterme présente une nouvelle fois la démission du gouvernement suite au conflit entre francophones et néerlandophones sur des questions linguistiques concernant l'arrondissement judiciaire et la circonscription électorale de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV). De nouvelles élections ont lieu le 13 juin 2010 marquées par une percée de la Nieuw-Vlaamse Alliantie, la NVA, le parti indépendantiste flamand présidé par Bart De Wever.

Tout le monde s'attend à un remake des négociations de 2007. On ne sera pas déçu : le 25 décembre 2010, les Belges ont vécu la plus longue crise de leur histoire avec 195 jours sans gouvernement. Le 8 janvier 2011, le record d'Europe est battu (208 jours sans gouvernement). Enfin, le 17 février 2011, le record du monde, avec 249 jours sans gouvernement.

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