En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
DOSSIER : Crise financière

Agences de notation

Suivre le flux rss
Flux RSS
Les agences de notation ont-elles trop de pouvoir ?

Elles font la pluie et le beau temps dans l'économie mondiale. Depuis mardi, elles sont sous le feu des critiques. Les agences de notation sont accusées d'aggraver la crise de la dette dans la zone euro. Décryptage. / Crédits : TF1/LCI

Elles attribuent des notes aux pays ou aux entreprises. Moody's, Standard & Poor's et Fitch sont les trois grandes agences de notation mondiales surnommées les "Big Three". Elles ont été créées au début du siècle dernier.

Qui sont-elles ?

Moody's, Standard & Poor's et Fitch sont les trois grandes agences de notation mondiales surnommées les "Big Three". Elles ont été créées au début du siècle dernier. La plus ancienne est Moody's, fondée en 1909 par John Moody, a eu le premier l'idée d'attribuer des lettres pour évaluer l'endettement des compagnies de chemins de fer, le secteur de loin le plus gourmand en capitaux à l'époque. Fitch Ratings, créé en 1913, est aujourd'hui contrôlée par l'homme d'affaires français Marc Ladreit de Lacharrière via sa holding Fimalac. Standard & Poor's voit le jour en 1941. Aujourd'hui, des centaines de petites agences existent dans l'ombre des "Big Three", mais sans mettre en danger leur domination (90% de parts de marché). Elles emploient à elles trois près de 18.000 personnes pour des chiffres d'affaires de 2,9 milliards de dollars (Standard & Poor's), 2 milliards (Moody's) et 820 millions (Fitch) en 2010.

Comment marchent les notations ?

L'attribution d'une note à un pays ou une entreprise est le fruit du travail d'au moins deux analystes, débattue en interne avec d'autres analystes expérimentés, mais basée en grande partie sur des informations publiques.


Sur quels critères les notes sont-elles attribuées ?

Qu'il s'agisse d'un pays ou d'une entreprise, chaque agence de notation lui assigne un "primary analyst", responsable d'évaluer en permanence sa solvabilité et donc les risques de non-remboursement de ses emprunts, en lui attribuant une note, qui s'échelonne de AAA+ (la meilleure) à D (en défaut). "Avec un collègue, celui-ci va rencontrer le management de l'émetteur de dette, à savoir son directeur financier, directeur général ou PDG et éventuellement d'autres cadres dans le cas d'une entreprise, et son ministre de l'Economie ou des Finances s'il s'agit d'un Etat", explique Norbert Gaillard, consultant pour la Banque mondiale et auteur de l'ouvrage "Les agences de notation" (La Découverte). "Aux Etats-Unis, l'interlocuteur priviligié des agences de notation est ainsi le numéro deux du Trésor, John Bellows". "Dans les petits pays d'Afrique ou d'Amérique latine par exemple, il pourra aussi rencontrer le chef du gouvernement ou de l'Etat".

S'ensuivent, en général, 3 à 4 jours de réunions, avec également "le directeur de la banque centrale, divers hauts fonctionnaires qui vont partager avec eux des statistiques récentes et leurs projections", selon M. Gaillard. "C'est assez court comparé aux missions du Fonds monétaire international (FMI) pour rédiger ses rapports annuels, qui durent deux à trois semaines", juge-t-il. Les deux analystes vont ensuite rédiger un rapport, et émettre une recommandation (confirmer, relever, abaisser la note, mettre l'entreprise ou l'Etat sous surveillance, modifier sa perspective). Ce rapport est présenté à un comité de notation, composé en moyenne de six à sept analystes expérimentés, qui débattront avant de voter sur ses conclusions.

Les entreprises et pays notés ont-ils leur mot à dire ?

Le pays ou l'entreprise sont ensuite immédiatement informés de la décision, en général douze heures seulement avant sa publication. Ils peuvent formuler des objections, voire faire appel, "mais l'agence peut très bien les ignorer", selon M. Gaillard.

A quelle fréquence les notes sont-elles réévaluées ?  

La note est révisée au moins une fois par an, mais aussi à chaque fois que l'agence le jugera nécessaire, en cas d'événement politique, social ou économique majeur, ou d'une acquisition par exemple pour le secteur privé. A cette occasion, l'analyste n'a pas toujours l'occasion de rencontrer longuement ses interlocuteurs, et se contente parfois d'un échange téléphonique. "Je ne considère pas que les agences disposent d'informations inédites, inconnues du reste de la communauté financière", estime M. Gaillard. "Les analystes de Fitch (...) sont en majorité recrutés dans les départements de crédit de banques, assureurs, fonds d'investissements ou départements financiers de grands groupes", précise cette agence dans un rapport.

Qui paie ?

La plupart des Etats et entreprises rémunèrent les agences pour qu'elles notent leurs dettes. Sans cette évaluation, en principe jugée crédible et impartiale, nombre d'investisseurs refuseraient d'acheter leurs obligations.

La notation des finances publiques, d'un Etat ou d'une collectivité locale, ne représente qu'environ 15% des revenus des agences, qui tirent l'essentiel de leur chiffre d'affaires des entreprises privées. La plupart des Etats acceptent de rémunérer Moody's, Fitch Ratings ou Standard and Poor's. "Ca peut aller de quelques dizaines de milliers d'euros ou dollars par an à plusieurs centaines de milliers", selon M. Gaillard. Ces sommes, qui dépassent largement les 100.000 euros dans le privé, sont notamment calculées en fonction du montant de la dette. Aujourd'hui, 115 pays sont notés.

 

Plus d'actualités de Agences de notation

Nous suivre :
A la Fashion Week, il y avait aussi des mannequins de moins d'1m30

A la Fashion Week, il y avait aussi des mannequins de moins d'1m30

A lire aussi

logAudience