TF1 News : Vous rapportez, dans votre livre Albert et Charlene, mariage princier à Monaco, la déclaration du prince Rainier à la presse, en 1955, un an avant son mariage avec l'actrice américaine Grace Kelly : "Je ne me marierai que par amour". Peut-on dire que le souverain a fait un mariage d'amour, créant ainsi pour ses enfants une sorte de précédent à suivre leur inclinaison personnelle dans leurs choix amoureux?
Alain Perceval, journaliste : Mariage d'amour ou pas, seuls les intéressés pouvaient le dire. Toujours est-il que, même si la raison est intervenue dans le choix du prince Rainier, pratiquement, c'était la première fois qu'on voyait un souverain régnant épouser une artiste de cinéma, une femme magnifique dont on comprend aisément qu'il ait été attiré par elle. C'est le premier conte de fée du XX siècle. Ce faisant, le prince Rainier a institué une ligne de conduite que ses enfants se sont sentis libres de suivre, par la suite. Les princesses Caroline et Stéphanie ont choisi leurs compagnons sans se créer de contraintes, en suivant la voie tracée par leur père.
| Albert II a attendu de rencontrer celle qu'il jugerait vouloir épouser." |
TF1 News : Le prince Albert II, en tant que (futur) souverain, n'était-il pas soumis à des obligations ne s'appliquant pas à ses sœurs?
A. P. : Non, sinon il aurait épousé une jeune femme d'une famille noble. On l'a vu également, en compagnie de plusieurs femmes. S'il avait subi des contraintes, il n'aurait pas attendu si longtemps, avant de sacrifier à la raison d'état. Arrivé à la quarantaine, il aurait pu se dire qu'il fallait assurer sa descendance pour sa succession au trône. Au contraire, il a attendu de rencontrer celle qu'il jugerait vouloir épouser.
TF1 News : Peut-on interpréter, autant que faire se peut, cette attente comme le fait que Charlene Wittstock et le prince Albert II vont faire un mariage d'amour, en juillet?
A. P. : S'il ne s'agissait pas d'une histoire d'amour, leur relation n'aurait pas duré aussi longtemps. Le prince Albert aurait pu rester célibataire et adopter un des ses neveux, par exemple, comme cela fut évoqué un temps. Le couple est investi dans une relation réfléchie, à long terme.
TF1 News : Vous le racontez dans votre livre, le prince Albert a rencontré Charlene Wittstock, originaire d'Afrique du Sud, lors d'une compétition sportive à Monaco, en 2000 et a noué une relation amoureuse avec elle, en 2001, lors de l'édition suivante de cette manifestation. Or, leur relation n'a été connue qu'en 2006. Que s'est-il passé, pendant ces cinq années?
A. P. : Le couple a vécu une relation distante. Elle a poursuivi sa carrière de nageuse de compétition. Il remplissait les obligations inhérentes à son rôle en principauté. Il s'est rendu de temps en temps, en toute discrétion, en Afrique du Sud. On ne sait pas si elle est venue à Monaco mais je ne crois pas, sinon cela se serait su. Leur relation amoureuse s'est donc maintenue mais pas d'une manière extrêmement serrée et constante. C'est d'ailleurs étonnant qu'ils aient réussi à préserver le secret sur leur histoire, comme ils l'ont fait.
TF1 News : La découverte des liens d'Albert II de Monaco avec Charlene Wittstock date de la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques d'hiver, le 10 février 2006, à Turin, où ils ont été photographiés, très complices, dans les gradins (voir notre diaporama). C'était voulu, cette manière de se montrer en public?
A. P. : Oui. Il ne s'agit, ni d'un hasard, ni de photos volées mais bien d'un calcul. Les Grimaldi savent très bien gérer leur image et si Albert II se laisse photographier avec Charlène, la tête sur son épaule, c'est une façon d'officialiser leur relation. Il a dû considérer que Charlene Wittstock était la femme qu'il voulait épouser et cette apparition publique était une manière de le montrer. Je suis convaincu que s'ils n'avaient pas déjà en tête le mariage, ils ne se seraient pas affichés de manière aussi évidente.
| Avec Charlene, les médias ont bien compris qu'il se passait quelque chose de différent." |
TF1 News : La presse ne s'y est pas trompée, en se lançant dans de longues spéculations sur d'éventuelles fiançailles...
A. P. : Les médias ont bien compris qu'il se passait, là, quelque chose de différent. Auparavant, sauf pour les manifestations protocolaires de Monaco, les clichés d'Albert II au bras d'une femme étaient souvent des photos volées. Avec ces clichés calculés, la presse s'est intéressée de près à cette relation non dissimulée. D'où les rumeurs de mariage avec cette jeune femme que, mis à part les spécialistes du sport, personne ne connaissait.
TF1 News : Le palais princier et les deux intéressés ont-ils commenté ces rumeurs?
A. P. : Il n'y a jamais eu de démenti à proprement parler. Mais plutôt des commentaires du style "Charlene Wittstock est l'invitée du prince, à l'occasion de tel événement", etc. Interrogé par les journalistes, le prince glissait simplement, sourire en coin, quelque chose comme "c'est une amie". J'ai l'impression qu'il s'amusait bien avec les journalistes, qu'il jouait un peu au chat et à la souris avec eux. En fait, le couple ne voulait pas trop officialiser sa relation, pour qu'on ne lui casse pas les pieds avec des questions sur le mariage. Albert II et Charlene Wittstock voulaient profiter de leur histoire en paix.
TF1 News : Mais de là à annoncer ses fiançailles en juin 2010... C'est un peu long, non?
A. P. : Pas tant que cela, quand on considère le long apprentissage que devait faire Charlene Wittstock. Elle devait se préparer à son rôle, aux côtés de son futur époux. Tout d'abord, elle ne parlait pas un mot de français. Elle a suivi des cours dans un institut spécialisé en immersion, sur la Côte d'Azur. Ensuite, elle ne connaissait rien au grand monde et au protocole, même si le palais monégasque est relativement décontracté, par rapport aux autres cours d'Europe. Elle avait l'habitude des tenues décontractées de sportive. Elle a appris à porter des vêtements plus chics. Elle est protestante et a dû se convertir au catholicisme, religion d'état à Monaco. Son intégration dans la principauté s'est faite de manière progressive.
TF1 News : Albert II n'a-t-il pas voulu également s'accorder du temps, afin de s'assurer que sa promise saurait résister à la pression à laquelle les médias la soumettraient?
A. P. : Cela fait aussi partie de son apprentissage. Auparavant, les journalistes avec lesquels elle avait affaire étaient des commentateurs sportifs. Cela se passait dans une ambiance décontractée et bon enfant, surtout en Afrique du Sud. Il a fallu qu'elle apprenne à ne plus commettre le moindre faux pas, bref, des tas de choses horriblement contraignantes. Elle a l'air de s'en sortir très bien. C'est une jeune femme calme qui a traversé tout cela de manière relativement impassible, certainement aidée par la maïtrise de soi que lui confère sa formation sportive.
| Charlene s'est montrée digne d'être 'présentée' à Grace Kelly." |
TF1 News : Son apparition saluée par la presse, notamment pour son élégance, lors de l'exposition dédiée à Grace Kelly, à Londres, en avril 2010, témoigne-t-elle des fruits de son apprentissage?
A. P. : Tenir compagnie au prince Albert, lors d'un hommage à sa mère, n'est pas anodin. D'autant plus que la presse ne cesse de comparer Charlene Wittstock à Grace Kelly. On peut dire qu'à cette occasion, elle a franchi un palier, dans le sens où elle s'est montrée digne d'être 'présentée' à sa mère. Ce fut une espèce de consécration pour la jeune femme.
TF1 News : Elle était maintenant prête à être présentée, en bonne et due forme, au gotha monarchique, lors du mariage de Victoria de Suède, le 19 juin 2010, et cela trois jours avant l'annonce de ses fiançailles. Une coïncidence?
A. P. : On n'assiste pas à un mariage princier, devant des centaines de photographes, sans avoir prémédité une annonce de fiançailles. La presse s'y attendait mais ne savait pas quand elle surviendrait. Ce fut une surprise qu'elle arrive aussi vite.
TF1 News : Preuve peut-être que le couple, malgré la rigidité du protocole, peut encore adopter des attitudes inattendues?
A. P. : Il suffit de voir certaines photos d'eux en train de danser lors d'un concert de rock, en mimant un jeu de guitare, pour comprendre qu'ils savent s'amuser, comme tout un chacun. Ils essaient de préserver des aspects normaux de leur existence.
TF1 News : Comme un couple normal?
A. P. : Presque comme un couple normal. Presque.
Albert et Charlene, mariage princier à Monaco
Alain Perceval et Stéphane Loisy
Editions Didier Carpentier
240 pages
19,50 euros






![[Expiré] Charlene Wittstock Albert II de Monaco](http://s.tf1.fr/mmdia/i/49/8/expire-charlene-wittstock-albert-ii-de-monaco-10488498nwjgj_2036.jpg?v=2)












