En à peine deux mois, l'Europe des têtes couronnées aura vu deux mariages très glamour. Fin avril, il s'agissait de celui du prince William, deuxième héritier direct de la Couronne britannique après son père Charles. Et maintenant, celui ce week-end du prince Albert de Monaco. Les deux événements possèdent évidemment la même connotation mondaine et «people», avec un net avantage néanmoins pour le prince William en termes de retentissement médiatique. En revanche, en termes de poids politique et international, Albert II domine son cadet.
Tout d'abord, car Albert II est déjà aux affaires, contrairement à William. Résultat : alors qu'aucun chef d'Etat étranger de renom n'était présent à Londres le 29 avril, plusieurs leaders seront à Monaco samedi pour le mariage religieux. Bien sûr Nicolas Sarkozy en vertu des liens qui unissent la France et Monaco.
Selon le communiqué officiel du Rocher, ont également été invités «l'ensemble des chefs d'Etat des pays dans lesquels son altesse sérénissime le prince Albert II s'est rendu en visite officielle depuis son avènement en 2005, ainsi que les chefs d'Etat des pays liés sa famille (Etats-Unis, Irlande et Afrique du Sud)». Concrètement, la présidente de la République d'Irlande Mary McAleese, le président allemand Christian Wulff seront par exemple présents, tout comme le président la Commission européenne José Manuel Barroso. En revanche, Barack Obama sera absent, tout comme Jabob Zuma, le président sud-africain (l'Afrique du Sud est le pays d'origine de Charlene Wittstock), excusé pour cause de sommet de l'Union africaine.
Etat souverain
Ensuite, car le dirigeant monégasque dirige réellement les affaires de la Principauté, contrairement au souverain britannique -pour l'instant Elizabeth II, la grand-mère de William- dont les pouvoirs sont limités et surtout honorifiques. Depuis 2005, le traité qui unissait la France et Monaco, via une sorte de protectorat de Paris sur la Principauté, n'existe plus. Seule «une communauté de destins» unit encore les deux pays. Le prince choisit ainsi librement son chef de gouvernement et en dehors du ministre de l'Intérieur, les fonctionnaires ne sont plus obligatoirement français.
Résultat : depuis son accession au trône en 2005 après la mort de son père Rainier, Albert II est le chef d'un Etat-souverain, certes minuscule -1,974 km²-, mais très riche. Avec plus 197.590 dollars (138.000 euros) de revenus annuels par habitant (environ 31.000) selon les chiffres de la Banque Mondiale, le RNB (Revenu national brut) de Monaco est tout simplement le plus élevé au monde !



















