Les Etats-Unis ne sont pas prêts de connaître le nom de leur nouveau président, au grand désespoir de Katherine Harris, secrétaire d'Etat républicaine de Floride, qui avait auto-décidé que, recompte manuel des voix ou pas, elle annoncerait le vainqueur des élections en Floride -et donc le vainqueur tout court- ce samedi. Mais la veille au soir, la Cour suprême de Floride, saisie en appel par les avocats d'Al Gore, a donné raison aux démocrates en déniant à Katherine Harris le droit d'annoncer les résultats définitifs de l'élection présidentielle, samedi, et en autorisant la poursuite des votes manuels dans certains comptés contestés.
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Ces derniers jours, empêcher le recompte
manuel des
voix dans certains comtés de Floride a été la principale préoccupation des Républicains. Attendre la fin de ces recomptages à la main pour prononcer les résultats définitifs, la préoccupation des Démocrates. Ces bulletins contestés restent en effet une menace pour le candidat
Bush. En tout, 1.700.000 bulletins de
votes, invalidés par les machines, et examinés scrupuleusement.
Bush dénonce des fraudes dans le recomptage manuel
Si Bush a pu se rasséréner, samedi après-midi, en apprenant que les résultats du dépouillement des votes d'expatriés lui accordaient une avance de 930 voix sur son rival, il n'en reste pas moins que son avance pourrait être mise en échec par ces fameux bulletins incertains de Palm Beach, Broward et Miami-Dade. Le républicain le sait mieux que quiconque. Et il va continuer à faire tout ce qui est en son pouvoir pour éviter ce recomptage. Aussitôt dit aussitôt fait, à peine le résultat des votes par correspondance connu, son camp a dénoncé des fraudes multiples lors des décomptes manuels en Floride.
 Le décompte continue - |
"Nous avons des preuves manifestes et évidentes de la part de témoins que le décompte
manuel est fondamentalement truqué et qu'il ne s'agit plus d'un décompte mais d'une distorsion, d'une réinvention et d'un mauvais compte des véritables intentions des électeurs de Floride", a affirmé la porte-parole de
Bush, Karen Hughes. Mme Hughes a par ailleurs déploré le fait que certains bulletins envoyés par les expatriés, dont beaucoup de militaires, ont été récusés parce que la date du cachet de la poste était trop tardive ou pour une absence de signatures de témoins. "Quelqu'un qui aspire à être commandant en chef de l'armée ne peut refuser de manière non équitable les
votes des hommes et des femmes qu'il cherche à commander", a-t-elle dit à l'adresse du camp du candidat démocrate Al Gore. L'ancien commandant des forces américaines pendant la Guerre du Golfe, le général Norman Schwarzkopf, s'étaient plaint auparavant que des soldats, "en raison de procédures hors de leur contrôle, s'étaient vu privés de leur droit de voter pour le président des Etats-Unis, qui sera leur commandant en chef".
Il faudra attendre lundi pour en savoir un peu plus. Une audience aura alors lieu devant la Cour suprême réunie en séance plénière, pour entendre les arguments des parties. Dans l'intervalle, soulignent les hauts magistrats, il est nécessaire de "maintenir le statu quo".