© INTERNESelon un premier sondage sorti des urnes, le chef de l'opposition de gauche en Roumanie, Ion Iliescu, et le candidat de l'extrême droite, Corneliu Vadim Tudor, s'affronteront au second tour de l'élection présidentielle le 10 décembre prochain. Ainsi selon les premières estimations, M. Iliescu obtiendrait 36,1% des suffrages tandis que M. Vadim Tudor 27,5% au premier tour. Un résultat sans surprise, onze ans après la chute du régime de Ceausescu.
![]() Nicolae Ceausescu - AFP |
En effet, les derniers sondages, publiés jeudi dernier, donnaient le Parti de la démocratie sociale largement en tête du premier tour du scrutin présidentiel et de l'unique tour législatif, avec 40% des voix. Venaient ensuite les 19% des partisans de M. Tudor, dont le programme est d'une apocalyptique simplicité : "diriger le pays à la mitraillette", "liquider" 180 personnalités publiques qualifiés de "traîtres", régler le problème des juifs "source de tous les maux" et des "espions" hongrois, parquer les Tziganes dans "des ghettos", "exécutions en masse sur les stades de tous les escrocs qui ont appauvri le pays", "confiscation des biens obtenus par des moyens frauduleux" et instauration "de l'état d'urgence pour imposer le respect des lois".
Les autres candidats n'ont pas suffisamment mobilisés d'électeurs pour inquiéter ces deux locomotives politiques, aux profils radicalement opposés, mais tout aussi contestés.
Le favori joue les vieux sages
Car si à l'effroyable silhouette de Tudor, ami de Slobodan Milosevic et de Jean-Marie Le Pen, la classe politique roumaine peut fort bien opposer le simple bon sens, il n'en va pas de même pour Ion Iliescu. Cet homme calme et malin de 70 ans est considéré par ses détracteurs comme un communiste rigide, alors qu'il n'a de cesse d'affirmer qu'il est un fervent défenseur de la social-démocratie. Bien qu'il ait présidé la Roumanie de 1990 à 1996 après la chute de Ceausescu, ce petit homme aux yeux noirs n'en a pas moins été secrétaire du Comité central responsable de l'idéologie et de la jeunesse en 1971, avant de devenir le Ministre de la jeunesse d'un Conducator en plein délire.
![]() Ion Illiescu - AFP |
Il reste qu'avec un ancien serviteur de la dictature à la présidence et près d'un quart de députés hystériques, la Roumanie va sans doute ternir son image, déjà passablement écornée par une pauvreté et une corruption endémiques.
Photo : Robert Ghement (AFP)
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