Russie : alerte aux missiles fous

Par Ludovic BLECHER , le 17 novembre 2000 à 00h00

Menace réelle ou simple mise en garde, le chef des unités de missiles stratégiques russes considère que la durée de vie de nombreux missiles étant dépassée, ceux-ci pourraient provoquer des catastrophes technologiques d’ici deux à quatre ans.

Russie : alerte aux missiles fous © INTERNE

Lundi dernier, Vladimir Poutine a proposé à Bill Clinton une réduction des arsenaux stratégiques russes et américains à moins de 1.500 ogives chacun. Le patron du Kremlin a même été plus loin en indiquant être "prêts à les réduire encore davantage". Une mesure désintéressée dictée par les velléité pacifiste de l'ex empire soviétique ? Certainement pas. Car si la Russie n'a plus tout à fait les moyens d'entretenir son "stock" de missiles nucléaires, le pays est encore moins en mesure de renouveler des bombes à retardement qui menacent de leur "exploser à la figure" tant elles deviennent obsolètes.

Le général Vladimir Iakovlev, chef des unités de missiles stratégiques, ne mâche pas ses mots et ça fait peur : "C'est aujourd'hui un problème majeur pour le ministère de la Défense et les forces stratégiques (…) Cette situation va conduire à des accidents et des catastrophes". Alarmiste ou réaliste, il date même ce qui pourrait fortement ressembler à un scénario catastrophe, d'ici deux à quatre ans. Après l'épisode du Koursk, l'état de délabrement des forces russes n'étonne plus personne et la menace n'en n'est que plus inquiétante.

Avant tout mouvement de panique, les propos du général doivent cependant être resitués dans un contexte qui permet de relativiser le danger. Un débat sur l'avenir des missiles stratégiques, que le Kremlin n'a pas encore tranché, oppose en effet les deux plus hauts responsables militaires de la Fédération : le chef de l'état-major, le général Anatoli Kvachnine et le ministre de la Défense, le maréchal Igor Sergueïev. Entre ces deux hommes - le premier est partisan d'une réduction drastique des armements, le second y est fermement opposé - une guerre des mots destinée à remporter une bataille médiatique l'emporte souvent sur une évaluation objective d'une situation, que personne, en occident, est véritablement en mesure d'apprécier.

Photo d'ouverture : archive (AFP)

Par Ludovic BLECHER le 17 novembre 2000 à 00:00
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