Le scandale des embryons perdus

Par , le 14 novembre 2000 à 00h00

Au Royaume-Uni, des embryons ont été malencontreusement détruits, perdus ou implantés chez des patientes, selon une étude réalisée dans 118 hôpitaux britanniques et révélée par le Sunday Times.

Le scandale des embryons perdus © INTERNE


Une manipulation
de cellules. -
Elles voulaient un bébé. Les services de procréation artificielle leur ont permis d’en avoir. Hélas ce n’est pas vraiment le leur. En cause : un mauvais étiquetage sur les éprouvettes contenant les embryons congelés. Une erreur, c’est la seule explication donnée pour l’instant à aux patientes qui ont mis (ou failli mettre) au monde le bébé d’une autre. D’autres femmes ne seront pas mère : les embryons sur lesquels reposaient tous leurs espoirs de grossesse ont été perdus ou tout simplement détruits. Une erreur, encore.

Les données de ce scandale révélé par le Sunday Times sont contenues dans une étude réalisée par l‘Autorité d’embryologie et de fertilisation humaine (HFEA), une instance chargée du contrôle des naissances des "bébés-éprouvettes" au Royaume-Uni. En septembre dernier déjà, un hôpital du Berkshire était épinglé pour avoir perdu toutes traces des embryons d'une quarantaine de patientes. Les mères soignées dans cet établissement s’étaient vu proposer des tests génétiques afin de déterminer si leur enfant était bel et bien le leur.

"Erreur d'étiquetage"

Après quelques semaines d’enquête, la HFEA a établi une liste des erreurs et fautes commises dans les hôpitaux. Elle a notamment révélé que des pannes d’instruments de conservation avaient entraîné la perte d’un nombre inconnu d’embryons. Elle a surtout relevé de nombreuses imprécisions dans les bases de données aussi importantes que les noms des patients, la couleur de peau du donneur de sperme ou de la future mère.


Une cellule. -
Selon un ancien inspecteur de la HFEA, un embryon sur mille n’aurait pas été implanté chez sa vraie mère. D’après cette estimation, une trentaine d’enfants au Royaume-Uni seraient élevés par une autre femme que leur mère génétique. Pour ce responsable, rien de tout cela ne serait arrivé si les hôpitaux avaient acquis de bons systèmes de contrôle. Une simple question d’argent, selon lui.

Les établissements concernés sont parvenus jusqu’à présent à contenir le scandale et à éviter les affaires en justice. Ainsi, Deborah Gray, qui avait avorté après avoir appris qu’elle ne portait pas son propre enfant, a finalement accepté un règlement à l’amiable avec ses médecins. Diana Finlay, elle aussi, a choisi d’abandonner toutes poursuites contre 20 000 francs. Après avoir subi trois interventions infructueuses, cette femme a perdu son dernier embryon suite à une erreur d’étiquetage. "Un accident exceptionnel", a commenté l’hôpital. Marquée psychologiquement, Diana Finlay a renoncé à donner le jour à un enfant.

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Par David Straus le 14 novembre 2000 à 00:00
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