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Les autorités chinoises conciliantes

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le 29 décembre 2000 à 00h00 , mis à jour le 09 janvier 2001 à 04h32.
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Les autorités chinoises conciliantes

Crédits : INTERNE

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MondeCinq personnes par victime de l’incendie qui a fait 309 morts en Chine ont été admises à assister aux funérailles; par ailleurs les enquêteurs ont mis en cause la responsabilité des propriétaires du centre commercial.

Les autorités chinoises ont finalement cédé aux familles des 309 victimes qui ont péri dans une discothèque du centre de la Chine, acceptant que cinq personnes par défunt puissent assister aux funérailles.

Les proches des victimes avaient manifesté jeudi dans le centre de Luoyang, pour dénoncer la décision des autorités de limiter à un seul parent l'accès au crématorium municipal où 120 corps ont déjà été brûlés, tandis que 270 ont pour le moment été identifiés à partir de photographies.

Le maire adjoint a souhaité que tous les corps soient incinérés au plus tard dimanche afin d'éviter un début de décomposition. Il a expliqué que la ville n'avait jamais été confrontée à une telle situation d'urgence et que le crématorium n'était pas suffisamment grand pour accueillir tous les proches souhaitant assister aux funérailles. Par manque de place, certains corps étaient entreposés à même le sol à l'extérieur du crématorium.

Les propriétaires responsables

Les enquêteurs ont imputé la responsabilité de l’incendie aux propriétaires taiwanais du centre commercial qui abritait la discothèque où sont mortes les victimes. Les directeurs du supermarché Dennis et du grand magasin Dongdu doivent assumer l'entière responsabilité du désastre".

estime Yang Zhijie, policier expert dans la lutte contre les incendies. Ces directeurs, qui avaient condamné les sorties de secours possibles avec des barrières en fer, "n'ont jamais eu une pensée pour la sécurité des gens", a ajouté Yang. Toutes les issues du centre commercial étaient bloquées. Le seul accès à la discothèque se faisait par un vieil ascenseur. Les escaliers étaient fermés à chaque étage par des grilles en fer afin de séparer les différentes entreprises installées dans le centre commercial.

Dans une circulaire, le gouvernement central a ordonné la fermeture immédiate des discothèques non conformes aux normes de sécurité, ainsi que des inspections des dispositifs anti-incendie dans les commerces, hôtels, hôpitaux et écoles du pays.

Une série de négligences

Des travaux de soudure "illégaux" sont à l'origine de la catastrophe. Des étincelles provoquées par les travaux de soudure ont mis le feu à des meubles et à des matériaux textiles entreposés au premier sous-sol du supermarché situé dans le même bâtiment que la boîte de nuit.

Quatre soudeurs employés à des travaux de rénovation du supermarché qui devait ouvrir ses portes cette semaine ont tenté en vain d'éteindre les flammes avec de l'eau, puis ont quitté les lieux sans donner l'alerte. La fumée, se propageant dans la cage d'escalier, a asphyxié les nombreux jeunes qui se sont retrouvés pris au piège dans la discothèque située au quatrième étage du bâtiment.

Le rapport d'enquête de la police a établi que les quatre ouvriers, dépourvus de permis de travail, étaient employés illégalement par un investisseur taiwanais du nom de Dennis. Arrêtés mercredi, ils avaient reconnu les faits. Huit autres personnes "qui se trouvaient sur place et ont porté de faux témoignages" ont été arrêtées ainsi que quatre responsables du bâtiment et du supermarché. Mais ce qui apparaît surtout est l'insuffisance des équipements anti-incendies, inadaptés d'après une commission d'enquête passée la semaine dernière, et le blocage des issues de secours par des cartons de marchandise. Une série de négligences sur fond de corruption.

Les proches des victimes ont été rendus furieux par les révélations selon lesquelles ce bâtiment faisait partie d'une liste des 40 édifices les plus dangereux de la province de Henan, établie il y a trois ans. Aucune mesure n'avait suivi cet avertissement. Les propriétaires de l'immeuble avaient été avertis à plusieurs reprises des insuffisances du système anti-incendie. La discothèque privée était illégale, sa licence lui ayant été retirée.

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