Le cimetière des droits de la femme

Par Propos recueillis par Marie FOUCART , le 20 décembre 2000 à 00h00

Vous avez certainement déjà entendu parlé de la situation des femmes en Afghanistan ; mais concrètement, que se passe-t-il, quel est le quotidien des Afghanes ? Quelques explications, avec Odile Sidem-Poulain, de la FIDH, et Chantal Véron, de l’association NEGAR.

Le cimetière des droits de la femme © INTERNE
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"Le monde a fermé les yeux sur les femmes afghanes" déclarait Yamina Benguigui à Plurielles, en septembre dernier. La communauté internationale sait-elle seulement sur quoi elle a fermé les yeux ? Bien sûr, les hommes subissent aussi les restrictions imposées par les Talibans. Mais pour les femmes (et pour les enfants), la liste des interdictions est longue. Ainsi, elles n’ont pas le droit :

De travailler
D’étudier
D’aller à l’hôpital
De parler avec des inconnus (même à des commerçants)
De regarder par la fenêtre de leur maison
De laisser voir leurs mains, de porter une jupe au-dessus des chevilles, de mettre des robes trop jolies ou des vêtements occidentaux
De sortir sans un homme de leur famille
De sortir sans tchadri (un voile intégral)
De mettre un tchadri neuf (autant dire qu’elles sont réduites au bout d’un certain temps à l’état de mendiantes)
De se maquiller
D’avoir une télévision, un magnétoscope
D’écouter de la musique, de jouer de la musique ou de posséder des instruments
D’aller au cinéma, de sculpter, de prendre des photos, de dessiner
D’avoir des oiseaux en cage
De faire du sport, etc.

La quatrième dimension, pensez-vous ? Vous avez tort, il s’agit bien du quotidien de centaines de milliers de femmes. Les Talibans affichent une volonté farouche de les soumettre, voire de les exterminer, comme de vulgaires mauvaises herbes. Lentement mais sûrement, à l’usure. Les Afghanes se font battre dans la rue, elles sont fouettées en public et accusées de tous les maux. Malgré ces souffrances, elles continuent de survivre.

Deux cents cinquante femmes se sont regroupées en juin 2000 à Douchanbé (Tadjikistan) pour établir la charte des droits fondamentaux des femmes afghanes. Ce manifeste exige que les droits des femmes soient enfin reconnus et respectés. Vous pouvez la signer sur le Web.

Par Propos recueillis par Marie FOUCART le 20 décembre 2000 à 00:00
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