© INTERNELe gouvernement travailliste avait créé la surprise en août dernier en annonçant vouloir autoriser les scientifiques à tenter de cloner des embryons humains afin d'utiliser leurs cellules comme "pièces de rechange" pour traiter des maladies incurables (Alzheimer, Parkinson, Huntington...). Pour valider définitivement cette autorisation, un nouveau vote du Parlement était toutefois nécessaire. C’est désormais chose faite. Les Lords ont approuvé, hier, en fin de journée, par 366 voix contre 174 la proposition du gouvernement de Tony Blair.
Promouvoir la recherche en thérapie cellulaire
"Le clonage reproductif est illégal et il le restera dans le cadre de cette loi", a déclaré la sous-secrétaire d'Etat à la Santé Yvette Cooper, en ouvrant le débat. "Le but de ce texte est de promouvoir la recherche en thérapie cellulaire, qui offre un potentiel énorme pour soulager les souffrances de centaines de milliers de personnes dans ce pays".
![]() Embryons congelés - |
Il y a les contre…
Mais ce nouveau texte a rencontré une vive opposition de la part des associations opposées à l'avortement, pour qui l'embryon est déjà une personne et ne peut être traité comme "une usine à médicaments". Le pape Jean Paul II a jugé une telle mesure "moralement inacceptable". De simples citoyens ont aussi exprimé leur inquiétude face aux dérives possibles des techniques de thérapie cellulaire vers le clonage reproductif. Techniquement, peu de choses séparent le clonage à visée thérapeutique --destiné à soigner des maladies incurables-- du clonage reproductif, qui permettrait de fabriquer la copie conforme d'un être humain. Le député conservateur Edward Leigh a choqué le Parlement, vendredi dernier, en comparant l'utilisation d'embryons à des "meurtres d'innocents" et en déclarant que seuls "les nazis considéraient certains humains comme des sous-humains". Conscient du caractère très personnel et intime du débat, le gouvernement avait prévu un vote libre des députés, qui ont ainsi pu approuver ou rejeter son texte quelle que soit leur appartenance politique.
… et les pour
Ses défenseurs ont souligné les "énormes possibilités de guérison" que ce secteur de recherches recelait pour les malades atteints de maladies comme le diabète ou la maladie de Parkinson. Une députée travailliste stérile et atteinte de sclérose en plaques a ému le Parlement en expliquant qu'actuellement les deux embryons qu'elle avait fait congeler ne pouvaient pas être utilisés pour la soigner... mais pouvaient l'être pour l'aider à avoir un enfant. "Or la chose qui m'angoisse le plus, c'est ma sclérose en plaques", a déclaré Fiona MacTaggart, jugeant qu'il serait "arrogant et injuste" de refuser aux malades ce type de recherches. Les scientifiques, à l'instar du Professeur Ian Wilmut, le "père" de la brebis clonée Dolly, ont également défendu le projet de loi. La British Medical Association (BMA), l'instance professionnelle représentant les médecins britanniques, a même écrit à chaque parlementaire pour les appeler à approuver ce texte. Les retombées économiques de cette nouvelle loi sont potentiellement considérables.
Retour MYTF1

Chargement en cours...




