Encore une fois, le Shass fait sa loi

Par Léonard VINCENT , le 18 décembre 2000 à 00h00

Le parti des ultra religieux du Shass a décidé de voter contre la dissolution de la Knesset et la tenue d’élections anticipées, rendant ainsi théoriquement impossible la candidature de Benjamin Netanyahu au poste de Premier ministre. Mais d’autres recours pourraient être trouvés par le Likoud, pour se placer en position favorable pour détrôner les travaillistes d’Ehud Barak.

Encore une fois, le Shass fait sa loi © INTERNE


Barak annonçant sa
démission - DR
Ils sont 17 députés à siéger à la Knesset. Ils avaient comme un seul homme quitté le gouvernement d'Ehud Barak cet été, laissant la fragile coalition au pouvoir sans majorité au parlement. Ils avaient trahi leur promesse, quelques temps plus tard, de voter Shimon Peres pour la présidence d'Israël et avaient ainsi porté un homme du Likoud à la tête de l'Etat. Pesant une fois de plus d'un poids décisif dans la vie politique israélienne, le parti ultra orthodoxe Shass a décidé lundi que ses représentants à la Knesset voteraient contre la dissolution du parlement et la tenue d'élections anticipées.

Si cette "consigne" du "Conseil des Sages de la Torah" était suivie, le Shass empêcherait en théorie à l'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, à en croire les sondages, d'accéder à la tête d'un gouvernement, si la droite l'emportait au prochain scrutin. Le parti religieux dispose de suffisamment de voix pour que la gauche ou la droite obtienne une majorité à la Knesset. N'étant pas député, Benjamin Netanyahu ne peut prétendre, si le parlement n'était pas dissout, au poste de président du Conseil, dont Ehud Barak a démissionné le 10 décembre. Sauf si la loi électorale était modifiée, rendant possible l'élection d'un non-député au poste de Premier ministre.

Mic-mac autour d'une loi ad-hoc

La Knesset a toutefois voté, dans l'après-midi, en première lecture, une proposition en ce sens, d'ores et déjà surnommée "loi Netanyahu". Elle avait déjà été adoptée jeudi dernier en lecture préliminaire. Mais M. Netanyahu a réaffirmé lundi qu'il refuserait d'être candidat dans ces conditions et qu'il ne le serait qu'en cas de dissolution de la Knesset. Ces propos, qu'il avait déjà tenu jeudi dernier, avaient déjà été interprétés comme un véritable ultimatum au Shass, dont l'opposition à une dissolution du parlement est de notoriété publique, ce parti craignant de perdre une bonne partie de ses députés.


Benjamin Netanyahu - DR

"J'espere que Netanyahu présentera sa candidature et qu'il l'emportera. La balle est dans son camp, a néanmoins déclaré le chef politique du Shass, Eli Yishaï. Sinon, Ariel Sharon sera candidat et nous espérons qu'il l'emportera", a-t-il ajouté dans une référence à l'actuel leader du Likoud, dont M. Netanyahu s'efforce de prendre la place. Mais le groupe parlementaire du Likoud, fidèle aux consignes de "Bibi", a décidé lundi après-midi de voter contre ce texte pourtant taillé sur mesure pour lui.
 
Le groupe parlementaire du parti travailliste de M. Barak a, au contraire, décidé de voter pour cette "loi Netanyahu", et même d'imposer la discipline de vote à ses députés. Le texte ayant été voté en première lecture, deux autres votes sont prévus dans la soirée avant qu'elle puisse devenir loi. Et, à 22 heures locales, c'est l'auto-dissolution de la Knesset qui sera mise au voix. Si elle n'était pas votée, Benjamin Netanyahu a averti lundi qu'il ne serait plus candidat à rien, ni au poste de Premier ministre, ni à celui de chef du Likoud.
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Par Léonard VINCENT le 18 décembre 2000 à 00:00
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