© INTERNELe 8 novembre, au matin, l’Amérique se réveille avec la gueule de bois. Les médias, s’appuyant sur leurs prévisions ont annoncé en pleine nuit la victoire du candidat démocrate Al Gore dans l’Etat de Floride, le déclarant de fait comme le successeur légitime de Clinton. Mais quelques instants plus tard, les journalistes se ravisent et déclarent finalement G. W. Bush vainqueur des 25 Grands électeurs décisifs de l’Etat de Floride. Au réveil, les présentateurs télé sont à nouveau dans l’embarras : les Etats-Unis n'ont en réalité pas de Président. L’écart de voix qui sépare les deux rivaux est trop faible. La loi électorale de Floride prévoit, dans le cas de figure exceptionnel où moins de O,5% des voix sépare les candidats, un recompte automatique des bulletins. Du coup, le vice-Président qui venait, en bon perdant, de féliciter par téléphone le nouveau locataire de la Maison Blanche, le rappelle aussitôt pour lui dire que la bataille est loin d’être terminée.
Dès lors débute un feuilleton judiciaire, long de cinq semaines, dont les rebondissements multiples dépasseront de loin l’imagination pourtant juteuse des meilleurs scénaristes de thrillers hollywoodiens.
![]() Un recompteur fatigué - |
Dès lors, l’épilogue semble proche. Mais c’est sans compter sur la détermination des démocrates qui saisissent aussitôt la Cour suprême de Floride. Cette dernière, composée très majoritairement de démocrates, donne _ logiquement là encore _ aux comtés jusqu’au 26 novembre pour transmettre leur résultats. Harris doit donc attendre. Mais, non content, Bush passe à la vitesse supérieure en saisissant la Cour suprême des Etats-Unis. Celle-ci ne doit pas se réunir avant le 1er décembre. Du coup, le 26 au soir, Katherine Harris déclare Bush vainqueur par 537 voix d’avance sur Al Gore.
De recours en appels, les décisions de justice en faveur de Bush ou de Gore vont dès lors se succéder avec une alternance difficilement supportable pour qui veut tenter de comprendre ce qui se passe dans cet Etat. Le lundi 27 novembre, Al Gore conteste devant les tribunaux les résultats de l’élection et réclame un nouveau décompte.
![]() Un autre recompteur - |
Mais rien n’y fait : le vendredi 8 décembre, soit quatre jours plus tard, la Cour suprême de Floride donne raison à Gore en cassant la décision du juge Sanders et ordonne le comptage manuel des quelques 45 000 bulletins non pris en compte par les machines. Une décision qui ne prendra effet que quelques heures. En effet, le lendemain, la Cour suprême des Etats-Unis accepte de se saisir d’un nouveau recours déposé par Bush Junior. En attendant d’auditionner le lundi suivant (11 décembre) les avocats des deux camps, elle suspend les décomptes manuels. Dans le même temps, le congrès de Floride adopte une disposition visant à élire elle-même ses Grands Electeurs. Le 13 décembre, à 4 heures du matin (heure française), les neufs magistrats de Washington refusent de nouveaux décomptes. Le combat est terminé. Il y a un vainqueur : Bush. Et un perdant : Gore. Pour la quatrième fois dans l'histoire du pays, le candidat élu président a remporté moins de voix (300.000) que son rival malheureux. Mais Bush a remporté les grands électeurs de Floride, qui sont désormais tous désignés : le processus de désignation du Président des Etats-Unis peut reprendre son cours normal.
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