© INTERNELa Commission européenne a demandé vendredi à l'Allemagne de ne plus exporter ses saucisses et ses autres produits issus de la viande présentant des risques de contamination de la maladie de la vache folle. David Byrne, commissaire européen pour la Santé et la Protection des consommateurs s'est félicité de la décision du gouvernement allemand d'appeler les fabricants de saucisses à retirer des rayons certains de leurs produits susceptibles de contenir de la viande de bovins malades de la vache folle.
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Embargo autrichien
Le 24 novembre, jour de la découverte du premier cas de vache folle dans le cheptel allemand, avait brisé nette l'illusion en Allemagne où l'on se croyait à l'abri de l'épidémie. Ces derniers jours, deux cas supplémentaires ont été décelés. Ce matin encore, deux nouvelles bêtes malades de l'ESB ont été découvertes. Des découvertes qui ont définitivement contraint le pays à se rendre à l'évidence : l’Allemagne n’est pas épargnée. Par ailleurs, alimentant la psychose naissante, l'Autriche vient de décider d'interdire toute importation de boeuf allemand. L'Autriche dispose de plus de 500 km de frontières communes avec la Bavière. Or quatre des cinq cas de vaches folles allemandes ont été détectés au sud de la Bavière.
Le chancelier Gerhard Schroeder avait reconnu, mardi, avoir commis des erreurs dans la prévention contre l'ESB tandis que le secrétaire d'Etat à la Santé, Erwin Jordan, a déclaré craindre que la maladie de la vache folle ne prenne en Allemagne des dimensions semblables à la crise qui sévit en France. Un instant saisie, l'Allemagne politique réagit au quart de tour. Dès le 2 décembre, les farines carnées étaient interdites dans l'alimentation de tous les animaux de ferme. La Bavière bouleversée a annoncé un programme d'urgence de 11,25 millions d'euros.
Distinguer les " bonnes " et les " mauvaises " saucisses
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"Le mystère saucisse", titre le quotidien Berliner Zeitung paru mercredi, en dévoilant les ingrédients dans les moindres détails : cartilages, nez, yeux et boyaux d'animaux. Il déconseille aussi de se fier au seul nom des saucisses, souvent trompeur, comme les "saucisses de porc" ou "de dinde" qui contre toute attente peuvent contenir du boeuf.
"Personnellement je n'achèterai plus de saucisse"
La prudence est aussi le maître mot de la ministre de la Santé Andrea Fischer qui a confié : "Personnellement je n'achèterai plus de saucisse". Mercredi soir, elle a d'ailleurs décidé de retirer de la vente un certain de type de saucisses, fabriquées à partir de chair en contact avec l'os, si celle-ci a été prélevée sur les animaux avant le 1er octobre. Elle avait auparavant exclu une interdiction des saucisses et pâtés en Allemagne, faisant ainsi la sourde oreille à la demande émise lundi par le commissaire européen à la Santé et à la Protection des consommateurs, David Byrne. Selon de nouvelles enquêtes, il n'est pas exclu que de la chair prélevée près de la colonne vertébrale contienne des éléments à risque, comme la moelle, a indiqué mercredi soir le ministère. L'utilisation des éléments à risque tels la cervelle ou la moelle est interdite depuis le 1er octobre 2000 dans l'Union européenne. Mais les experts affirment qu'ils peuvent être présents dans des produits ayant été fabriqués avant la date de l'interdiction, les saucisses en boîte ou le pâté de foie de boeuf par exemple.
Gerhard Schroeder n'a pour sa part pas encore révélé s'il avait l'intention de rayer la saucisse de son régime. Mais les spéculations vont bon train: "C'est encore bon, chancelier?", interroge en Une mercredi le quotidien populaire Bild Zeitung avec en guise d'illustration une photo du chancelier mordant dans une saucisse.
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