© INTERNE![]() Ouvriers travaillant dans la centrale - DR |
Une retransmission télévisée pour un bouton d'arrêt
Le nom de Serguï Bachtovy entre donc aujourd’hui dans l’histoire de l’Ukraine comme celui de l’homme qui aura mis fin au cauchemar dans lequel le pays se débattait depuis plus de 14 ans. Manifestement nerveux, l’ingénieur n’a pu retenir un tremblement au moment de tourner la manette arrêtant le dernier réacteur de Tchernobyl, seul dans la salle de contrôle avec trois collègues et le directeur de la centrale. Dans la salle de conférence de la centrale, près de 300 employés de Tchernobyl s'étaient réunis autour d'un téléviseur pour assister à sa fermeture. Quand Serguï Bachtovy a tourné la manette AZ-5, pour arrêter le réacteur, les employés se sont levés. Très hostiles à la décision de fermer Tchernobyl, ils ne cachaient pas leur émotion. "C'est comme si j'avais enterré quelqu'un", a lâché une employée entre deux sanglots.
![]() Une des victimes de la catastrophe de 1986 - DR |
La facture est élevée pour maintenir la sécurité
Mais, si le monstre est désormais bien mort, il ne va pas pour autant cesser de se faire craindre. Le sarcophage de béton couvrant le réacteur sinistré se dégrade rapidement. Jeté en hâte sur l'incendie, il n'a pour l'instant pu n'être que renforcé de-ci de-là. La facture d'une nouvelle couverture sera réglée par les Etats-Unis, pour un total estimé de 78 millions de dollars. Les Américains verseront en outre 2 millions de dollars de bonus pour renforcer la sécurité des autres sites nucléaires de cette ancienne province soviétique. Manière de rassurer leurs partenaires européens.
Il y a plus. Les Ukrainiens insistent pour que deux réacteurs de compensation soient construits, en remplacement de Tchernobyl. Facture pour le G7 : 1,5 milliards de dollars. Quelque 800 millions de dollars supplémentaires du G7 devraient compléter le paquet financier des pays les plus industrialisés. C'était sans doute le prix à payer pour que Koutchma accepte d'en finir avec cette sinistre épopée, malgré les réticences des Européens à financer le secteur nucléaire ukrainien, si vulnérable et si mal maîtrisé. Les sueurs froides de la centrale de Rivne n'ont pourtant pas fait reculer les bailleurs de fonds, qui de deux maux disent, aujourd'hui, avoir choisi le moindre.
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