© INTERNE![]() Le centre de détention - DR |
Deux actes d'accusation en un
L'acte d'accusation du procureur Graham Blewitt, consultable en anglais sur le site du TPI, décrit pourtant, avec ce langage judiciaire si particulier, les atrocités qui se sont déroulées sous l'autorité des Serbes de Radovan Karadzic, qui commandait depuis l'ancienne station de ski de Pale, transformé en quartier général. A l'époque où Biljana Plavsic secondait avec zèle et autorité le psychiatre et poète, toujours en cavale, les villes où entraient les bosno-serbes étaient inscrites dans l'histoire, avec des noms lugubres : Bijeljina, Bosanski Samac, Brcko, Foca, Prijedor, Visegrad, Vlasenica, Zvornik…
![]() Carla Del Ponte - DR |
Seule femme dans le centre de détention
En guise de déclaration finale, l'avocat du "Cobra" a tenu à soulever une objection, "qui (lui) semble d'une certaine importance, bien que ce ne soit pas le lieu d'en parler". Le centre de détention de l'ONU, à Scheveningen, station balnéaire bétonnée en banlieue de La Haye, a en effet été conçu pour accueillir "des détenus mâles", a indiqué Me Simic. "Or, même si des conditions spéciales étaient aménagées pour Mme Plavsic, cette mise à l'isolement ressemblerait à une punition". Le juge a indiqué que cette question était du ressort du président du TPI, le français Claude Jorda. Et ce à quoi Carla del Ponte a rétorqué que des propositions allaient être faites dans les semaines à venir par son bureau, permettant à Biljana Plavsic de bénéficier de conditions de détention acceptables.
Enfin les juges silencieux, vêtus de leur robe rouge, se sont retirés, annonçant le renvoi des audiences préliminaires à une date ultérieure. Biljana Plavsic a regagné, sans prononcer publiquement d'autres mots, sa cellule, au lendemain de sa reddition spectaculaire à la justice de l'ONU.
Rencontrant des journalistes à la sortie de l'audience, Me Simic a annoncé qu'il allait demander "très bientôt" sa libération conditionnelle, en accord avec le Premier ministre serbe bosnique sortant, Milorad Dodik. "Le gouvernement serbe bosniaque est prêt à fournir des garanties pour être responsable si elle s'échappe, a-t-il expliqué, ce qui me paraît très improbable si l'on considère que Mme Plavsic s'est livrée volontairement".
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