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Comme si la dictature était une partie de jambe en l'air. Comme si cette métaphore X n'était pas votre seule clef pour interpréter les intentions du prince pour qui "la seule soupape de sécurité, c'est la Sécurité". Comme si le langage impudique n'était pas votre seul secours lorsque tout périclite autour de vous. Un pays au plus bas depuis treize ans de règne sans partage.
En tout cas, quand Ben Ali, dans son discours du 28 juillet 2000, à l'ouverture de l'université d'été du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), son parti, a annoncé le démarrage d'une nouvelle politique où la société civile sera vissée, donc écrasée, baillonnée et où on ne compte ni opposition, ni presse indépendante, ni parti, ni ordre d'avocats bien sûr ; personne n'osait y croire. "Pratiquement, ce serait un couvre-feu. Il n'a pas les moyens de l'appliquer. Il court à sa perte", estime Sami Souihli, un membre influent de RAID (Attac-tunisie), une association qui attend depuis plus d'une année, en vain, d'être légalisée.
"Je suis pris en chasse par des hordes innombrables de voyous déguisés en policiers. Je n'ai rien vu de pareil dans ma carrière de gibier de potence." Moncef Marzouki |
Ben Ali ne badine plus. Il est déchaîné. Il est comme ce pitbull qui croyait avoir, en face, un rotweiller alors que ce n'était qu'un petit caniche.
Que dit, alors, la rumeur qui gronde à Tunis ? Que le président Ben Ali s'est réveillé, une nuit d'été, en hurlant et en se mordant les doigts : "Comment ai-je pu croire qu'ils peuvent me déstabiliser alors que j'ai tout en main : 13.000 policiers, un million de mouchards et deux millions de membres du RCD ? Il n'y a que les enfants et les vieillards qui ne gravitent pas autour de moi." Et, comme sous l'emprise d'une révélation, il se dit : "Je suis intouchable !"
Il faut croire que Ben Ali est devenu complètement immunisé contre les rapports des organisations internationales, les campagnes de la presse internationale, les résolutions du Parlement européen. Finalement, que risque-t-il ? Un embargo ? Un bombardement ? Comme tous les tyranneaux, il sait que les sanctions internationales affectent bien plus les populations que le dictateur visé, lequel se met le plus souvent à l'abri des besoins quotidiens.
Chaque mardi, tf1.fr et Reporters sans frontières s'associent pour vous faire entendre l'une des voix les plus singulières de la Tunisie militante.
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