© INTERNE![]() Radovan Karadzic - DR |
Les charges retenues contre "Le Cobra" sont classiques, s'agissant d'une personne qui a été numéro 2 des bosno-serbes de Karadzic : "génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité". "Madame Plavsic fait l'objet d'un acte d'accusation tenu secret et s'est rendue ce matin au TPI", a annoncé mercredi matin un porte-parole du TPI lors d'une conférence de presse en présence du procureur Carla del Ponte. Laquelle a aussitôt appelé Radovan Karadzic, Ratko Mladic "et toutes les personnes inculpées à faire de même". Son audition préliminaire aura lieu jeudi matin, a-t-elle précisé.
Une admiratrice reconvertie du milicien Arkan
La "Dame de fer" des Serbes bosniaques fut une figure de premier plan, lors de la guerre de 1992-1995. Certaine que le peuple serbe avait, sous le régime titiste qui avait pourtant favorisé sa brillante carrière de généticienne, "vécu cinquante ans d'esclavage", Biljana Plavsic n'a pas eu peur, en pleine guerre, d'affirmer : "Je ne dis pas que nous (les Serbes) ne voulons pas vivre avec les Croates, nous disons plutôt que nous ne devrions plus tolérer que les Croates vivent avec nous". Deux ans avant son revirement de l'après-guerre, où elle prendra la présidence de la Republika Srpska à la suite de Karadzic le banni, elle affirmait encore qu'une "bonne bataille" règlerait plus sûrement la guerre civile que des négociations politiques. Sinistre ironie du sort, l'interview dans laquelle elle avait tenu ces propos a été publiée un an jour pour jour avant le massacre de Srebrenica. L'histoire — ou les soldats de Mladic — auront entendu cette admiratrice du chien de guerre Arkan, ce "héros".
![]() Ratko Mladic - DR |
Une fin de carrière plutôt pathétique
Battue par plus ultra nationaliste qu'elle aux élections générales de 1998, elle s'était peu à peu retirée de la vie politique, allant jusqu'à renoncer à son siège de parlementaire, le 14 décembre dernier. Si elle avait été secrètement inculpée par le TPI pour "génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre", Biljana Plavsic aura donc choisi de faire face à ses juges, en compagnie de celui qui fut le président du parlement serbe bosniaque, Momcilo Krajisnik, et du numéro 2 des forces armées des Serbes de Bosnie, Miroslav Krstic. Manquent encore à l'appel le chef des soldats bosno-serbes, Ratko Mladic, qui paradait il y a encore quelques semaines dans les stades de football de Belgrade. Et le psychiatre Radovan Karadzic, toujours en cavale quelque part à la frontière de la Bosnie et du Monténégro.
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