Dix minutes d'adieux après huit ans de pouvoir

Par Ludovic BLECHER , le 19 janvier 2001 à 09h05 , mis à jour le 19 janvier 2001 à 09h23

Bill Clinton a fait hier soir ses adieux télévisés à l'Amérique. Il a réservé l'essentiel de son allocution à un triple message destiné à la prochaine administration. Bill Clinton s'exprimait pour la dernière fois depuis le bureau ovale.

clinton adieux télévisés aux USA 19/01/2001 © INTERNE

L'homme le puissant du monde ne le sera bientôt plus. A deux jours de son départ de la Maison Blanche, le président Bill Clinton a adressé hier soir des adieux télévisés à l'Amérique sous forme de leçon à son successeur George W. Bush. Au nouveau président, il a recommandé de faire preuve de prudence fiscale et de maintenir l'Amérique fermement engagée dans le monde. Bill

"L'Amérique ne peut pas diriger le monde à moins que, chez nous, nous nous servions de nos fils multicolores pour tisser la toile d'une Amérique qui soit Une"

Clinton s'exprimait pour la dernière fois en direct devant les caméras depuis le bureau ovale de la Maison Blanche, après huit ans d'une présidence qui restera dans les annales autant par le scandale de l'affaire Lewinsky, qui avait failli lui coûter le pouvoir, que pour la prospérité sans précédent apportée à l'Amérique.

Il a affirmé à ses compatriotes qu'il leur était "profondément reconnaissant pour lui avoir donné à deux reprises l'honneur de servir, d'œuvrer pour eux et avec eux pour préparer le pays au 21ème siècle". "En travaillant ensemble l'Amérique a bien réussi", a-t-il dit en énumérant les progrès réalisés sous sa présidence.

"L'Amérique doit maintenir notre exemple de discipline fiscale"

Mais l'essentiel de son allocution, il l'a réservé à un triple message destiné à la prochaine administration républicaine, qui entrera en fonctions samedi. "Premièrement, l'Amérique doit maintenir notre exemple de discipline fiscale (...) le maintien dans cette voie apportera des taux d'intérêt plus faibles, une plus grande prospérité et l'occasion de faire face à de grands défis". Le message devrait avoir son effet alors que Bush fait d'une réduction massive des impôts de 1.300 milliards de dollars sur dix ans sa priorité en matière économique.

"Deuxièmement, le monde devenant de plus en plus interdépendant chaque jour, la prospérité et la sécurité de l'Amérique impliquent que nous continuions à assumer un rôle dirigeant" a-t-il poursuivi dans une allusion transparente à la volonté de Bush de redéfinir la politique étrangère américaine. Bill Clinton a enfin appelé les Américains à œuvrer davantage pour leur unité. "Nous devons nous souvenir que l'Amérique ne peut pas diriger le monde à moins que, chez nous, nous nous servions de nos fils multicolores pour tisser la toile d'une Amérique qui soit Une" a-t-il dit, en assurant ses compatriotes de sa volonté à continuer à servir son pays.

Par Ludovic BLECHER le 19 janvier 2001 à 09:05
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