L'Inde tente de compter ses morts

Par , le 30 janvier 2001 à 07h00 , mis à jour le 26 janvier 2001 à 10h42

Les prévisions sur les conséquences du séisme en Inde se font de plus en plus sinistres : d'après le ministre indien de la Défense, le bilan dépasserait les 100.000 morts.

Inde séisme ruines © INTERNE

1000, 2.000, 10.000, 20.000... chaque jour, un bilan chasse l'autre. Toujours plus dramatique. selon le ministre indien de la Défense, qui s'exprimait hier sur la BBC, le terrible séisme qui a frappé l'Inde vendredi dernier aurait fait plus de 100.000 morts. Décrivant le mauvais état dans lequel se trouve l'ouest du pays, il en a profité pour dénoncer le non respect de la législation en matière de construction par la population.

Répliques et exode


Des milliers de personnes sur les routes-
Pendant ce temps, les répliques du séisme continuent et chaque jour, des milliers de survivants fuient la ville de Bhuj, où s'est situé l'épicentre du séisme, de crainte de nouvelles secousses et des pillages. Des colonnes de personnes qui, désemparées, déambulent au milieu d'un paysage apocalyptique : sur des kilomètres à la ronde tout n'est que ruines et cadavres. Pas une construction n'a résisté à l'onde de choc la plus violente depuis cinquante ans. 
 
D’heure en heure les chances de retrouver des survivants s’amenuisent. Mais les secouristes, venus du monde entier, ne relâchent pas leurs efforts. Ce matin encore, une femme enceinte a été sortie vivante des décombres. Elle a accouché juste après : une lueur d'espoir au milieu d'un véritable spectacle de désolation. Une personne de 70 ans ainsi qu'un jeune homme de 16 ans ont également été sauvés après plus de 100 heures passées sous les gravas.

Pénuries et risques d'épidémies

Les risques d'épidémie sont élevés à Bhuj. L'eau y est contaminée, des corps humains et des carcasses d'animaux se décomposent en plein air.

Les risques d'épidémie dans le district de Bhuj sont élevés, alors que l'eau est contaminée et que des dizaines de carcasses d'animaux traînent dans les rues. Des corps d'être humains, bloqués sous des piliers et des pans de mur effondrés, ont également commencé à se décomposer. Des secouristes ont indiqué qu'ils avaient été frappés par la puanteur de corps en décomposition en arrivant dans la zone de l'ancien fort de Bhuj. Des chiens erraient à cet endroit. Des pénuries d'eau et de nourriture ont été signalées dans de nombreuses localités du district. Cette situation a entraîné des actes de pillage.

 

Par Alexandra Guillet le 30 janvier 2001 à 07:00
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