© INTERNE"La République démocratique du Congo est en deuil et le gouvernement de salut public a la profonde douleur et le douloureux devoir d'annoncer la mort du président Laurent-Désiré Kabila ce jeudi 18 janvier à 10h00". C’est par cette déclaration, lue à la télévision officielle, que le porte-parole du gouvernement de RDC, Dominique Sakombi, a annoncé officiellement à 20 heures, heure française, la mort de celui qui présidait aux destinées de l’ex-Zaïre. "Tous les efforts" ont été faits "pour le sauver", a-t-il ajouté avant de saluer la mémoire du "patriote engagé et du résistant irréductible". Le gouvernement congolais a décrété un deuil national de 30 jours. Les lundi 20 et mardi 21 seront fériés. Le même soir, pour marquer sa nouvelle prise de fonction, le fils du président défunt, le général-major Joseph Kabila, en charge des affaires du pays et de l'armée depuis mercredi, recevait les ambassadeurs à Kinshasa des pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que l'ambassadeur de Belgique, ancienne puissance coloniale de la RDC. Le fils succède officiellement au père.
Chapeau de paille et chemisette légère, sourire débonnaire et démarche rondouillarde, Laurent-Désiré Kabila a d'abord tenté d'imposer une image modeste, en opposition avec le luxe dont s'entourait habituellement Mobutu SeseMardi, 16 heures 30 GMT: Premiers coups de feu entendus autour de la résidence de Laurent-Désiré Kabila. 17 heures 30 : Le président de la République démocratique du Congo ordonne, depuis son palais, la fermeture des routes menant à Kinshasa. 18 heures : Un coup d'Etat est en cours. Les services de renseignements rwandais et ougandais — ennemis jurés du régime congolais —, affirment que Kabila a été abattu par quelqu'un dans son entourage, après avoir limogé un certain nombre de généraux. 19 heures 20 : Les autorités de Kinshasa affirment que Laurent-Désiré Kabila donne encore des ordres. 20 heures : Le couvre feu est institué. 20 heures 30 : Le ministre des Affaires étrangères belge annonce la mort du président congolais, "abattu par un garde du corps". Mercredi 12 heures 30 GMT : Le gouvernement du président zimbabwéen Robert Mugabe, ami personnel de Kabila, annonce que ce dernier est mort pendant son transport à l'hôpital. Mercredi après-midi : Un ministre affirme que Kabila est "vivant et blessé dans un attentat". Jeudi, 14 heures GMT : Kinshasa confirme enfin que Kabila est décédé des suites de ses blessures la veille, au Zimbabwe, où il avait été transporté pour y recevoir des soins. |
En un peu plus de quatre ans, le Zaïre de Mobutu Sese Seko est devenu la République démocratique du Congo de Laurent-Désiré Kabila. Rebelle contre le pouvoir de l'ex-Zaïre dès les années 60, Kabila prend en octobre 1996 la tête de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL), soutenue militairement par plusieurs pays de la région (Rwanda, Ouganda et Angola) et dont l'objectif est le renversement de son ennemi de toujours, le maréchal Mobutu. Il s'empare de Kinshasa en mai 1997, après seulement sept mois de combats, notamment à la faveur du lâchage de Mobutu par les Occidentaux, et se taille un cadre institutionnel lui réservant pratiquement tous les pouvoirs.
Peu à peu, l'homme se révèle d'une impertinence rare à l'égard des pays étrangers et des Nations unies, dont il entrave inlassablement l'enquête sur la responsabilité de son camp dans les massacres. Sur le plan intérieur, Kabila, homme d'Etat sans en avoir reçu la formation et entouré de collaborateurs dépourvus de la moindre expérience, accumule les échecs : l'économie ne repart pas, la corruption demeure généralisée, et de nombreux services publics sont à la dérive. Il s'illustre aussi par son autoritarisme, les arrestations arbitraires et l'interdiction des activités politiques.
Une première insurrection armée contre Kabila, en août 1998, avait dégénéré en guerre régionale. Le Rwanda et l'Ouganda intervenant parfois directement en territoire congolais, dans le Kivu. Se faisant parfois directement face, alors que les Forces armées congolaises, appuyées par l'Angola, la Namibie et le Zimbabwe, s'efforçaient de "libérer" les zones diamantifères de "l'occupation étrangère". C'est en ce sens que Michel Rocard a déploré mercredi matin sur France 2 "le drame" qui se déroule en RDC, et que Kabila, tout dictateur qu'il fut, "avait réussi à créer une espèce de conscience nationale". Lui seul en effet, aux yeux de beaucoup de congolais, garantissait l'unité du pays contre l'avidité brutale de ses voisins, pillant à loisirs l'un des plus riches sols d'Afrique, sous couvert de rébellions disparates.
RD Congo : Kabila favori pour des élections "apaisées" ?
32 millions de Congolais sont appelés aux urnes pour élire le futur président et 500 députés. Le président sortant Joseph Kabila est favori, alors que la Commission électorale a assuré que les élections seraient transparentes et apaisées, après des violences entre partisans de l'opposition et de la majorité.
Publié le 28/11/2011
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RD Congo : Kabila favori pour des élections "apaisées" ?
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