Kinshasa sous haute surveillance pour les obsèques de Kabila

Par , le 21 janvier 2001 à 16h00 , mis à jour le 20 janvier 2001 à 16h33

Kinshasa a été bouclée dimanche matin par un imposant dispositif de sécurité pour le retour dans la capitale de la dépouille du président Laurent-Désiré Kabila. Dans la journée, un groupe de militaires a revendiqué l'attentat de l'ancien chef de l'Etat.

Le cercueil de Kabila à Harare © INTERNE

Kinshasa s'est réveillée dimanche matin bouclée par un impressionnant dispositif de sécurité. Placée sous couvre-feu depuis l'assassinat, mardi dernier, de Laurent-Désiré Kabila, la capitale de la République démocratique du Congo a accueilli, à la mi-journée, la dépouille du président assassiné. Les derniers honneurs militaires ont été rendus sur le tarmac de l'aéroport, où étaient notamment présent la veuve du chef de l'Etat et son fils, le général-major Joseph Kabila.


LD Kabila passant ses troupes en revue-
Craignant des débordements de la population, les autorités avaient déployé d’importantes forces armées pour escorter le cortège funéraire le long de son parcours à travers la ville. Outre des militaires angolais et zimbabwéens disposés un peu partout dans la ville, des blindés et des hélicoptères de combat avaient été réquisitionnés. Dans une ville hantée par les souvenirs des pillages généralisés de 1991 et 1993, sous l'ancien régime zaïrois de Mobutu sese Seko, renversé en mai 1997 par Laurent-Désiré Kabila, le directeur de cabinet du président défunt avait invité les Kinois à passer "ce moment dans la sérénité".

Des quartiers de Masina (est de la ville) à Lingwala (ouest) en passant par Ngaliema (commune de résidence du défunt), la foule a envahi les artères empruntées par le cortège, incapable souvent d'avancer face à un véritable mur humain. Sous les clameurs de la foule, le son des sirènes des véhicules de police et le bruit sourd des hélicoptères qui survolaient la capitale à basse altitude, le cortège a fini par rallier en fin d'après-midi sa destination finale, le palais du Peuple, où le cercueil doit être exposé. Les premières manifestations officielles des funérailles, prévues pour durer jusqu'à mardi, s'étaient déroulées la veille à Lubumbashi, la capitale de la province du Katanga dont était originaire le défunt, et où une chapelle ardente avait été dressée.

L’assassinat de Kabila revendiqué

"Nous nous déclarons totalement solidaires du geste héroïque de notre frère d'armes Rachidi, qui s'est sacrifié pour mettre fin aux jours de Kabila, ce monstre sanguinaire"

Un groupe de militaires de RD Congo, proches d'un ancien allié du président Laurent-Désiré Kabila disparu en 1997 dans des circonstances demeurées obscures, a revendiqué, dimanche,  l'assassinat du chef de l'Etat congolais. "Nous nous déclarons totalement solidaires du geste héroïque de notre frère d'armes Rachidi, qui s'est sacrifié pour mettre fin aux jours de Kabila, ce monstre sanguinaire", ont-ils affirmé dans un communiqué signé, "jeunes résistants du Conseil national pour la Résistance et la Démocratie", et daté du 18 janvier et fait, selon ses auteurs, à Kinshasa. "L'opinion doit savoir que le 15 janvier à 23h30, 47 jeunes patriotes furent exécutés sans procès en présence de Kabila. C'est la goutte qui a fait déborder le vase. Trop c'est trop. Il fut décidé de mettre un terme à l'aventure sanguinaire de Kabila à la fois pour venger nos camarades et lever tout obstacle à l'ouverture des négociations", précisent-ils.

Hier, le ministre de la Justice Mwenze Kongolo avait affirmé, lors d’une conférence de presse, que Kabila avait été touché de trois balles tirées par l'un de ses gardes du corps. L'une des balles aurait atteint le président "juste derrière l'oreille", et les deux autres auraient perforé son estomac. Le ministre, qui était dans le palais au moment de l'attentat, s'était en revanche refusé à tout commentaire sur l'enquête en cours.

Laurent-Désiré kabila a aussitôt été remplacé par son fils, le général-major Joseph Kabila, à la tête de l'Etat. Il devrait prêter serment mardi prochain, après les obsèques de son père.

Par Alexandra Guillet le 21 janvier 2001 à 16:00
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