Odeur de putsch à Kinshasa

Par Léonard VINCENT , le 16 janvier 2001 à 18h22 , mis à jour le 16 janvier 2001 à 18h36

Des tirs ont été entendus autour du palais présidentiel de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Les forces armées ont fermé les frontières et des rumeurs font état de l'assassinat de Laurent-Désiré Kabila.

rdc congo afrique kinshasa afrique © INTERNE

Mardi après-midi, on entendait des tirs autour du palais présidentiel de Laurent-Désiré Kabila. La capitale de la République démocratique du Congo, Kinshasa, ne dispose plus de lignes téléphoniques. L'aéroport international est fermé et la radio-télévision n'émet plus. Dans un message que l'aide de camp du président est parvenu à télédiffuser en fin de journée, le colonel Eddy Kapend a ordonné aux chefs de l'armée de fermer les frontières du pays et de "maîtriser leurs unités", appelant les soldats à la "discipline" et à la "loyauté".

L'aéroport de Njili sous le contrôle des putschistes ?

Vers 18 heures 30, les services de renseignements ougandais ont affirmé que le président Kabila avait été tué dans une tentative de coup d'Etat. Une information confirmée dans la soirée par le ministre belge des Affaires étrangères Louis Michel, qui a annoncé que le président congolais "est mort, abattu par son garde du corps". D'autres sources, au Zimbabwe notamment, indiquent cependant que Kabila aurait été seulement blessé, et transporté d'urgence à l'hôpital où il se trouverait dans une unité de soins intensifs... Actuellement, une seule chose est sûre : le gouvernement de RDC a instauré mardi un couvre-feu à Kinshasa, valable de 20H00 à 06H00. Le ministre de l'Intérieur a également déclaré à la télévision que le président Laurent-Désiré Kabila lui-même avait décrété l'état d'alerte générale - ce qui est pour l'heure impossible à vérifier.

Un coup d'Etat semble donc bien en cours. Un porte parole rebelle joint par  téléphone depuis Goma a d'ailleurs affirmé que cette tentative de coup d'Etat avait été  organisée par des officiers des Forces armées congolaises (FAC). Et le président Kabila pourrait tout de même avoir été abattu, lui qui dirige depuis Kinshasa, d'une main de fer, les troupes congolaises, alors que son gouvernement ne contrôle pas l'ensemble du territoire du pays. Des barrages ont été érigés autour du quartier de la résidence du président, lesquels pouvaient toutefois être franchis par les véhicules diplomatiques. Aux alentours de 18 heures, plus aucun coup de feu n'étaient entendu par les correspondants d'agences de presse.

Par Léonard VINCENT le 16 janvier 2001 à 18:22
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