Le pape clôt le Jubilé de l’an 2000

Par A. G. , le 06 janvier 2001 à 00h00

Le pape a refermé, samedi matin, la porte sainte de la basilique Saint-Pierre, clôturant ainsi le Jubilé de l’an 2000 ; Jean Paul II a également proposé aux catholiques un programme sans "formule magique" pour le troisième millénaire.

Le pape clôt le Jubilé de l'an 2000 © INTERNE

Le jubilé de l’an 2000, c’est fini. Samedi matin, Jean Paul II a refermé la porte sainte de la basilique Saint-Pierre qu'il avait ouverte la nuit de Noël 1999. Ce jubilé de l'an 2000 avait été organisé pour célébrer le deux millième anniversaire de la naissance de Jésus. Après avoir prié pendant quelques instants à genoux sur le pas de la porte, le pape, revêtu d'une chasuble de couleur or, a lui-même tiré lentement, l'un après l'autre, les deux battants dorés qui se sont refermés dans le silence. "Nous savons avec certitude que tu ne fermes jamais la porte de ta clémence pour ceux qui croient dans ton amour et proclament ta miséricorde", a dit le pape au cours de sa prière. La porte fermée, les quelque 50.000 pèlerins rassemblés place Saint-Pierre ont chaleureusement applaudi.

Pas de "formule magique" pour le troisième millénaire


Le pape fermant la
porte sainte -
Jean Paul II a également proposé samedi aux catholiques un programme sans "formule magique" pour le troisième millénaire par une Lettre apostolique. "Nous nous interrogeons avec un optimisme confiant, sans pour autant sous-estimer les problèmes", affirme le souverain pontife dans sa Lettre confiée "comme un héritage du jubilé" aux églises catholiques de chaque pays, dans le monde entier. "Nous ne sommes certes pas séduits par la perspective naïve qu'il pourrait exister pour nous, face aux grands défis de notre temps, une formule magique", a-t-il écrit. "Il ne s'agit pas d'inventer un +nouveau programme+", a souligné le pape. "Le programme existe déjà : c'est celui de toujours tiré de l'Evangile et de la Tradition vivante", a-t-il poursuivi.

D'une façon prophétique, le pape a proposé l'image d'une Eglise du troisième millénaire animée par "un nouvel esprit missionnaire, qui ne saurait être réservé à un groupe de +spécialistes+, mais qui devra engager la responsabilité de tous les membres du peuple de Dieu". Le christianisme du troisième millénaire devra revêtir "le visage des innombrables cultures et des innombrables peuples où il est accueilli et enraciné". Il a proposé comme des points fermes la prière dont il a constaté un "besoin renouvelé", la participation régulière à la messe du dimanche, la remise en valeur de la confession, une écoute renouvelée de la parole de Dieu. Il recommande également de relancer chez les catholiques l'esprit de communion, "en repoussant les tentations égoïstes qui, continuellement, nous tendent des pièges et qui provoquent compétition, carriérisme, méfiance, jalousies". Jean Paul II a demandé une attention spéciale à l'égard de la famille, "dans un moment historique comme le nôtre, où l'on enregistre une crise diffuse et radicale de cette institution fondamentale".

"Marcher ensemble"


La place St Pierre -
Quant à l'oecuménisme, il a souhaité que les chrétiens d'Orient et d'Occident arrivent à "marcher ensemble, dans l'unité de la foi et dans le respect des légitimes diversités". "C'est avec un engagement analogue, a-t-il ajouté, que doit être entretenu le dialogue oecuménique avec les frères et le soeurs de la Communion anglicane et des Communautés ecclésiales nées de la Réforme". Il a encouragé le dialogue avec les responsables des autres religions non chrétiennes : "dans un contexte de pluralisme culturel et religieux plus marqué, tel qu'il est prévisible dans la société du nouveau millénaire, un tel dialogue est important pour assurer aussi les conditions de la paix et éloigner le spectre épouvantable des guerres de religion qui ont ensanglanté tant de périodes de l'histoire humaine".

Le pape a ensuite évoqué les contradictions du monde qui entre dans le nouveau millénaire ainsi que les défis actuels, dont la pauvreté de "millions et millions de personnes" dont les "conditions de vie (sont) bien inférieures au minimum qui leur est dû en raison de leur dignité humaine". Il a rappelé les perspectives d'un désastre écologique pour des larges zones de la planète, les problèmes de la paix, du mépris des droits humains fondamentaux ainsi que de la vie, la nécessité de respecter les exigences fondamentales de l'éthique dans le domaine des biotechnologies. Il a invité les fidèles, surtout les laïcs, à s'engager à fond "sans jamais céder à la tentation de réduire les communautés chrétiennes à des services sociaux", mais en repoussant aussi "toute tentation de spiritualité intimiste et individualiste qui s'harmoniserait mal avec les exigences de la charité".

Par A. G. le 06 janvier 2001 à 00:00
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