© INTERNEMalgré son aspect malicieux et hirsute, Sampaio n'a pas su animer une campagne morne et sans enjeux.
Comme prévu, les Portugais n'ont pas eu envie. Selon les derniers sondages, près de 50% d'entre eux ne sont pas allés voter dimanche pour élire leur président de la République. Ni ses opposants, ni le chef de l'Etat sortant au style "british", le socialiste Jorge Sampaio, malgré son aspect malicieux et hirsute, n'auront su animer une campagne morne et sans enjeux. Sampaio n'a d'ailleurs eu aucun mal à remporter un deuxième et dernier mandat de cinq ans, malgré le maintien surprise du candidat communiste Antonio Abreu, un homme de l'appareil du Parti communiste portugais mal connu des militants, crédité du score peu reluisant de 2% par les dernières projections.
Le chef de l'Etat sortant a remporté 55,8% des suffrages exprimés. Son principal adversaire, Joaquim Ferreira do Amaral, issu des rangs d'une droite disparate, n'a qu'à peine dépassé les 34%. Et rien de plus. La lutte pour la magistrature suprême semblait, quoi qu'il en soit, jouée d'avance. De fait, l'abstention a été le principal thème de la campagne présidentielle. Elle était et reste la crainte majeure de la classe politique portugaise, après plusieurs mois d'un travail laborieux pour ramener les électeurs aux urnes. Les résultats du scrutin ont clairement établi que le Portugal a succombé à son tour à cette maladie de la citoyenneté européenne : le désintérêt.
Une figure atypique dans un pays latin
Derrière ses grandes lunettes de myope et sous le frisottis de ses cheveux ébouriffés, Jorge Sampaio reste donc l'homme politique le plus Les Portugais peuvent oublier ce scrutin pour rien.
aimé des Portugais, après cinq ans d'exercice du pouvoir. Leader estudiantin pendant les grèves de 62, alors que le docteur Salazar maintenait le Portugal sous sa botte néo-fasciste, il devient avocat et se rallie au Parti socialiste après la Révolution des œillets de 1974. Plusieurs fois député, il grandit politiquement à l'ombre de Mario Soares, fondateur historique du PS, avec des relations comparables à celles qu'entretenait Lionel Jospin avec François Mitterrand.
Il a ravi en 1989 la mairie de Lisbonne à la droite qui la détenait depuis huit ans et s'est préparé, depuis ce tremplin, à prendre la succession du président Soares en 1995. Elu à son tour avec près de 54% des voix, il conserve sans coup férir une attitude distante avec le gouvernement du Premier ministre Antonio Guterres, mais sans jamais quitter le Parti socialiste. Marié et père de deux enfants, il a aisément raflé l'élection dès le premier tour. Sans surprises. Les Portugais peuvent oublier ce scrutin pour rien.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




