Proche-Orient : mission improbable

Par Léonard VINCENT , le 09 janvier 2001 à 00h00

Un fidèle émissaire de la Maison Blanche a été dépêché au Proche-Orient, pour tenter de rallier Israéliens et Palestiniens autour d’un texte consensuel : une mission dont l’issue est peu prévisible. Alors que les diplomates israéliens acceptent le plan de paix de Bill Clinton, les Palestiniens quant à eux s’obstinent à refuser les sacrifices demandés par le président américain, rendant ainsi ...

Proche-Orient : mission improbable © INTERNE


Ehud Barak - DR
La mission assignée au diplomate américain Denis Ross est, de l'avis de la plupart des acteurs du conflit israélo-palestinien, voué à l'échec. Pourtant, comme souvent, comme à Dayton ou à Camp David I, sans doute la diplomatie américaine est-elle capable de beaucoup, tout en étant susceptible de faire peu. Côté américain en effet, Bill Con ne s'avoue toujours pas vaincu et a dépêché au Proche-Orient, mardi, son fidèle émissaire, chargé d'exposer la vision du règlement du conflit du président sortant. Washington espère surtout calmer les ardeurs belliqueuses des deux parties, Ehud Barak se trouvant à quelques semaines d'un scrutin qui s'annonce crucial pour l'avenir de l'Etat hébreu, et Yasser Arafat pinaillant quant à l'aspect provisoire d'un accord, lui qui ne jure que par la signature d'un "accord final", sinon rien.

Et pendant que les deux leaders discutent — ou plutôt échouent à discuter —le nombre de morts s'accroît. Un nouveau Palestinien a été tué lundi par des tirs de colons israéliens au sud de Naplouse, en Cisjordanie. Mardi matin, un autre Palestinien tombait sous les balles de Tsahal, dans le même secteur. Ces nouveaux décès portent à 374 le nombre de tués depuis le déclenchement de l'Intifada le 28 septembre, dont 316 Palestiniens. Si la tendance se poursuivait — accord têtu israélien et refus d'une solution provisoire par Yasser Arafat —, la plus que probable accession au pouvoir du leader du Likoud Ariel Sharon, le 6 février prochain porterait sans doute un nom simple : la guerre.

L'échec des dernières rencontres

C'est un échec en trois temps, orchestré lundi matin par les délégations israéliennes et palestiniennes. C'est tout d'abord des négociateurs de l'Autorité palestinienne qui ont annoncé que leur direction rejetait le plan Con comme base de négociations avec l'Etat hébreu, au prétexte que les "réserves" de Yasser Arafat n'avaient pas été prises en compte. Puis, moins d'une heure plus tard, Israël qui a officiellement accepté ce même plan, faisant comme si de rien n'était après le refus palestinien. Enfin, c'est un haut responsable palestinien qui a déclaré, au Caire, que les pourparlers de sécurité entre la CIA, l'Etat hébreu et les responsables arabes avaient "échoués", en raison de "l'intransigeance" israélienne.


Ariel Sharon - DR
Les diplomates israéliens n'ont fait encore aucun commentaire sur les rebuffades de l'Autorité de Yasser Arafat. Ils sont retournés en Israël rendre compte au Premier ministre Ehud Barak de leur mission au Caire, sans qu'aucun communiqué n'ait encore été publié. La situation est d'autant plus explosive, à Jérusalem, qu'un meeting monstre de la droite a été organisé lundi après-midi, les opposants à la partition de la "Ville Haute de la Paix" souhaitant lui jurer, en masse, fidélité. Sous-entendant que toute partition de Jérusalem serait combattue par une frange non négligeable des Juifs.

Par Léonard VINCENT le 09 janvier 2001 à 00:00
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